EMMANUELLE : episode 08
Mardi 4 mai 1999
Je me suis levée tard aujourd’hui. J’avais besoin de récupérer de ma longue balade d’hier. Pieds, jambes, et je l’avoue gênée, mon trou de chienne aussi. Pourtant, dès que je suis sortie de la douche c’est bel et bien le plug moyen en latex qui devait venir séparer mes fesses. J’ai ensuite choisi ce que j’allais porter pour sortir : une mini-jupe en jean, un chemisier en coton blanc très simple, et pas de slip pour protéger ma petite chatte fraichement rasée pour être parfaitement lisse.
Petit sac à main, veste en jean, et hop, partie, sans même avoir déjeuné. Direction : les magasins. Je suis allée aux Galeries Lafayette. J’adore cet endroit. Je l’ai toujours aimé. Pour son luxe, son côté décalé. On a l’impression d’être ailleurs. Je ne voulais qu’une chose : une vendeuse de chaussures et des talons très hauts. J’avais déjà aux pieds mes souliers blancs de douze centimètres.
Trois fois, j’ai demandé la même chose : « je voudrais des chaussures dans le même style, mais avec des talons plus hauts » demandais-je très sure de moi. Le plus incroyable, et c’est ce qui m’étonne, c’est que je me sentais aussi très sure de moi en étant assise face à la vendeuse agenouillée : pour qu’elle m’aide à chausser les souliers, je desserrais les jambes, je lui tendais. La première était idiote. Elle ne remarqua rien. La seconde, elle, vit dès son premier regard que je ne portais rien sous la jupe. Je l’ai vue à son air gêné et à sa manière de ne plus rien regarder dans cette direction ensuite.
Pourtant, celle avec laquelle je me suis le plus amusé fut la dernière : elle, je le crois, remarqua aussi la justesse de ma jupe et mon entrejambe. Mais on fit semblant de rien l’une et l’autre. J’ai essayé plusieurs paires de chaussures avec elles. J’adorais la voir lutter pour ne pas regarder lorsqu’elle usait de son chausse pieds pour placer le cuir sur moi. Mais parfois, elle craquait, comme pour vérifier si elle avait mal vu. Ce qui était doublement délicieux sur son stand, c’était la présence d’un miroir en face de mon siège. Ainsi, lorsque j’attendais qu’elle revienne avec une autre paire, je pouvais voir la chatte que je lui proposais et mieux doser l’écartement ou la posture de mes jambes.
Je fus si satisfaite de l’attention qu’elle m’a porté que j’ai finalement craqué pour une paire : talons hauts noirs, dans une matière qui me rappelle le daim, très chic et surtout… des talons assez fins qui mesurent 15 centimètres. « C’est assez rare de voir une jeune femme porter des talons aussi hauts » me fit-elle remarquer. « Je suis une exception » lui ai-je répondu. « Et pas uniquement pour ça ! » ai-je ajouté. Elle a répondu d’un sourire qui me ravit.
J’ai ensuite changé d’étage pour celui des vêtements. Je voulais essayer une jupe. Très sexy. J’ai vu un stand très « hip » comme on dit maintenant avec une mini-jupe en vinyl. J’ai demandé à la jeune vendeuse si je pouvais l’essayer. Et alors que je devais l’essayer, j’en ai profité pour glisser les petites boules de geisha entre mes cuisses. Et suis ressortie après avoir essayé la jupe qui ne me plaisait pas. D’ailleurs, en l’essayant, le plug m’échappa et tomba au sol, le sol qui n’était pas masqué par le rideau. Je ne me suis pas affolée, je l’ai ramassé après avoir regardé comment m’allait la jupe et après avoir remise la mienne. Maintenant, en plus de l’angoisse de perdre le plug, un petit nœud en coton de cinq centimètres sortait de ma chatte. On ne pouvait le voir que si je m’asseyais.
Or, lorsque je me suis assise, c’était au cinéma. Quand le film a commencé, j’ai déboutonné la jupe et me suis contorsionné pour l’enlever. Un homme en retard est venu s’installer juste derrière moi quand j’enlevais le plug pour le remplacer par les petites boules. J’attendis qu’il se soit bien installé, qu’il ait commencé à s’imprégner du film pour continuer : les petites boules pour le cul, les grosses pour le sexe : ca m’excitait d’écarter les cuisses en pleine salle pour sentir ces énormes boules violer mon intimité. J’ai ensuite remis ma jupe, difficilement, lentement pour ne pas me faire remarquer, avant de poursuivre : j’ai ouvert mon chemisier, complètement déboutonné, l’ouvrant sur mes seins qui, je ne l’avais pas précisé, étaient privés de soutien aujourd’hui. J’ai posé sur chaque mamelon les pinces mordantes munies de poids pour toute la durée du film. J’ai remis un bouton sur deux, refermant le chemisier sur ma silhouette modifiée par les poids.
Je suis partie avant la fin du film. D’abord mes seins me faisaient souffrir et j’avais du mal à fixer mon attention sur le film, ensuite, il était relativement nul, même très nul.
Et puis je voulais une chose : regarder mes seins dans la glace des toilettes des dames. J’ai quitté la salle et tout le chemin qui me séparait des toilettes soit un long couloir et le hall principal, je l’ai parcouru sans remettre ma veste, affichant la forme des poids sous le chemisier. Et une fois là bas, j’ai ôté les pinces en faisant un petit pipi mérité et suis allée voir dans les parties communes, dans la grande glace, l’état de mes seins : rouges, mamelons écrasés, marqués. J’adorais cette sensation. J’ai du cesser de m’examiner parce que la porte s’ouvrit. J’eus juste le temps de me redresser et de mettre le coton devant ma poitrine avant de reboutonner le chemisier une fois seule.
En rentrant, le mouvement des seins libres sur le coton me faisait doucement souffrir. Un délice !
J’ai conservé cette tenue jusqu’à ce que Florence ne rentre. Nous avons dîné ensemble, événement, et, parce que cela m’excitait, je me suis mise à l’aise, en me vêtissent uniquement d’un long tee shirt qui arrive à mi-cuisses. Juste à l’endroit où descend la ficelle des grosses boules de geisha.
