SONIA – episode 14
Nouvelle année. Nous n’avons pas de bonne résolution à prendre. On les prend pour nous. Je garderai un grand souvenir de cette saint sylvestre. Somptueux lieu : un manoir où seulement des amateurs de sensations fortes s’étaient réunis. La première soirée de la sorte pour Virginie. Et grande appréhension de sa part. Pour les préparatifs tout d’abord. Epilation supervisée par notre maître, maquillage soutenu, body en cuir rigide cadenassé au cou rehaussé d’un collier de perles identique au mien. Ce body était une nouveauté : zip au niveau des seins, zip cadenassé au niveau du sexe et ceinture munie d’anneaux pouvant visiblement recevoir des attaches. Jonchée sur des talons qu’elle apprécie peu et gantée jusqu’aux coudes, ma puce prenait le chemin de la guerre. Je n’étais pas en reste enveloppée par une robe longue et moulante en latex. Détail cruel et primordial, ce latex traité spécialement est transparent ce qui me donna l’impression de n’être pas vêtue. Chacune avons eu droit à la protection d’un manteau jusqu’à l’entrée du manoir, mais dès la sortie de voiture, nous avons perdu ce droit. L’ambiance était faible lorsque nous sommes arrivés. Nous étions les premiers invités, les autres présents étaient nos hôtes. Nous avons ensuite compris que la soirée ne serait pas pareille pour nous.
“ — Voici mes chiennes.
— Superbe. Hummmm. Cruelle tenue.
— C’est elle sa nièce ?
— Alors comme ça tu es vierge…
— J’aimerais la fouiller.”
Nieil mit un frein aux avances à l’égard de Virginie. Trop jeune, trop peu habituée. Nous étions là pour quelque chose de précis mais quoi ?
“ — Vient par là”
Je suivis du regard Nieil emmener Virginie jusqu’à un siège ressemblant à un trône du moyen-âge qui occupait le centre de la pièce de bal. Elle se mit à genoux, des fers sortant du sol lui immobilisèrent les chevilles. Ses genoux posés sur un épais coussin rouge, Nieil accrocha à l’anneau central du body une barre en acier qui la liait au trône. Je m’approchai afin de constater qu’ainsi, elle ne pouvait ni se relever, ni redescendre son bassin. La position semblait confortable, du moins elle ne se plaignait pas, toutefois, je n’aurais pas aimé être à sa place. Une femme arriva et plaça des bracelets en cuir à ses poignets afin de les coincer dans son dos, cadenassés au body. Elle tourna la tête pour me regarder, me sourit comme pour me rassurer et me montrer qu’elle se sentait mouillée mais anxieuse. Le chignon haut, ses yeux furent clos par un masque en cuir épousant parfaitement la forme harmonieuse de son nez et débordant légèrement sur ses joues creusées. La femme rajouta du rouge sur ses lèvres et dit qu’elle était prête. Puis ce fut mon tour. Je fus emmenée à l’étage supérieure où le même siège se trouvait. Plus vieille, plus résistante, plus soumise, plus pute ou plus salope, je n’eus pas droit au coussin pour soulager mes genoux d’une position prolongée. Mes chevilles furent bloquées de manière similaire, un collier fut apposée autour de mon cou puis relié à un anneau sous le trône par une laisse qui me penchait en avant. Pour contrebalancer l’effet, mes poignets furent munis de bracelets en acier qui vinrent se river à mes chevilles. Le poignet droit avec la cheville droite et la gauche avec la gauche. Tiraillée des deux côtés, je n’eus pas droit au masque mais à des oeillères. Je suis restée un moment ainsi. Puis, sous le siège, le moniteur qui s’y trouvait s’alluma et je vis une caméra braquée sur ma nièce. Un homme venait d’enjamber la barre qui la liait au trône et sortait sa queue. Assis, il empoigna la tête de ma puce et la pencha sur ce qu’elle dut avaler d’une traite, sans ménagement. Je fis de même presqu’immédiatement, et, tout au long de la soirée jusqu’à minuit, nous avons satisfait ceux qui le désiraient. La deuxième partie de la nuit étant réservée au soulagement des femmes. Je souffrais. Elle aussi. Je fatiguais. Elle plus encore. Je jouissais à moitié. Elle, je n’en savais rien. Un quart d’heure avant le changement d’année, Nieil est venu libérer Virginie tandis que Madame s’occupait de m’offrir un moment de répit. Je me sentais bizarrement seule parmi cette foule dansant autour de moi dont j’avais vu un échantillon passer entre mes lèvres rouges sans être en mesure d’en reconnaître la majorité. J’ai retrouvé Virginie aux toilettes. Nous avions le même besoin… Nous rafraîchir, soulager nos muscles engourdis et débarrasser notre bouche d’un goût composé de dizaines de saveurs différentes. Je pouvais craindre de la trouver le coeur triste mais c’est elle qui avait la pêche. L’excitation nous menait si haut que nous avons perdu tout sens de la réalité. L’heure fatidique, nous l’avons vécue des toilettes. Un refuge en somme. Un refuge où notre hôte nous a récupérées en pleine séance de langues. “Finis les embrassades… Vous allez lécher !”