JULIEN – episode 08
Quatre mois toujours… et pourtant !
Le lendemain matin, ma vie connut donc un bouleversement de taille. Isabelle m’envoyait au bureau tributaire de son pouvoir : après avoir partagé sa nuit avec un homme dormant en chemise de nuit satinée, Isabelle m’avait désigné ma tenue sans bouger du lit. Un slip brésilien mi-satin blanc, mi-dentelle noires assorti au porte-jarretelles dont le serre-taille prenait mon ventre, le comprimait sans merci mais sans violence, les jambes gainées de bas blanc ; Isabelle me regarda revêtir mon costume en me rassurant. “Tout se passera bien, ne t’en fais pas…” et elle avait tout fait pour m’aider en choisissant des bas opaques dont j’aurais pu croire qu’il s’agissait de chaussettes si je ne sentais pas les jarretelles les soutenir. “Prends garde avec ta chemise”, Isabelle avait raison, je n’étais pas encore habitué à ces frous-frous en dentelles qui volaient en bordure du slip et du porte-jarretelles.
Au cours de la journée, j’appréhendai concrètement les changements qu’occasionnait mon obéissance. Aux toilettes tout d’abord, l’accès aux urinoirs me devenait difficile et la crainte qu’une porte au verrou cassé soit poussée alors que j’ai les fesses posées sur la cuvette. De plus, alors que le geste habituel ne posait aucun problème, lorsqu’en pleine réunion je m’absentais pour me soulager, je ne revenais pas dans le même état d’esprit où je l’avais quittée. Plus énervant encore, l’irritation provoquée par l’élastique du porte-jarretelles ou les jarretelles qui lâchent sans crier gare vous obligeant à retourner chercher un dossier sur votre bureau.
J’avais également l’habitude de me changer entre deux rendez-vous importants comme ce fut le cas ce jour là, abandonnée l’usuel changement au parking souterrain et obligatoire devint de me changer en fermant la porte de mon bureau. Usante cette sensation de chaleur qui parcourt les jambes poilues sous les bas : j’en vins même à penser que sans ces poils ce serait plus simple. Mais c’est hors de question… Le plus difficile, est sans doute d’entendre parler vos amis, associés ou partenaires d’une certaine image de la femme, de la sexualité, que sais-je encore. Même lorsque je léchais le latex de ma tendre amie la veille, je pouvais reprendre une attitude normale donc idiote face à ce type de conversation. C’est beaucoup moins aisé lorsque les culottes qu’aime tant votre interlocuteur se trouvent sous votre pantalon.
Isabelle avait raison. Lorsque je suis rentré, j’étais fatigué d’une manière autre que celle quotidiennement fréquentée. Je pris une douche et, bizarrement, je fus heureux de me glisser de nouveau sous le satin et la dentelle. Libre d’assembler une cuisine surgelée et de mettre en place une jolie table en attendant Isabelle. Elle arriva cool, en jean et chemisier, radieuse. Elle s’assit et me demanda mes impressions. Elle rigola lorsque je lui évoquai mes problèmes de bas et de conscience. “Tu vois, moi, à l’inverse de toi, j’étais libre comme l’air. Imagines-tu que je n’ai pas porté une seule seconde une culotte aujourd’hui ?” ; Isabelle avait si peu l’habitude de m’arranguer de la sorte que l’effet me dopa. “Et maintenant ?” lui demandais-je. “Je n’allais rien changé pour toi voyons…” répondit-elle. “Si tu es sage, tu m’aideras à mettre la robe que tu aimes tant” ajouta même Isabelle. Cette robe, vous l’aviez compris, c’était celle de la veille. Celle qui après qu’elle l’ait ôtée, avait laissé un corps radieux de sueur et une amie pleine du désir… de se laver. “Je te ferai lécher chaque goutte un autre jour” m’avait-elle même dit afin que je n’aie pas envie de lutter contre le sommeil, la chemise de nuit ne me gênant visiblement pas. “Il faudrait que je t’achète des chaussures” me lança-t-elle pendant que je lui servais son dîner. Mais elle ne me laissa pas le temps de lui faire répéter qu’elle me demanda un verre de vin. Je revins avec la bouteille en main, en tenue de soumis, nu avec mes dessous, bas à même le parquet. Nous glissâmes devant la télévision, sur le canapé en cuir pour déguster une coupe de glace. Avant de s’asseoir, Isabelle retira son jean, me plaçant ses fesses nues sous le nez l’espace d’un instant. Elle s’assit en tailleur, exhibant son sexe à la petite lucarne magique. “Ce que j’aime maintenant par rapport à avant, c’est que je vois immédiatement lorsque tu as une idée derrière la tête” dit-elle ; avec cette petite phrase, Isabelle ruina mon érection naissante. Elle adorait ça. Me contraindre au souvenir. Me contraindre à l’excitation puis à la sagesse voire à l’humiliation. Assis de profil, je la regardais jouer avec sa cuillère sur le décolleté libéré par un chemisier débraillé. Elle fixait l’écran tout