Pendant le dîner, Florence s’est excusée pour dimanche. Nous n’en avions pas reparlé. « Ce n’est pas grave, je n’avais pas l’intention de le cacher de toute façon, on a rien fait de mal après tout » lui dis-je pour la rassurer. « Je ne te connaissais pas cette liberté d’esprit » m’a-t-elle avoué soulagée. « Tu sais, je crois que ce que je vis depuis quelques temps change pas mal la manière dont je vois les choses et je crois que tu n’es pas au bout de tes surprises avec moi, mais la prochaine fois, sois gentille, frappe avant d’entrer tu veux ? ». Accord obtenu ! Et promesse d’autres maladresses de ma part. Maladresse et oubli indépendant de ma volonté bien entendu…
—
Mercredi 5 mai 1999
Je suis finalement allée voir mon médecin ce matin et pas hier comme je l’avais initialement prévu. Je suis ensuite allée au bureau pour reprendre. Dur Dur ! Même pour une journée un peu plus courte que les autres. J’ai un boulot dingue qui s’est accumulé. Ça m’a fait drôle de ne rien faire de pervers de toute la journée. Oh bien sûr, je ne portais qu’un string blanc en dentelle sous ma robe en laine de couleur gris clair, sans prendre la peine d’offrir à ma poitrine le soutien inconditionnel qui m’aurait permis d’éviter de dévoiler à mon médecin la vue de mamelons martyrisés par les pinces. Moulée par la laine, j’aimais voir mon reflet dans le miroir : le string se distinguait très légèrement, étais-je la seule apte à repérer la dentelle disparaître entre mes fesses nues ou le dessin du téton ?
Je pense qu’un de ces jours, j’irai le voir habillée en latex. Il faudra y songer sérieusement.
En rentrant ce soir, j’ai souri en voyant posé par terre à côté du lit, ma barre d’écartement, laissée là ce matin par mes soins pour que Florence la voie. L’avait-elle vue ? Je l’ignore. Elle était rentrée tôt. Mais je ne pouvais pas lui demander. L’ordinateur étant allumé, elle était obligatoirement venue ici. Et je pense qu’on pouvait difficilement ne pas voir cet objet si évocateur de mes goûts.
En manque de sensations fortes après m’être galérée dans les transports en commun en grève, j’ai eu envie de réaliser une envie née ce week-end. Bientôt 20 heures. L’heure à laquelle ferme la supérette du coin. Je me suis dépêchée : me suis déshabillée, ai pris dans la penderie un soutien-gorge et un slip en latex, les ai enfilés, ai chaussé mes nouveaux souliers, et, parce que j’avais envie de vivre une expérience nouvelle, me suis contentée de mettre mon imper argenté sur moi. Sans aucun vêtement. Florence m’a vue passée dans cette drôle de tenue. « Je vais chercher un truc, je fais vite »
Quel plaisir de marcher avec ces chaussures exceptionnellement hautes. J’avoue que j’ai le pied dans une position assez inconfortable. En fait, entre douze et quinze, il n’y a pas seulement que trois centimètres d’écart. Visuellement, une étape est franchie. Mais aussi vis à vis de la position du pied et de la cambrure de la jambe.
Il faisait encore bon dehors. Les personnes étaient habillées plutôt en printemps. Je me distinguais anormalement avec cet imperméable dont les reflets argentés ne passent pas inaperçus même en hiver. Mais quel délice de sentir ma peau devenir moite sous le latex. Quelle sensation magnifique de sentir l’air s’engouffrer sous l’imperméable, glisser sur la peau. Quel sentiment étrange que d’arpenter les rayons de ce magasin vêtue comme une pute. « La prochaine fois, je me maquillerais comme une vraie putain » ai-je pensé en faisant la queue à la seule caisse ouverte.
Quel pied de rentrer à l’appartement en flânant. J’étais un peu triste. Je me sentais seule avec pour seule compagne mon excitation. J’avais tenté de joindre Frédérique cet après-midi mais n’y étais pas arrivée. Je pensais à elle en rentrant dans l’immeuble. J’avais un coup de blues, et, comme pour me changer les idées, me redonner un coup de fouet, j’ai décidé d’enlever l’imperméable devant Florence. Elle était abasourdie et m’a demandé si j’allais bien dans ma tête. Moi, je souriais. Elle m’a demandé ce que voulait dire cette tenue. Provocante, je lui demandai « tu n’aimes pas ? ». Ce n’est pas la question. Cette phrase, je l’ai entendue plus d’une fois dans les minutes qui ont suivi. Le ton est monté. Un peu : « Tu fais vraiment des trucs bizarres en ce moment » m’a-t-elle lancé, ce à quoi je répondis « C’est ma vie privée Flo, tu peux comprendre ça non ? ».
« Si ça t’excite alors continue ! » m’a-t-elle dit excédée. Elle ne comprend pas le plaisir que je retire de ces jeux. Et quand je me sens incomprise, je ne discute plus, je décrète: « Oui, ça m’excite ! »
Autant dire que l’ambiance à la maison ce soir est plutôt pesante. Elle a envie de me raisonner. Je n’ai pas envie de l’écouter. Et si je le fais, je vais lui expliquer qu’elle couche avec des tas de mecs, et que son comportement est aussi pervers que le mien, mais simplement différent. Je lui expliquerai demain ou un autre jour où nous serons toutes les deux calmées. Et enfin, elle devra m’accepter comme je suis. Je verrai ainsi avec une personne proche ce que je peux attendre des autres si je veux vivre et afficher mes envies aux yeux de tous. Florence, c’est le passage obligé vers la vérité. Un test. Pour savoir si je dois continuer dans la clandestinité.
—
Jeudi 6 mai 1999
J’ai mal dormi cette nuit. Mon inconscient se penche sur beaucoup de choses en ce moment et me le fait savoir. Lorsque je me réveille en me demandant si Frédérique va m’appeler, je crois que c’est un peu embêtant. Je souris maintenant mais ce n’était pas le cas ce matin. Anxieuse, je ne ressentais pas l’envie d’aller au bureau. Pourtant, je n’ai guère le choix. Plus tôt que d’habitude. Je n’avais pas envie d’affronter Florence. Manque de pêche et de courage peut-être. Ce n’est pas si facile d’assumer sa sexualité et la liberté de l’afficher.
Je me suis donc préparée en vitesse : ni maquillée, ni très bien coiffée, j’ai mis de la lingerie banale, sans intérêt pour le toucher ou le regard. Un chemisier en coton blanc, la première jupe sous le nez fut la bonne, classique jupe en cuir souple, accompagnée par sa veste assortie. Pour s’assortir avec le marron de ma tenue, j’ai opté pour une vieille paire d’escarpins achetés à l’époque pour se marier à l’ensemble en question. Des souliers classiques aux talons tout à fait normaux.
En me regardant, j’ai malgré tout apprécié mon apparence. Sage sans être moche. Mais au moment de partir, j’ai éprouvé comme du remord d’être si sage. Tellement en rupture avec ma personnalité de ces derniers jours que je me sentais coupable. Est-ce pour avoir bonne conscience que je mis tout au fond de mon sac le body en latex ?
La journée est passée au rythme des réunions et des problèmes. Quand j’ai commencé à émerger de ma pile de papiers, la dix-neuvième heure était entamée. J’ai quitté des bureaux désertés. En période de grève, c’est souvent le cas. Moi, je n’avais pas envie de rentrer chez moi. Je suis allée boire un kir à la terrasse d’un café. Seule. Un type m’a abordé. Je l’ai rembarré. Pas question de draguer. Baladée de rue en rue, je me suis retrouvée près de l’Opéra. Noyée au milieu de gens bien habillés, je flânais en pensant à La Traviata que j’avais vu ici même dans le passé. Quelques beaux mecs bien souvent accompagnés par leur conquête en tenue de soirée.