. Cette fois-ci, le discours était clair, sec et prémédité. Cette fois-ci, les femmes auraient leur part et je voyais déjà plusieurs soumises préparées à recevoir nos caresses buccales. Le trône de la salle du premier étage avait laissé sa place à deux tables voisines creusées de façon à ce que le dessin d’une silhouette apparaisse à l’oeil. Deux lourds édifices en chêne munis d’anneaux, bracelets, chaines. Tant de détails que mes yeux ne purent capter en de trop brefs instants. Je fus tout d’abord débarrassée de ma robe puis nous fumes allongées en même temps, dans le même sens, tête dirigée et coincée dans le renfoncement destiné à cet effet. Dès lors, je ne voyais plus que le plafond blanc, incapable de tourner le visage ne serait-ce que d’un quart de tour. Je sentis une pression se créer autour du crâne au rythme d’un couinement de manivelle, je vis Nieil appliquer sur ma gorge une pièce métallique vissée de part et d’autre de mon cou. S’échapper était devenue une délicieuse pensée. La chaine qui pendait au plafond fut descendue afin que l’on y attache mes poignets ceints et réunis par les bracelets. J’interrogeai Madame sur les mouvements de la chaine. “Tu partages la même que la pucelle. Lorsque tu baisses les bras, les siens sont tirés…” Je ne compris que sur la durée le machiavélisme du stratagème. Cette fois-ci, nous allions tout voir. Vision restrictive mais cruelle, dérangeante. “Qu’on rive les chevilles de la vierge. Quant à celle-ci, cette chienne qui lêche la langue de sa propre nièce lorsqu’elles se retrouvent aux chiottes, qu’on la punisse…” Et j’ai vu mes jambes entrer dans mon champ visuel, enchainées, unies et levées, positionnées à angle droit avec mon tronc et cadenassées au collier métallique qui maintenait ma gorge sous pression constante. Passant entre mes bras, la chaine tendue m’empêchait de redescendre mes jambes sur le bois. “Je te nomme surveillante. Si ses jambes fléchissent, badine lui les cuisses jusqu’à ce qu’elle les tendent convenablement.” Nieil donnait ses ordres à quelqu’un dont j’ignore aujourd’hui encore jusqu’au visage. Une première dame emprunta les sept marches qui acheminaient au sommet de la table, ses pieds nus se répartirent de part en part de ma tête, ses jambes me semblaient interminables : chair crue débouchant sur un string ficelle dont l’odeur m’affola lorsqu’elle s’accroupit au-dessus de mon visage. Le sexe à quelques centimètres, son parfum pénétrait mes narines : cyprine, vaseline, sperme et pisse… De tout son poids, elle colla son string baveux sur la chair de mes joues, sur la douceur de ma bouche et la proéminence de mon nez… Je l’ai léchée, léchée encore, léchée toujours. Même lorsque l’air me manquait et qu’elle me donnait une bouffée d’oxygène en se soulevant, lorsqu’elle me traitait de lécheuse professionnelle, lorsqu’elle ôtait son string pour le glisser sur mon nez. Sa main était ornée de bagues, sa poitrine menue ne me cachait rien et sa perversion me perturbait. Elle fut la première d’une kyrielle d’autres chattes… J’ai léché pendant des minutes interminables, comme ma nièce qui suffoquait plus souvent mais dont je n’entendais rien en raison de la musique qui permettait aux autres de danser. Je devinais que lorsque mes bras pesants craquaient et déplaçaient vers moi la chaine qui nous unissait, juste avant qu’elle tente de me l’arracher, un soupir plus grand devait naitre. Comme pour moi, son buste devait se bomber et le collier l’étrangler légèrement trop… Mais moi, mes jambes glissaient, se défilaient, me trahissaient… La première fois, le coup s’abattit, puis un deuxième et enfin un troisième… Trois fois mes jambes fléchirent, à la quatrième, la badine flétrit les lèvres de mon sexe et je raidis immédiatement mes membres inférieurs avec application. Je ne pensais plus à la douleur de ma langue engourdie mais à tenir mes jambes droites comme un i. Je n’en pouvais plus, prête à hurler d’arrêter lorsque se posa à la verticale de mon regard un body noir en cuir masquant les lèvres lisses et unies par une barrette en or dont le goût reste inimitable. Miel de vierge, mixture de chienne. Son parfum me donnait intensément plus envie que les autres. Mais Nieil et les autres me firent lécher le cuir jusqu’à ce qu’ils se soient lassés de la voir jouer avec ses tétons extraits par les glissières du body infranchissable. 