en parlant : “ça fait trop longtemps que tu n’as invité personne ici…” ; l’ustensile glissa sur le tissu et plongea entre ses cuisses avant de remonter à la surface presque immédiatement. “Tu veux un peu de la mienne ?” : j’acceptai la glace de sa coupe qu’elle me servit du bout de sa cuillère. Elle recommença à glisser le long du pubis, le métal froid devait effleurer la plus intime de ses chairs : “Demain tu appelleras Lionel et tu l’inviteras, avec sa femme bien sûr, le soir de leur choix”. Je répondis oui comme hypnotisé. Le lendemain, je me souvins de mon accord et de la situation piégeuse dans laquelle je m’étais engagée. Si j’avais dis non, elle m’aurait sans doute obligé à le faire et je n’aurais peut-être pas connu une suite de soirée aussi tranquille et agréable. Isabelle ne glissa certes pas ses formes au sein d’une peau de latex mais m’autorisa à me masturber après lui avoir massé les pieds. Elle allongea ses jambes sur mes cuisses et, tout en jouant au voyeur à l’égard de son sexe, caressa ses orteils, sa plante, ses chevilles durant plusieurs minutes. Lorsqu’elle fut satisfaite, Isabelle me demanda d’ôter mon slip tout en le gardant en main. Je repris place et elle remit ses jambes en place, je m’apprêtais à reprendre le massage lorsqu’elle déclara que c’était son tour. Elle éveilla mon sexe en malaxant mon bas-ventre avec un talon, sans prendre garde s’il s’agissait de ma queue ou de mes couilles. Puis lorsque mon sexe fut ravivé après un exercice qui l’avait laissé froid, Isabelle entreprit de le coincer entre ses pieds et de me masturber ainsi. Rapidement, et la durée de ma sagesse n’y est pas pour rien, je fus prêt à jouir mais Isabelle stoppa son action désordonnée mais efficace. “Tu te souviens lorsque je t’ai surpris la première fois ?” ; je m’en souvenais parfaitement : la culotte sur le visage, c’est ainsi qu’Isabelle me voulait pour que j’accède à la jouissance. En reprenant doucement son mouvement, pendant que je basculais instinctivement la tête en arrière en prenant soin d’appliquer le slip sur mon appendice nasal, Isabelle m’interrogea sur ce que je sentais. Oui, l’odeur me plaisir. Oui, l’odeur était différente de la sienne. Oui, j’adorais être dirigé ainsi. Oui, j’aimais qu’elle m’humilie en me faisant laper une fois et une seule le satin en lui montrant bien le mouvement de ma langue. Oui, elle me permit d’éjaculer entre ses pieds que je dus essuyer ensuite avant de me mettre en tenue pour dormir.
Cela faisait une semaine que je m’habituais progressivement aux nouveautés qui avaient fait irruption dans ma vie. Sept matins où j’avais revêtu une tenue différente sous mes vêtements masculins : le week-end avait succédé au premier jour de féminité permanente avec son lot de culottes et de porte-jarretelles. Samedi, ma tendre amie m’entraîna en quête de sous-vêtements pour sa propre personne. Elle n’arrêtait pas de me demander mon avis, d’homme, et surtout de consommateur. Isabelle n’hésitait pas à parler fort et cela m’a perturbé jusqu’à ce que nous soyons à l’abri. Dimanche, Isabelle me laissa tranquille durant le déjeuner avec ma mère : “tu n’es pas encore prêt à tout accepter” m’a-t-elle glissé à l’oreille provoquant ainsi un frisson de crainte jouissive. Me retrouver seul dimanche soir fut plus difficile : sans sa présence, je me sentais ridicule en enfilant ma chemise de nuit. Le cycle se poursuivit jusqu’au mercredi soir où Isabelle se montra un peu plus exigeante.
Trois soirs qu’elle me laissait en tête à tête avec mes doutes s’amplifiant d’heures en heures lorsque je suis seul quand elle n’hésita pas à émettre une nouvelle requête. Alors qu’elle me douchait comme son garçonnet, après avoir lissé mon pubis, elle me demanda de placer mes mains sur la nuque. “Je ne veux plus de poils là…” dit-elle en pointant du rasoir mes aisselles. Instinctivement, je l’ai empêchée de poursuivre en maintenant les coudes contre le torse, elle essayait mais n’arrivait pas à lever le bras gauche. Elle s’énerva. “Comment vais-je faire pour le sport ?” lui dis-je : je ne m’imaginais pas aller avec mes associés à notre club après un changement aussi impossible à masquer. “Tu te débrouilleras… tu assumeras ! Nous irons ensemble, tu n’auras pas honte avec moi n’est-ce pas ?” dit-elle plus doucement. Je ne répondis pas. Isabelle eut alors une réaction dont je ne la croyais pas possible : la tendre amie si cérébrale jusqu’alors empoigna mes couilles de sa main libre et serra si fort que je ne pus rester stoïque. En courbant l’échine, je l’entendis me demander : “qui commande ? qui ?”. J’assouplis ma position et plaçai mes mains à la base de mon crâne. Isabelle libéra mes bourses mais ne m’octroya pas un mot de réconfort.