Un brin mélancolique, je suis allée dîner seule. Une salade, un dessert. Je n’avais pas d’autre envie. Si : de tendresse, d’envie, de désir, de délire. En cherchant mon paquet de clopes, ma main a touché le body. En exhalant la fumée, j’ai repensé à la nuit de samedi. Mes pensées négatives chloroformées, j’ai encore pu constater à quel point ces souvenirs m’avaient excitée. L’addition réglée, je suis allée à l’entre-sol pour m’enfermer dans une des deux toilettes pour femmes. Adossée à la porte, la jupe sur les chevilles, j’ai entamé de me caresser. Doucement. En le faisant, j’imaginais qu’il s’agissait des doigts de ma tendre amie. Mais ce n’était malheureusement pas elle qui jouait à travers la matière.
La culotte baissée à mi-cuisses, je fouillais ma chatte avec une certaine vulgarité. Deux voire même trois doigts, accroupie puis de nouveau debout, penchée et l’instant d’après les jambes tendues. Je ne voyais plus l’endroit. Je n’entendais plus le fond sonore. Je n’avais plus qu’envie de jouir. Mais à la dernière seconde, j’ai eu la lucidité de m’arrêter pour profiter de cette fragilité qui me caractérise lorsque je désire être libérée de mon désir. « Pas ici » me suis-je dit. J’ai pensé, à juste titre je croise, qu’après je serai de nouveau triste, que mon esprit serait encore vide et torturé. Là, je me sentais bien mieux. Libre en quelque sorte. Et je voulais que cela continue. Alors, j’ai ramassé ma jupe, l’ai posé sur le porte-manteau. Puis ce fut le tour de ma veste. J’enlevai mon chemisier et le mis dans mon sac. Bien vite rejoint par le soutien-gorge et la culotte que je venais de quitter définitivement.
Nue dans les toilettes de ce restaurant, debout j’ai enfilé le body comme un short. Le latex bruissait délicieusement sous les mouvements de mon corps. La fermeture éclair glissa entre mes seins pour venir mourir au ras du cou. Je me délectais de ces secondes délicieuses où le latex prend possession de la peau qu’il recouvre. L’assaut donné, il l’enserre pour ne plus la laisser respirer, aspire sa force, prend sa chaleur et la noie sous une humidité brûlante. Je me sentais autre. Une autre Emmanuelle. Ni employée, ni colocataire, ni soumise. Juste femme, très femme. J’ai remis ma jupe puis ma veste. Maintenant, je la boutonnerais. Fermée, elle laissait néanmoins se dévoiler un triangle de latex. Non lubrifié, il ne brillait guère mais je n’en étais pas moins troublée et persuadée que tout le monde me regarderait maintenant. Celui ou celle qui regarderait d’assez près verrait même la frontière marquée par la fermeture éclair.
Moi seule pouvais voir mes seins libres de toute entrave. Il me fallait néanmoins être vigilante si je venais à vouloir me pencher.
Je suis donc ressortie des toilettes très longtemps après y être entré. Le métro rejoint après une courte marche à pieds, j’ai attendu sur le quai, assise, les jambes serrées. J’avais chaud. Je me sentais un peu oppressée par le latex. J’étais très excitée bien sûr. J’allais l’être durant tout le trajet qui ramenait la chienne à sa niche. Une heure. Plus d’une heure alternativement assise, stationnée verticalement ou à marcher. Arrivée dans la cour de mon immeuble à la nuit tombée, mon désir s’était atténué et avait fait place à une certaine fatigue. Je cuisais sous le latex. Je baignais dans ma sueur. C’était bien, c’était ce qui m’excitait, faisait travailler mon imaginaire et exacerbait mes sens. Mais c’était aussi ce qui contribuait à m’épuiser.
En allumant la lumière du hall d’entrée, je vis Frédérique. Je n’en ai pas cru mes yeux. Assise sur les marches, elle m’attendait ici depuis presque deux heures. « Mais t’es folle, pourquoi t’es pas restée là haut ? » ai-je demandé. « Pourquoi ? Mais parce que je ne pouvais pas faire ça devant Florence » me répondit-elle juste avant de m’embrasser comme un mec l’aurait fait. La main derrière la nuque, collée à moi, elle m’embrassait le plus naturellement du monde. Et je me laissais faire, impuissante, je m’abandonnais, tout d’abord surprise, maladroite, avant de reprendre pied et de réagir à l’ardeur de son étreinte en soupirant. On aurait pu être vues. Pourtant, nous n’éprouvions aucune honte à nous regarder après nous être embrassées langoureusement. Elle était à Paris ce soir et repartait pour Londres demain matin. « J’ai beaucoup repensé à l’autre nuit » lui ai-je dis. « Moi aussi tu sais. Et c’est parce que je ne pouvais plus attendre pour te revoir que je suis venue ». J’ai eu peur qu’elle ne m’annonce une mauvaise nouvelle. J’avais peur que les jours écoulés aient eu un effet contraire à ce qui m’avait rapproché d’elle encore un peu plus. Ce n’était pas le cas. « J’avais juste envie de te voir. De te parler. Et comme je ne pouvais pas être là demain, j’ai pensé te faire la surprise maintenant ».
C’était une surprise. Une très belle surprise. Ravie, je lui dis. Nous étions dans l’obscurité. « Tu veux monter ? » ai-je fini par lui demander. Elle me donna un baiser en pinçant mes lèvres des siennes et me répondit qu’elle ne voulait pas s’imposer. En deux phrases, je lui ai expliqué que j’avais envie d’être avec elle et que j’invitais qui je voulais chez moi. « C’est mon appart Fred. Alors ne sois pas gênée okay ? Je ne veux pas que tu partes comme ça » lui ai-je dit en prenant sa main.
En la voyant entrer avec moi, Florence a quitté le salon pour sa chambre, calmement, faisant mine de rien, m’ignorant royalement. Je demandai à Fred si elle voulait boire quelque chose. « Il te reste du cognac ? » dit-elle en souriant. « Peut-être » répondis-je amusée. Dans la cuisine, je lui ai glissé à l’oreille que nous serions mieux à côté. Alors nous sommes allées dans ma chambre. « Qu’est-ce qui se passe avec Florence ? ». « Rien, je me suis engueulée avec elle hier ». « A cause de moi ? » me demanda-t-elle avec une petite seconde de silence. « Tu n’y es pour rien. Là, je suis seule fautive. ». « Tu fautes beaucoup en ce moment » commenta-t-elle. « C’est un reproche ? » dis-je le sourire aux lèvres. « Non, c’est un appel à la récidive » répliqua-t-elle en plongeant ses lèvres dans les miennes. Sa main caressait ma joue droite. Nous étions assises sur mon lit. Face à la glace de la penderie. Je me sentais enfin mieux. Ses lèvres quittèrent les miennes. Souffles mêlés, ses yeux rivés aux miens : « tu n’as pas goutté à ton verre » lui fis-je remarquer. « C’est d’une autre drogue dont j’ai envie ». J’ai vidé mon verre, elle a posé le sien sur la table de nuit avant de se jeter sur moi.
