EMMANUELLE : episode 01

Lundi 8 mars 1999

Aujourd’hui, 3 objectifs à remplir pour plaire à mon maître :

• tout d’abord, ma tenue : privée de culotte et de soutien-gorge, je devais arborer fièrement une jupe en cuir accompagnée d’un pull gris clair en laine à col cheminée, chaussée de bottes à fermeture éclair qui s’arrête sous le genou. J’ajoute qu’exceptionnellement, j’ai mis du rouge à lèvre ce matin.

° je commence à être troublée par cette absence de culotte dont mon maître me prive depuis maintenant deux journées de travail, non pas que cela soit étrange en soit, mais peut être parce que ma peau fut au contact du cuir durant toute la journée.

° la privation de soutien-gorge est plus difficile, comme je l’expliquais à mon maître hier, le volume et le poids de mes mamelles font qu’en l’absence de ce soutien que j’aime pigeonnant, ma silhouette s’en trouve fortement affectée.
Plus encore lorsque je suis entourée de personnes qui me côtoient au quotidien et qui sont à même de percevoir la différence.
En me regardant ce matin dans la glace, je ne pouvais que méditer sur l’étroitesse du pull qui dessinait parfaitement mes seins dont la liberté ne pouvait faire aucun doute.
J’ai néanmoins apprécié la caresse de la laine sur mes mamelons encore douloureux du traitement infligé par les pinces la nuit dernière, mamelons qui sont encore sensibles ce soir et qui portent les traces des pinces dentelées (petites marques sombres là où ont pénétré les dents).
Précision : j’ai mis une bonne heure avant de me décider à ôter ma veste au bureau.

• ensuite, je devais écrire une lettre à un homme de la société pour satisfaire l’envie de mon maître de voir sa salope sucer une queue pour lui. J’ai choisi Gérard, informaticien au troisième, parce qu’il n’est pas encore bien implanté dans la boite. L’objectif : l’attirer dans un cinéma relativement désert, le rejoindre pendant la séance pour le sucer en lui glissant à l‘oreille « je suis la salope de serge, je le fais pour lui, laisse toi faire ». Il ne doit avoir aucune certitude quant à mon identité.

° j’ai préparé deux lettres, une phrase chacune. J’ai déposé la première a midi sur son bureau, dans une enveloppe avec la mention personnelle, et pour message : « j’ai très envie de vous connaître intimement » avec pour signature la marque de mes lèvres.
L’autre est partie au courrier cet après-midi avec pour message « si une aventure vous lendemain vous intéresse, venez demain au restaurant d’entreprise avec un pull noir ».
J’attends avec impatience mercredi pour voir sa réponse. J’avoue que ce projet me plaît beaucoup. Parce que je me sens manipulée comme un jouet, je deviens une chienne que l’on envoie chercher une branche d’arbre et qui doit la ramener.

• pour achever en beauté cette journée, je devais étrenner ce qui deviendra désormais une habitude quotidienne : aller uriner en cachette dans la cour du 87.

° j’étais terriblement anxieuse, je suis passée plusieurs fois devant la cour pour voir comment était disposée la cour. J’y suis retournée il y a un peu moins d’une heure, lorsque la nuit permettait une totale obscurité.
J’avais le cœur qui battait en entendant mes bottes marteler le sol pavé de la cour malgré mon pas le plus lent. J’ai choisi de m’abriter dans l’angle de deux murs attenants à une haie, là, j’ai ouvert mon manteau, déboutonné ma jupe et l’ai baissée, me suis accroupie et ai attendu… Parce que je ne suis pas parvenue à faire pipi immédiatement, malgré une envie importante, j’étais tellement tendue que j’ai du essayer de siffloter pour que surgisse le jet, provoquant ce bruit caractéristique du liquide sur la terre. Je regardais les fenêtres, j’entendais les bruits, les cris d’enfants, le brouhaha des télévisions. Je me suis dépêchée de remettre ma jupe sans m’essuyer et suis rentrée chez nous pour écrire cette journée dans ce qui sera désormais mon journal.


Mardi 9 mars 1999

Deuxième jour de la semaine, deuxième journée au bureau. Aujourd’hui mon maître m’a donnée plus de confort quant à ma tenue, en m’imposant d’un côté ce qu’il retirait de l’autre :

• vêtue d’un jean accompagné de la veste assortie, on pourrait penser à un relâchement de ma part mais le chemisier porté dissipe très vite cette idée : en mousseline, gris foncé, transparent à souhait, j’ai vainement tenté durant la journée entière qu’il ne soit pas remarqué sous la veste. Comme il est impossible de conserver une veste en jean boutonné à l’intérieur par pure correction, je me résignai à afficher certains détails attractifs : mon nombril, visible aux yeux du monde, mais aussi et surtout, le soutien-gorge qui portait ma poitrine libre la veille encore.