2h30, nous creusons toutes deux un large fauteuil en cuir. Elle est assise sur mes genoux, le cuir me cerne de tous les côtés. Nieil me tend un miroir sur lequel traine de la poudre. Une esclave percée sur la langue nous montre comment faire et nous sniffons avant de nous embrasser. Un zip glisse et je prends un téton en bouche… “Venez…” Nous nous sommes levées et l’avons suivi vers un pupitre éclairé par deux chandeliers. Les pièces s’étaient allégées en convives mais plusieurs fidèles se groupaient encore autour de nous. “Sonia, ma femme, Virginie, ma chienne, vous êtes conviés devant cette assistance à reconduire votre contrat d’esclavage. En ce jour de bonnes résolutions, vous acceptez de signer en faisant confiance à votre maître, sans lire ou discuter les termes de ce contrat écrit” Un aspect supplémentaire du jeu. “Sinon maître ?” Effrontée, ma nièce craintive… à jamais ? “Vous serez chassées de ma vie, toutes les deux. Qu’une seule refuse et son chagrin sera double !” Elle m’a regardée. Je l’ai contemplée. Me suis dit qu’elle était jeune, douce mais perverse et terriblement exigeante. Que je la perdrais sans doute si elle ne restait pas avec nous. Qu’elle irait chercher l’autorité d’un autre peut-être moins responsable. Des liens profonds nous unissaient déjà à Nieil, des preuves concrètes aussi. Mais cette nuit, c’était différent. “En signant, vous faites de moi votre propriétaire…” Et il nous le fut prouvé. En moins de deux minutes, Virginie s’est retrouvée attachée à un trapèze, les mains refermées sur la barre autour de laquelle deux femelles enroulaient de larges bandes de cuir souple. Je la regardais se faire soulever à une cinquantaine de centimètres du sol quand les femelles m’ont conduite à un des deux autres trapèzes répartis dans la pièce. Je me balançais doucement lorsque Virginie poussa un hurlement dont je la pensais incapable. Parfaitement parallèle à elle, je n’avais rien vu… Les femelles m’empêchait de me balancer en retenant mes pieds et je distinguais pas les larmes orner les joues de ma puce. “Qu’est-ce que c’est ? Pitié, arrêtez…” Je compris l’ampleur de sa douleur lorsque je fus conquise par une intense morsure au milieu de ma fesse droite. Les personnes regroupées autour de nous pleurnichantes applaudissaient tandis que la morsure muait en brulure. Elle demandait, je demandais ce qui nous arrivait mais les seules réponses que nous obtenions étaient sourires ou paroles énigmatiques. Lumière vive dans le dos, puis une seconde, Nieil réapparait l’appareil à la main, deux polaroids dans l’autre. Il s’assoit, nous détaille du regard et attend. Virginie gémit, ronchonne, pleurniche, se plaint. J’essaie de dominer la douleur et imagine. Notre maître me fait porter sous les yeux la preuve qui infirment mes doutes : un cercle doublé d’un autre plus large porte en son contour l’inscription Nieil’s property tandis qu’au centre du plus petit cercle trône l’adjectif Bitch pour moi et Slave pour Virginie. La chair de nos fesses est rouge aux mêmes endroits, carbonisée à d’autres. Notre chair est martyrisée et nos esprits malmenés. Pour la première fois, Nieil ne nous avait pas consultées pour une décision nous impliquant autant. Malgré l’effet euphorisant de la coke, nous nous sentions moins dociles. Nous fumes laissées au repos suspendues à nos trapèzes jusqu’à excessivement tard dans la nuit. Nous avons été conduites jusqu’à une chambre commune munie de deux lits. Nous restions silencieuses. Je supposais que marcher produisait la même douleur à ma nièce. Aucune ne s’allongea autrement que comme préconisé, sur le ventre. Une bande gaz nous fut apposée et une des esclaves s’avoua médecin et chargée de veiller à notre mieux être. Un collier nous fut tout de même posé autour du cou afin de nous enchaîner au mur par une courte longueur. Au-dessus de l’anneau scellé se trouvait le polaroid me concernant que quelqu’un avait scotché afin que je m’habitue à la réalité. Nous avons été marquées au fer rouge comme de vulgaires animaux.