Allongées sur le lit, nous nous embrassions. Je crois que nous prenions plus notre temps qu’avant. Nous profitions de chaque souffle. Nous écoutions chaque soupir. Nous aimions chacune de nos paroles. La main qui caressait ma gorge commença sa descente. Je la savais sur le latex, sous le cuir. Je l’ai sentie réapparaitre sur mon sein droit. Elle en fit le tour. Fred releva légèrement sa tête, pour mieux me regarder. « Qu’est-ce que tu portes là ? » chuchota-t-elle. « Tu aimes ? ». « Je veux voir ». J’ai souri. Radieuse. Joueuse. Elle déboutonna ma veste. Un sein se dévoila totalement. Sa main fit le tour du sein. De la base jusqu’au sommet. D’un doigt, elle caressait ma peau à la limite du latex.
« Montre-moi ». Je ne compris pas tout de suite ce qu’elle attendait. Elle me demanda de me lever. C’est ainsi que je me suis retrouvée face à elle, debout, les mains jointes sur les fesses. Bizarrement, je n’ai pu soutenir son regard. Instinctivement, j’ai baissé les yeux. Je regardai le sol tandis qu’elle me voyait. Doublement puisque la glace renvoyait le reflet de mon verso. « Tourne-toi ». J’ai senti la main se poser dans mon dos et descendre. La courbure de mes reins, la forme de mes fesses.
Un doigt glissa entre la cuisse et le latex. Il dut ressortir humide. « Je me souviens très bien de ce que tu m’avais expliqué sur cette matière ». Je souriais. Gênée. Elle était assise sur le lit, la tête contre ma hanche. Ses bras autour de mes cuisses. « Tu t’habilles souvent comme ça ? ». « En latex ? Oui. Avec ce body. Non. Ça te déçoit ? ». « Je n’ai pas dit ça ». « La dernière fois que tu m’as vue habillée un peu comme ça, tu m’as dit que ça faisait pétasse ». C’est drôle. Je ne la regardais pas dans la glace. Je regardais mes chaussures. Comme quand j’étais petite et que maman me grondait. Sa main droite remonta jusqu’à ma poitrine. Ses doigts prirent l’extrémité pour cible. Elle me caressait. Malaxait le mamelon entre ses doigts. Roulait le téton sur ses ongles. « Regarde-moi ». Je relevais la tête et fixait le reflet dans la glace. « Tu aimes te voir comme ça ? ». « Oui. Franchement. Oui » ai-je affirmé de ma voix la plus timide.
Elle me fit comprendre en serrant ma taille que je devais de nouveau lui faire face. Elle saisit mes mains entre les siennes. Elle me regardait. « Tu ne m’as jamais parlé précisément de tes bêtises. Il va falloir que tu m’expliques ». « Pourquoi ? ». « C’est à ton tour de me faire découvrir quelque chose » dit-elle avec une douceur qui n’excluait pas le sérieux de son propos. Je me suis accroupie. J’étais de nouveau à portée de ces lèvres. « Je vais te montrer quelque chose » lui dis-je en me relevant. Je l’ai installée devant cet ordinateur. Sur ma chaise. J’ai ouvert mon journal. Celui que je suis en train de compléter. Pendant qu’elle lisait le résumé de mardi, je faisais les cent pas. J’avais peur. Très peur. La trouille au ventre. Je me demandais si c’était vraiment la meilleure manière de lui expliquer. « Tu as vraiment fait tout ça ? » me demanda-t-elle tout en continuant de lire. « Oui » répondis-je. Elle se taisait et lisait. Remontait un peu plus haut dans le récit. Une autre page lue, elle me déclara que je pouvais l’éteindre. Je me suis approchée et ai éteint l’ordinateur après avoir quitté Word. Elle était retournée s’asseoir sur le lit. Je vins vers elle tout doucement. « J’ai tout fichu en l’air » ai-je pensé. Agenouillée devant elle qui réfléchissait et restait muette, j’ai finis par dire que j’allais me changer. « Pourquoi ? » demanda-t-elle. « Je crois que c’est mieux… » ai-je conclu doucement. La mine triste. « Tu as mieux à faire ». « Que veux-tu dire par là ? » lui ai-je demandé. « Montre-moi ces accessoires dont tu te sers ».
Frédérique est la première personne qui voit le contenu de ma valise. Posée sur le sol contre le lit, le regard étranger détailla mes jouets avant de saisir une paire de pinces. « C’est celles que tu as mis au cinéma ? » me demanda-t-elle. Je lui sortis celles en question pour lui montrer. Elle soupesa le poids au creux de la main avant de reposer l’ensemble dans la valise. « Pourquoi pas celles-là ? » dit-elle en désignant du doigt les pinces crocodiles. « Parce qu’elles font mal ». « Pas les autres ? ». « Si mais pas de la même manière ». Je souriais. Je lui expliquais très mal. J’étais maladroite. « Je croyais que tu n’avais pas de gode ? » dit-elle en souriant, le gros plug en latex en main. Cela contribua à mettre ma peur en suspend, à détendre l’atmosphère. « Je t’ai menti. Oui et non. Ce n’est pas un gode. On appelle ça un plug. C’est pour… enfin je t’expliquerais plus tard tu veux bien ? ». « Oui. Tu me diras ce que tu aimes en faire mais moi je vois bien quel usage j’ai envie d’en faire. »
Silence. Elle reposa l’objet. Les jambes qu’elle maintenait serrées se relâchèrent, sa robe suivit le mouvement, longue et ample, le tissu brillant masquait encore tout ce que j’avais envie de voir. La vague noire fut remontée le long des longues jambes qu’elle abritait. J’avais remarqué que la peau n’était pas nue. Je ne pensais pas qu’elle portait des bas. De vrais bas. Comme j’en portais pour elle la première fois. Elle s’arrêta après avoir dévoilé son sexe fourni à mon regard toujours étonné. Je ne suis pas encore habituée à ce spectacle. Ses jambes prirent d’autres appuis, ses cuisses s’ouvrirent en grand pour m’accueillir, de son index, elle désignait son sexe tout en maintenant la robe relevée.