° aujourd’hui, point de liberté mais la pression du satin blanc bordé de dentelle noire sur la partie supérieur du balconnet. Pression accessoire en temps normal, mais en cette période de jeu mordant, plus rien n’effleure mes seins sans raviver des souvenirs pinçants.
Le plus gênant était sans doute lorsque j’oubliais ma tenue et que je me penchais normalement, ou bien lorsque ma veste s’ouvrait trop sur le monde. J’ai d’ailleurs une collègue de travail qui m’a fait remarqué que « je n’avais pas fait dans la discrétion ce matin ». En effet.
Elle aurait pu dire que je n’avais pas fait dans la dentelle, puisque cette matière constitue le slip très échancré qui me protégeait du jean. Ce slip, ce bel effet, antithèse sensuelle de la partie supérieure, entièrement en dentelle noire, arborant fièrement un satin d’une blancheur immaculée sur le pubis, avant de s’évanouir entre mes fesses pour ressortir miraculeusement transformé en dentelle.
Dentelle… le mot du jour ?

• impatiente de connaître l’attitude de Gérard, prévue pour demain, j’ai opté pour la sécurité, usant du même stratagème avec un garçon du 4ème étage afin d’anticiper un éventuel refus du premier.

° mon maître double ainsi ses chances de voir sa chienne prendre en bouche un sexe inconnu d’ici à quelques jours. J’espère qu’il appréciera mon initiative.

• délicate attention de mon maître, j’ai porté en moi des boules de geishas du matin jusqu’à ce soir, profitant de ma douche du soir pour me délivrer de cette présence.

° contrairement à vendredi dernier, je ne redoutais pas que ces boules glissent de mon sexe afin de rejoindre le sol, ce qui, je l’avoue, est une chose que j’apprécie dans le cadre professionnel.
Mais, nouveauté pour moi, j’avais reçu ordre de retirer ces boules à chaque fois que je me rendrais aux toilettes, non par souci de confort, mais par volonté de me bouleverser.
En effet, j’ai du mal à décrire ici ce que j’ai ressenti à parcourir de ma langue ces deux boules liées entre elles par un lien aussi humide et odorant que la liqueur dont elles étaient recouvertes. Une odeur pénétrante, un goût persistant, une discipline contraignante. Je n’avais jamais remarqué que je me rendais aussi souvent aux toilettes. Six fois, les toilettes de l’étage m’ont vu reproduire cet acte, cérémonial sacré qui me voyait nettoyé ce que mes chairs avaient souillé. Six fois, je me suis lavée les mains vigoureusement. Six fois, en retrouvant ma bouteille d’eau minérale, je me suis désaltérée devant mes collaboratrices étonnées par ma soif.
Elles ne pouvaient pas imaginer que ma bouche était emplie d’une saveur qui m’est intime et, dont je ne croyais jamais me débarrasser. Comme cette odeur que je croyais déceler sur mes mains mais que j’imaginais la plupart du temps.
Elles ne pouvaient pas non plus imaginer les vibrations qui agitaient mes chairs, ni ce filet humide et gluant qui se déversait inéluctablement à l’entrejambe, rendant ce slip particulièrement moite en fin de journée. Et quand plus aucune pilosité ne s’interpose entre le coton et votre peau, je puis vous assurer que vous ressentez parfaitement cette humidité.

• fatiguée de ces courtes nuits, j’ai profité d’une partie de ma pause déjeuner pour me reposer sur le canapé d’une des salles de réunion de l’étage.

° cela m’a fait un bien fou, j’ai sauté l’heure du repas et ai rejoint des collègues qui partaient faire du lèche-vitrine. J’ai eu l’occasion de voir une paire d’escarpins rouges, dotés de talons de 8 centimètres et de cette fameuse lanière à la cheville. J’ai craqué et ai acheté ces chaussures afin de m’habituer à porter des talons. Je commence par cette hauteur et je suis persuadée que je parviendrai à marcher avec mes chaussures de salope, celles aux talons de 12.

• comme hier, comme demain et désormais chaque soir, je devais aller rendre visite à la cour du 87 afin d’y déposer une partie de moi-même.

° j’avais le pas un plus assuré qu’hier, ce qui ne m’a pas empêché de choisir le même endroit que la veille, dans un environnement néanmoins plus bruyant que la veille, notamment à cause de deux adolescents qui sont arrivés juste après moi et se sont mis à discuter en bas de l’immeuble, à vingt mètres de moi environ, mais, protégée par le mur, je me suis cachée. J’ai attendu cinq minutes, mais ils ne sont pas partis. Et comme je me retenais depuis un long moment (je ne m’étais pas soulagée depuis le départ du bureau, soit trois bonne heures avant), j’ai du me résigner à déboutonner mon jean et à baisser ma culotte malgré les risques encourus.
Le plus difficile ne fut pas de faire abstraction de leur conversation et de leur présence, mais de me résigner une nouvelle fois à tirer sur la ficelle afin que les boules de geisha viennent se nicher dans ma main droite.
En les léchant amoureusement pendant que mon physique décide de libérer (enfin) mon urine, je me suis imaginée être surprise, la culotte baissée, urinant dans cette cour, léchant ces boules : je n’ose imaginer mon humiliation et suis surprise par mon courage.
Après avoir remis les choses à leur place, j’ai attendu encore cinq minutes pour voir si les garçons daignaient partir. Finalement, j’ai décidé de sortir de l’ombre et de quitter la cour malgré tout.
Ils étaient plus près de moi que ne le croyais au début, sous le porche en fait, j’ai croisé leur regard, leur ai dit un « bonsoir » comme l’aurait fait une voisine et suis partie le ventre plein d’émotions.


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