Après un congé exceptionnel, nous retrouvons une vie habituelle. Virginie s’est très peu exprimée sur la question du marquage tandis que Nieil nous laisse digérer. Repos à la chambre, soins à domicile et calins sur le lit marital. Nous les avons examinés, jugés, comparés. Identiques, placés au même emplacement, le signe suprême d’un asservissement abouti trône en plein milieu de nos fesses droites. C’est très psychologique. Maintenant la douleur a disparu et nous l’oublions. Sauf lorsque nous faisons l’amour et que nous découvrons ce sigle encore inhabituel. Sauf lorsque dans le reflet du miroir, on découvre cette marque sur soi. Et quand je passe un slip en coton autour des cuisses de Virginie et que je constate une fois les élastiques en place que la marque ne déborde pas, je suis soulagée. Et je suis inquiète de savoir ce que Nieil pourra faire de nous, à quel point nous serons humiliées lorsqu’un string nous sera imposé. C’est Virginie qui s’en est aperçu. En couvrant mes fesses d’un slip pourtant sage mais sensuel, la marque circulaire déborde du flan droit du verso. La culotte est à cheval sur la marque mais ne peut la dissimuler totalement. Sensuel, sexuel, excitant, humiliant et magique. Ce que nous savons aussi c’est que nous avons signé un contrat dont nous ignorons tout. Ou pas tout à fait. Nous connaissons déjà une clause : être marquées à vie. Nous savons aussi quelque chose : Nieil n’a pas changé d’attitude et nous aime comme avant. Chiennes mais dignes hors du jeu.
La semaine d’institut a remis les idées de Virginie en place. Cette mise à distance lui permet de se ressourcer et d’apprécier le retour à la soumission plus aisément que je ne le pourrais. La douleur disparue, elle se comporte avec le monde comme avant. Son corps cache un secret dont elle supporte avec fierté la réalité. Je n’ai pas droit à une telle coupure et Nieil m’immerge sans cesse sous le niveau de la morale. Ma pudeur, ou le peu qu’il me reste, m’excite assez pour lui céder. Mais ai-je seulement envie de résister ? Lorsqu’il m’annonce que nous allons faire quelques longueurs à la piscine du club et qu’il me donne un nouveau maillot de bain pour l’occasion, je me plie à ses caprices. Les bretelles achèvent leur course sur ma nuque, mes seins sont épousés par un lycra s’épaississant en largeur ; les deux bandes élastiques se réunissent devant le nombril afin de former une pièce unique qui longe le pubis, flatte les lèvres désinfibulées et remonte vers mon délicieux anus. Délicieux orifice où prend place le surprenant plug sur lequel s’achève le maillot pour ne former qu’une pièce prenant forme en s’étirant et en se logeant entre les fesses. Je me sentais mal en sortant de la cabine et ai eu l’idée de placer sur ma taille la serviette éponge qui me protégea des regards jusqu’au bord du bassin peu peuplé il est vrai. “Qu’est-ce que ça signifie ? Tu as honte d’être ma pute ou quoi ?” Non. J’avais la crainte au ventre. Mais je l’aime et la serviette est tombée en même temps que ma requête. “Je peux vous rejoindre dans l’eau ?” et sa réponse me cingla. “Va plonger…” Je devais traverser le bassin pour me placer à l’autre extrémité. J’ai marché, vite, la tête baissée sans m’empêcher de penser à ce plug qui pouvait chuter et me ridiculiser comme jamais, sans oublier de craindre que le sceau de mon maître ornait ma fesse entièrement nue et qu’une sécurité pourrait me prier de quitter les lieux en raison de tout ça, et de ma poitrine au décolleté insolent et à mes seins suivis de près… Vraiment, j’ai senti un immense soulagement en sautant du grand plongeoir. Immergée, Nieil peut faire de moins ce qu’il veut. Me faire pratiquer la brasse par exemple. Afin qu’à chaque mouvement de jambes, les cuisses s’écartant et se rejoignant produisent une sensation de fuite du plug tenant le maillot en place. Ou me faire nager sur le dos pour que le tatouage soit encore plus visible lorsque mes jambes me propulsent. Il s’est amusé. J’en suis excitée.
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