« Tu sais ce qu’il te reste à faire » dit-elle. Ma main se dirigea vers elle, longeant une cuisse. « Non. Lèche-moi. Je veux que tu me lèches à quatre pattes » m’ordonna-t-elle en souriant, insistant bien sur les voyelles de sa phrase. Je me suis agenouillée, la tête baissée. Je l’ai regardée, n’ai pas supporté le poids de son regard et ai regardé mes mains se poser à terre. « Viens ». Je l’ai léchée. Et pendant que je la léchais, elle maintenait sa main au sommet de mon crâne pour bien rappeler sa présence. « Lèche bien » disait-elle parfois. « Lèche ma chatte » disait-elle d’autres fois. Elle se pencha pour déposer un baiser sur mes cheveux tandis que ma langue combattait ses poils. Gardant cette posture pour flatter de ses mains les mamelles qui pendaient hors de mon body. « J’aime ta poitrine » me dit-elle à l’oreille. « Tu aimes mon sexe Manue ? ». Je lui répondis en tâchant d’y enfoncer plus loin ma langue fatiguée. « J’adore jouer avec tes seins » dit-elle en les accentuant leur balancement naturel. Je m’activais ainsi jusqu’à ce qu’elle retira mon visage d’entre ses cuisses en tirant sur mes cheveux. Sans me relâcher, elle me regarda longuement. « J’aime voir à quel point tout cela te trouble ». Fred me connaît bien. Depuis longtemps. C’est une cérébrale. Une romantique. Comme moi. Je ne savais pas que notre complicité allait aussi loin. Nos similitudes me troublent. Elle devine ce que je pense. Même quand il s’agit de sexe. Ses doigts se promenèrent sur mes lèvres, dessinant le contour de ma bouche. J’avais son odeur en moi. Son goût sur les papilles. Sa moiteur autour des lèvres. Elle se leva et masqua ainsi de nouveau ses jambes et son sexe. « Reste à quatre pattes » ses mots avaient un ton que je ressentais comme une claque. Excitée et troublée. Voilà ce qui caractérisait mon cœur lorsque je les entendais. D’en bas, je la vis déboutonner son corsage, libérer ses épaules : la robe chuta sur ses chevilles. Sa poitrine me semblait toujours aussi énorme. « Debout ». J’obéis. « Tourne-toi » Je me voyais de nouveau dans la glace. Elle était à mes côtés. Debout. Grande. Nue à l’exception de son porte-jarretelles, des bas et d’un superbe bustier noir, comme le reste. Dans le miroir, je la voyais chercher quelque chose dans la valise. Au creux de la main qu’elle rouvrit sous mon nez, je vis les pinces crocodiles. « Mets-les » dit-elle à voix intelligible. J’apposai la première. Je rentrai le ventre. Bloquai ma respiration. Je pris entre les doigts le deuxième mamelon et déposai la seconde pince. Là je ne pouvais pas me retenir. J’ai soupiré. Elle me regarda dans les yeux en serrant mon menton entre ses doigts. « Que ressens-tu ? » demanda-t-elle doucement mais sèchement. « Tu as mal ? », « Oui », « Tu as honte ? », « Un peu », « Tu aimes ça ? », « Oui. Beaucoup ». Un long mais délicieux silence régnait entre chaque question et chaque réponse.
« Je ne veux pas que tu sois gênée. Je veux que tu ais du plaisir. Que tu m’en donnes. Que l’on soit bien ensemble. J’aime les hommes. Mais j’ai aussi aime des femmes. En toi, je t’aime plus encore. Tu es aussi différente pour moi que je le suis pour toi. Je veux que tu me dises si tu as aimé notre première fois ». « Je l’ai adorée Fred. Tu le sais très bien ». « Et cette seconde fois, tu aimes toujours autant ou moins ? ». « Je l’adore comme la première ». « Tu veux continuer comme ça ? ». J’hésitai à lui dire que je voulais vraiment continuer. « Oui j’en ai envie. Mais toi ? ». « Moi, j’aime beaucoup ce jeu ». J’ai souri. Je me sentais encore mieux qu’avant. Si ce n’est une vive douleur où vous savez.
« Maintenant, je veux que tu mettes ces fameuses chaussures à talons hauts ». J’ai été étonnée par cette demande. Mais alors que je me penchais devant elle pour placer mes pieds, j’ai réalisé en sentant la chaine des pinces se balancer dans le vide, j’ai compris que Fred avait parfaitement cerné ce qui m’amusait et me plaisait. J’avais toujours connu Fred porter des chaussures hautes.
Nous avions maintenant ce goût en commun et, outre l’envie qu’elle devait avoir de me voir ainsi chaussée, sur des talons hauts comme jamais elle n’avait du en chausser, je pense qu’elle voulait surtout jouer avec moi et mes émotions pour augmenter plus encore son désir et le mien.
Lorsque je me suis relevée, je me sentais encore plus fragile qu’avant face à elle. Equilibre précaire, tenue fétichiste, seins exhibés, mamelons pincés, bouche parfumée, j’étais devenue sa chose. Mais pour Frédérique, tout ceci n’était qu’une mise-en-scène érotique. Une mise-en-scène réussie mais une mise-en-scène malgré tout. Je m’y prêtais néanmoins avec un plaisir décuplé.
Elle but une gorgée de cognac et me dit en m’examinant « Si je te demandais d’aller me chercher un jus d’orange sans rien changer à ta tenue, tu irais ? ». Je répondis par l’affirmative. « Vraiment ? ». Je m’attendais à ce qu’elle me le demande mais finalement, ce n’était qu’une question destinée à me faire peur. Effet contraire, ça m’avait excitée plus encore.
Elle saisit la chainette qui pendait entre mes seins et, en tirant dessus, me fit comprendre qu’il me fallait pivoter. J’ai gémi sous cet étirement léger mais réel. Elle recommença en souriant. « C’est vrai, c’est excitant » dit-elle en faisant un pas en arrière, puis un autre, et encore un autre. Je la suivais, tenue en laisse par les seins si j’ose employer cette image. Elle me ramena à mon point de départ. « C’est quoi ça ? ». « C’est une barre d’écartement. Ça empêche de refermer les jambes ». Elle sourit.
Elle ôta elle-même les pinces crocodiles. Les deux en même temps. En fixant mes yeux. Elle loupa son geste et l’une d’elle se referma durement sur moi. J’ai grimacé. Elle s’est excusée et m’a donné un baiser. De nouveau, nous étions tendres. Enlacées, nos langues jouaient ensemble. Fred caressait mes seins. J’avais mal et pourtant cette sensation était délicieuse. Puis elle entama d’ouvrir le body, libérant à sa vue une peau moite, du haut de la poitrine jusqu’au bas ventre. Elle se recula afin de voir les perles de sueur ruisseler sur mes courbes en m’aidant à retirer ma seconde peau.
J’étais nue. Elle s’agenouilla devant moi et tandis que je n’avais aucune autre envie que de nous regarder dans le miroir, elle vint taquiner mon sexe de sa langue et de ses doigts. Je passais les mains dans ses cheveux, sur ses joues, sur sa nuque. Alors que je l’avais tendrement léchée, lapée, moi, je me regardais fouillée sans ménagement. C’est vrai. Je ne voyais rien. Mais quand je ne fermais pas les yeux en basculant ma tête vers l’arrière en laissant exhaler un gémissement, je voyais parfaitement mon visage en pleine pénétration. Je me regardais réagir à la fouille et j’en suis encore fascinée.
Elle m’abandonna quelques secondes le temps nécessaire pour fouiner dans la valise. J’ai senti cette forme, cette matière remonter le long de ma cuisse. Instinctivement, j’ai augmenté la distance entre mes jambes : Fred plongea le latex en moi en écartant mes petites lèvres. Elle avait choisi le gros. Je le compris lorsque je sentis une douce torture au moment ou le point culminant en largeur ne passe le cap de mon intimité. « Serre les jambes » me commanda-t-elle doucement. J’ai bien sur obéi. Et à peine l’avais-je fait qu’elle appuyait sur le plug pour l’enfoncer légèrement. Les sensations éprouvées étaient plus fortes. Elle le fit plusieurs fois de suite, en m’arrachant un soupir à chaque reprise. Puis elle le retira doucement, pas totalement puisque je sentais le latex sur mes lèvres, pour le replacer un instant après, aussi délicatement qu’avant. Cette fois-ci, elle m’arracha un gémissement. Elle le refit. Plusieurs fois. En allant un peu plus vite à chaque fois. Ce n’était pas comme un sexe qui te pénètre, non, ce n’était pas aussi rapide mais… c’était malgré tout riche en sensations. Plus elle accélérait, plus j’avais tendance à essayer d’ouvrir les cuisses pour faciliter la procession de l’objet. Lassée de me répéter de serrer, elle me planta avec le plug en moi : mon reflet dans le miroir m’excita car je vis alors le plug noir sortir de mes lèvres ouvertes. « Allez écarte maintenant » commanda-t-elle pour se venger : elle attacha à ma cheville gauche le harnais de cuir de la barre d’écartement et acheva par sa sœur jumelle. « Puisque tu préfères écarter, maintenant, tu es servie ! » dit-elle sèchement.
Elle se leva et me demanda doucement à l’oreille si je pouvais reculer jusqu’au lit. Je lui répondis en le faisant. « C’est amusant de te voir marcher comme ça » dit-elle en se caressant. Je me voyais faire la manœuvre, reculant, le plug sortant de ma chatte. Je me sentais plus gênée qu’amusée. Excitée en tous les cas. « Allonge-toi… Voilà. » Elle vint s’asseoir à côté de moi. « Montre-moi ta chatte… Bien. Maintenant, enlève le gode… Parfait. Je veux que tu le lèches pour moi ». Je portais à ma bouche le plug pour l’astiquer, le prenant partiellement en bouche, léchant l’objet en sortant ma langue. Je me sentais observée. Je l’étais. « Tu lèches bien. Tu aimes sucer un sexe d’homme ? » Je répondis en hochant la tête. « Imagine que c’est mon sexe Manue, lèche-le, continue comme ça oui ». J’avais retrouvé son sexe sous la main. Je la caressais tandis qu’elle passait sa main sur mes lèvres.
« Tu es bien ouverte comme ça. Le gode a bien travaillé tu sais. » m’informait-elle. « Remets-le à sa place maintenant, tu le lécheras plus tard sacrée gourmande » m’ordonna-t-elle de sa voix trainante. Elle saisit pour elle l’autre plug en latex, le moyen, et le glissa entre ses cuisses. « C’est si agréable » dit-elle en s’allongeant près de moi. Nos langues allaient à la rencontre l’une de l’autre. Je jouais avec mes lèvres bombées tandis que Fred multipliait les allées et retours entre ses cuisses.
Ma main vint l’aider. Elle s’apprêtait à jouir. Je ne voulais pas y être étrangère. Elle gémissait. Ses yeux se fermèrent. Elle cessa de respirer un instant avec de recommencer. Elle me regardait, souriait. Je continuais de la caresser lentement. Je jouais avec son clitoris. Elle porta le plug à mes lèvres, je le pris en bouche sans qu’elle n’eut besoin de le demander. Je l’ai léché avec application. D’une main, elle caressait mes cheveux. « Tu m’as vraiment beaucoup manqué depuis dimanche ». « Toi aussi » lui répondis-je tout en continuant de la choyer, sans m’oublier. « Quand je suis rentrée chez moi, j’ai regretté qu’on ne l’ait pas fait une seconde fois ». « Tu vois, il ne fallait pas regretter. On le fait. Et on le refera tant que l’on aura envie n’est-ce-pas ? ». Elle hocha la tête en souriant. « Tu y pensais depuis longtemps ? ». « Un peu » répondis-je timidement. « Un peu longtemps » avouai-je, sourire aux lèvres sur lesquelles elle passa deux doigts. « Comment tu t’es douté ? ». « Je n’étais pas sure. Je croyais juste avoir deviné. Et j’ai vu juste. Tu as connu beaucoup de femmes ? ». « Pas beaucoup » répondit-elle. « Tu en avais déjà envie au collège ? ». « Pas de la même manière » répondis-je en précisant qu’à cette époque, c’était une curiosité, pas une véritable envie. Pas comme aujourd’hui.
« Je peux te poser une question très indiscrète ? ». Je l’ai autorisée. « C’est très important tout ça pour toi ? ». « Quoi, les jouets, les accessoires, la SM ? ». « Oui, tout ça. ». J’ai souri. « C’est ma vie Fred » répondis-je. Elle me regardait. J’avais envie de lui demander de me faire jouir. Mais je n’osais pas.
« Tu aimes mes jeux ? » lui ai-je demandé. « Je dois m’habituer. Mais j’avoue que de mon côté, ce n’est pas désagréable. J’ai juste un peu de mal à… te faire du mal » conclut-elle en souriant. « Tu ne me fais pas de mal tant que tu me fais du bien, okay ? » lui dis-je avant de l’embrasser.
« Je pars demain matin. Mais je reviens samedi soir. J’aimerais te voir si tu n’as pas quelque chose de prévu » dit-elle. « Tu veux me voir comment… en copine ? » dis-je en souriant, provocante, un peu pour me moquer de notre difficulté commune à passer le cap. « Noooon. Je veux te voir en parfaite petite salope, comme ce soir » m’assena-t-elle comme un coup de poing. J’ai souri. Je me suis dit sur le moment qu’elle apprenait vite. Je continuais de me caresser doucement. « Tu as envie de jouir Emmanuelle ? » me demanda-t-elle. C’est vrai que ça me fait drôle d’entendre ces paroles de mon amie d’enfance. J’ai hoché la tête. « Tu vas devoir patienter, t’occuper de moi… Parce que je veux que tu jouisses en même temps que moi » m’avoua-t-elle en prenant ma main pour la poser sur son sexe trempé. Elle voyait bien qu’en la masturbant, je continuais de me caresser. « Tu as des menottes petite salope ? ». Vous connaissez ma réponse. « Va me les chercher. Je dus me relever pour aller fouiller dans ma valise. Assise genoux écartés devant elle, je lui tendis ce qu’elle demandait.
« Avant, donne-moi ton plug ». J’obéis. « Maintenant, je te veux les mains menottées dans le dos ». Elle me regarda faite : cerner le poignet gauche, préparer la menotte, tordre mes bras derrière puis me voir et entendre actionner le mécanisme qui d’un clic signifiait que j’étais bloquée. Jouissance aussi. « Je te libérerais quand tu seras un peu plus sage » me glissa-t-elle à l’oreille. Je l’ai regardé jouer avec les jouets. Elle regardait le contenu de ma valise. Elle essaya même de refermer une pince croco sur son mamelon. « Je comprends pourquoi tu gémis et la raison de ces marques maintenant. Tu ne me feras jamais mettre ça. Par contre, maintenant que je devine ce que tu ressens avec, ça me donne envie d’en user et abuser » disait-elle en souriant. « Je suis très sérieuse tu sais » tint-elle à préciser. « Je sais » répondis-je plutôt heureuse. Elle vint s’asseoir en tailleur devant moi. « Parle-moi de ces plugs. A quoi servent-ils si ce ne sont pas des godes ? ». « C’est une sorte de gode anal ». Elle sourit. « Je ne comprends pas ». « La forme permet qu’il reste en place. Une fois en place, il ne bouge plus, ou presque ». « Quel intérêt pour faire l’amour ? ». « Ce n’est pas pour ça Fred. C’est pour d’autres occasions. D’autres jeux ». « Précise » demanda-t-elle très curieuse. « Tu te souviens lorsque j’ai diné avec toi le fameux soir où je t’ai montré le latex ». « Oui. Je m’en souviens. Quel est le rapport ? ». « J’ai un peu honte de l’avouer mais, toute la soirée, j’avais cet objet entre les fesses. » Elle sourit en regardant le plug moyen dont elle se servait pour caresser son sexe.
« Et tu fais ça souvent petite salope ? ». « Très souvent » dis-je un peu honteuse. « Tu aimes ça…. » dit-elle. « J’adore ça » ai-je surenchéri. « Dis moi pourquoi » me demanda-telle. « J’aime être pénétrée de cette manière » avouai-je. « Regarde-moi quand tu me parles petite salope. Répète-le » commanda-t-elle. J’ai répété les mêmes mots. « Je pensais que tu étais vaginale » me dit-elle en se doigtant sous mes yeux. « Non, je suis anale », « Hé bien la prochaine fois, je sais où je devrais agir avec le plug… ou avec tes chaussures » dit-elle en souriant. « Toi, tu n’aimes pas ça ? ».
Elle me répondit qu’elle n’avait pas un très bon souvenir de sa première sodomie. Ensuite, elle avait de nouveau essayé, mais cela n’avait pas été concluant. « Même avec une femme et un gode » tint-elle à préciser. « Tu me laisserais essayer ? » demandai-je timidement.
Les mains libres et les poignets marqués, j’expliquais à Fred que tout était question d’habitude et de progressivité. Après avoir déposé une noix de lubrifiant sur sa rosette, puis sur le mienne, je lui ai dit de s’accroupir par terre. J’étais assise sur le lit et, en me penchant, je pouvais à la fois profiter de ses baisers, mais aussi présenter le plug lubrifié à son petit trou. « Il faut y aller doucement. Sans forcer. Lorsque tu sens une résistance, tu recules pour mieux sauter juste après, et progressivement… Il est en toi ! » Bien sur, le baiser qu’elle me donnait s’était figé lorsque le plug se bloqua en elle, mais quand elle constata qu’il tenait tout seul, elle a trouvé ça magique. « C’est génial. Je me sens bien. Ça m’excite. Je ressens plein de choses sauf de la douleur. Tu es très douée petite salope » me dit elle. J’ai glissé les doigts dans le bonnet droit du bustier et lui ai pincé le mamelon en représailles. « Tu te rebelles ? » me dit-elle en riant. « Oui. Peut être » répondis-je effrontée. « Je te rappelle que c’est toi qui ne peut pas fermer les jambes » s’amusa à me rappeler Frédérique. « Parce que c’est moi la petite salope obéissante » dis-je. « Mais es-tu très obéissante ? » s’assura Fred. « On ne peut pas être plus docile que moi » assurai-je de ma voix suave et respectueuse. Elle se releva en me disant que je l’excitais.
« Je vais me contenter de ce que je connais. Le reste, tu me montreras plus tard » m’annonça-t-elle avec assurance tout en immobilisant de nouveau mes mains. « J’aime beaucoup ces menottes » dit-elle en m’aidant à me lever du lit. « Quoi que… c’est quoi ça, un baillon ? » me demanda-t-elle en me montrant le harnais de tête avec la boule rigide. « Oui » dis-je moins rassurée, plus excitée. « C’est comme ça ? » demandait-elle en me privant de la parole. Après s’être trompée une première fois, elle fixa parfaitement le harnais en le serrant aussi fort que j’en ai l’habitude. Elle s’assura que tout allait bien avant de passer de mon regard azuré à mes tétons saillants d’excitation. Elle déposa sur le gauche puis le droit une pince dentelée accompagnée de son poids. Elle admirait son œuvre. Comme une débutante. Elle scrutait. Mais je sentais bien que ça la fascinait comme cela m’avait fasciné à mes débuts. Curieuse, elle enlevait la pince pour la remettre autrement, mieux alignée avec le mamelon. Elle faisait bouger le poids pour voir si je grimaçais ou gémissais. Puis passait à autre chose. Me demandant par exemple si je ne pouvais vraiment plus parler ou crier. Elle remarqua que je me regardais souvent fixement dans la glace. Elle me demanda si j’aimais me voir ainsi. Alors que je ne lui répondais pas, elle m’aida à m’approcher de la glace « pour ne manquer aucun détail ».
Face au miroir, séparé par un petit mètre de lui, je me sentais mal à l’aise. Gênée. Vraiment gênée. Je ne savais plus si je voulais que Fred me voie ainsi. J’avais le sentiment que ça allait trop loin. Mais je ne pouvais plus lui dire. Quand je gémissais, elle croyait que je jouais. Pour elle, le jeu continuait comme si de rien n’était. Le plug qui emplissait son cul, elle l’enleva pour venir le glisser entre mes fesses alors que j’étais debout, plutôt contractée, surprise, mal lubrifiée, pénétrée par une partenaire certes adorable mais inexpérimentée. Le latex força mon trou de chienne sans risque bien entendu mais en me faisant gémir pour de bon. Cela encouragea Fred à recommencer, ainsi, autant quand je gémissais au début, c’était plutôt de douleur, autant après plusieurs retraits-pénétration, Fred arrivait elle à me faire gémir de plaisir. Elle me reprit le plug pour son usage personnel et alla chercher le gros abandonné sur le lit. J’ai gémis pour essayer de la prévenir. Mais avant même que je ne puisse recommencer, elle essayait de me glisser entre les fesses le plug que je n’accepte que très rarement en moi, et jamais dans une telle position. On ne peut le savoir que lorsqu’on l’a vécu. Mais quand un plug trop gros essaye de vous pénétrer, la sensation éprouvée, une douleur persistante, vous gèle : je ne pouvais plus gémir de manière cohérente, je bloquais ma respiration, essayais de rester calme tandis que Fred s’escrimait à y aller progressivement. Mais même en m’enculant une heure, elle avait peu de chance d’arriver à son objectif. Elle me ramena vers le lit et me jeta dessus comme un sac. J’ai cru que les poids allaient décrocher les pinces. Elle m’enjamba et se plaça comme pour un 69 : à la différence prêt que je ne pouvais rien faire. Elle me léchait. Je gémissais. Elle m’enfonçait le plug dans la chatte. Je gémissais. Elle me doigtait les deux orifices. Je gémissais. Elle se masturbait sous mes yeux. Elle ne me parlait plus beaucoup. J’entendais surtout sa respiration et la mienne noyées dans le fond sonore télévisuel que Florence avait réenclenché à côté depuis un moment. Je bavais. Fred ne le voyait pas trop occupée à canaliser sa jouissance en cherchant à mener la mienne à son terme. Je me souviens avoir pensé qu’elle me semblait beaucoup plus perverse que la première fois au moment où elle m’a retourné afin de me mettre le visage et les seins pincés contre le matelas. J’essayais de me relever quand elle enfonça une nouvelle fois le plug entre mes fesses. Agenouillée derrière moi, grâce à son corps, elle m’immobilisait de manière à ce que mes genoux écartés par la barre ne puissent plus reculer et, surtout, que mon cul reste bien surélevé. A cet instant, elle a eu ces mots très crus qui ont résonné dans ma tête jusqu’à la fin, et encore jusqu’à ce que j’écrive ceci. « Je vais te faire jouir par le cul petite salope ». En se servant du plug comme d’un banal gode, Fred me cassait les fesses comme jamais je ne l’avais connu. J’en suffoquais. Je criais presque. Mais parmi ces gémissements si forts, il y avait une bonne part de jouissance. Une jouissance honteuse. Mais une jouissance si puissante, que je n’aurais pas voulu qu’elle arrête. Je ne songeais plus à rien d’autre que mon plaisir teinté de souffrance. Je n’avais jamais remarqué la parfaite complémentarité entre les mots de jouissance et de souffrance. Je crois que ce moment précis en est la parfaite synthèse. Fred bloquait le plug au plus profond de mes chairs distendues. Elle l’empêchait de ressortir tout en se faisant du bien de sa main libre. De temps à autres, sa main venait s’abattre sur mon cul, une petite tape pour la petite salope qui gémissait grâce à elle. Vint un moment où la jouissance céda sa place à la douleur : j’avais connu un orgasme différent des autres mais Fred ne pouvait le savoir et achevait ce qu’elle avait entrepris. Le visage bloqué contre le matelas, j’ai commencé à sentir les larmes me monter aux yeux alors que ma compagne crachait son orgasme dans un gémissement audible de la pièce voisine.
Abandonnant la pression qu’elle exerçait sur le plug, je parvenais à me libérer de son étreinte en l’expulsant, mes jambes tremblaient, je me sentais vidée. Clic métallique, mes mains glissèrent du dos sur le drap et je dus réunir mes forces pour reprendre mes appuis et relever mon buste pour enfin m’allonger normalement. J’ôtai les deux pinces qui regardaient le plafond l’une après l’autre tandis que Fred venait se s’asseoir à califourchon sur mon ventre. Apeurée, elle venait de croiser le regard humide que mon visage rosé et enserré devait accentuer. Immédiatement, elle m’aida à détacher le harnais pour enfin libérer du baillon boule mes lèvres sensibilisées et ma mâchoire endolorie. « Ça va ? » me demanda-t-elle plusieurs fois d’une voix à chaque reprise plus tremblante. Reprenant mon souffle et mes esprits, je lui répétai doucement un oui. Elle flippait. Elle s’excusait. Elle ne savait pas. Elle était désolée. Elle ne pouvait pas savoir. Elle ne devait pas être désolée. La tendresse qu’elle me témoignait en ces instants me touche énormément encore maintenant. Maternelle, elle caressait mon visage tout en m’embrassant. Après avoir libéré mes chevilles, je me suis recroquevillée contre elle. Me suis collée à son corps allongé. Le visage au creux de son cou. J’ai eu des mots très tendres pour elle. Je ne sais plus exactement. A moins que mon inconscient ne veuille pas que je les retranscrive ici. Alors que je la rassurais, elle promenait sur mes mamelons douloureux ses doigts humectés par ses lèvres. C’est à ce moment que je lui ai demandé de rester avec moi cette nuit.
Elle me proposa d’aller chercher du lait. J’hésitai à l’autoriser pour finalement le faire. Elle enleva son bustier et me piqua le tee-shirt qui trainait sur un cintre hors de la penderie. Quand elle revint, je lui ai demandé si Florence était toujours à côté. Elle a incliné la tête en guise de réponse. Je buvais mon verre assise sur le lit pendant qu’elle me montra les clichés des dernières œuvres étudiées.
Nous n’avons pas veillé beaucoup plus tard. Juste partagé un moment entre amies. Des amies certes intimement proches. Frédérique nettoyant d’un baiser langoureux la petite moustache de lait située au-dessus de ma lèvre supérieure. Des amies qui dorment dans le même lit. Qui dorment nues dans le même lit. Des amies qui avant de s’endormir se livre à des attouchements… amicaux ?
Ce matin, pendant que Frédérique se préparait dans la salle de bains, j’ai affronté Florence qui après s’être contenté de silences pesants, m’avait lancé un « comment fait-on maintenant pour le loyer, on le partage en trois ? » auquel je réagis calmement mais fermement. « Sois gentille. Quand tu ramènes tes mecs à la maison, je ne dis rien. Et pourtant, ça en fait une kyrielle depuis qu’on habite ici, non ? Alors s’il te plait, sois indulgente. Je n’ai pas l’intention d’abuser de ta patience. Vraiment. ».
Une sorte de trêve fut conclue pendant que mon amante se douchait. J’aurais aimé la rejoindre. Ce matin, j’avais envie d’elle. Mais il fallait être raisonnable. Et pourtant, ce soir, je le regrette. Même si je la vois demain soir. Même si ma vie ne se limite pas à elle. Mais j’ai envie. Et lorsque j’ai envie de quelque chose, je ne suis pas toujours très sage. Je garde un doux souvenir de cet instant matinal où nous sommes enlacées pour nous dire au-revoir. Elle ne pouvait pas m’attendre et devait partir avant moi. Ceci étant, cela nous a permis de nous embrasser et de nous caresser mieux que nous l’aurions pu en pleine rue …
tags : emmanuelle

