Débarrassé des longs poils, Isabelle me sécha et me somma de la suivre à côté : dans la chambre, je m’agenouillai sur son ordre et l’ai écoutée. “Je t’ai déjà demandé ta confiance. Tu me l’as donnée. Alors pourquoi ce cirque ? Pour une chose insignifiante… Je n’ai pas d’autre choix que de t’apprendre ton vrai rôle : tu dois obéir maintenant, pas discuter ! Tu peux suggérer mais non te rebeller ! Tu as quelque chose à dire ?” ; je ne pouvais rien répondre. Je me sentais piégé car éperdument épris d’Isabelle et de ses exigences. Elle ramassa le porte-jarretelles que j’avais posé sur le lit avant de l’accompagner à la douche et m’ordonna : “Les mains sur la tête !”. J’entendis un sifflement derrière moi et une fulgurante douleur s’abattit immédiatement sur mes reins. Je perçus un nouveau son et la coupure frappa mes fesses. De nouveau visés, mes globes fessiers entamèrent une rapide combustion : les jarretelles aux dures extrémités s’abattirent plusieurs fois avant que je ne puisse plus garder la pose. Abasourdi et endolori, je posai les mains au sol : à quatre pattes, la punition continuait, les élastiques guidés par la main sèche d’Isabelle qui m’incitait à reprendre la pose. “Je n’arrêterai pas tant que tu ne l’auras pas reprise” : effectivement, une fois chose faite, la correction cessa, me laissant seul à mon humiliation, seul face à la douleur de mes fesses en feu. J’entendis les ressorts du matelas, Isabelle s’était assise derrière moi pour contempler. Ou pour méditer ? Je sentais qu’elle aurait voulu me faire connaître cette facette du jeu d’une autre manière. Cette méthode eut eu moins le mérite de me remettre bien les idées en place et de m’offrir une jolie sensibilité sur la zone des fesses pendant deux jours durant lesquels Isabelle me contraignit au port de culottes serrées qui accentuèrent un peu plus la douleur.
Vint le dîner auquel Isabelle avait convié un de mes plus anciens amis accompagné de son épouse. Détail, cet ami avait étant son amant, mieux, un amour de jeunesse. J’ai redouté à l’avance cette soirée qui allait se dérouler chez moi ; je tremblais de peur que mes invités s’attardent dans la chambre sur le trajet des toilettes. Quand ils arrivèrent, Isabelle fit exprès de déposer leurs affaires sur le lit et ne manqua pas de faire remarquer ma présence derrière les fourneaux. “Quelle chance” dit Hanne, “Je le dresse” répondit Isabelle souriante en prenant le bras de sa consoeur pour mieux faire glisser la plaisanterie. Je les entendais divaguer sur mes maigres talents de cuisinier lorsque mon ami me rejoint pour évoquer le travail. Mais Isabelle l’appela immédiatement pour l’apéritif. Elle se comporta ainsi toute la soirée : elle riait avec mes amis mais me coupait du monde. J’avais cuisiné, j’avais servi, je débarrassais et effectuais la vaisselle vêtu de mon tablier blanc sur mon pantalon. Hanne avait quitté la table à deux reprises pour aller chercher une cigarette dans son sac et Lionel s’absenta un moment pour aller aux toilettes. Je savais qu’il avait remarqué les dessous qui séchaient au-dessus de la baignoire. Je savais qu’il n’était fort heureusement pas allé plus loin que les apparences. Il n’y avait pas dans son regard cette étincelle qui brillait dans celui de ma femme de ménage. Elle avait eu tout le loisir de s’étonner de la commode en mon absence et peut-être même de vérifier la taille de ces dessous qu’Isabelle avait eu tant de mal à dénicher. Ce trouble engendré par la peur des autres, c’était un des objectifs de mon éminente amie. “Si tout était normal, ce ne serait plus drôle…” me disait-elle souvent. “Tu n’as pas trop chaud avec ce pull” me lança Hanne en fin de soirée lorsque la détente mutait en fatigue. La douceur de l’appartement ne justifiait pas en effet un pull aussi fin soit-il. “C’est confortable, et puis je couve quelque chose en ce moment…” répondis-je. Isabelle sourit et reprit sa conversation. Je couvais bien quelque chose : Isabelle m’avait laissé un message sur mon répondeur afin que je me change dès mon arrivée. À la sienne, elle vérifia immédiatement que j’avais bien enfilé la douce mais oppressante brassière blanche en satin et dentelle. Isabelle trouva l’idée du pull judicieuse et ne porta aucun veto : “je ne vais tout de même pas t’afficher en soumis devant tes amis, pas maintenant !” avait-elle même ajouté d’un ton ironique avant d’émettre l’idée “qu’un plug serait de bon goût”. Chaussures noires, pull noir, pantalon noir, brassière, bas, porte-jarretelles et string blancs : voilà qu’elle fut mon uniforme jusqu’au départ de mes amis. J’avais eu du mal à accepter le jeu mais une fois la seconde moitié de la soirée atteinte, je compris que je pouvais me détendre malgré les conditions. Isabelle en était la plus parfaite illustration.
Ce qui amusait Isabelle — et m’excitait également — était souvent la nouveauté : ainsi m’avait-elle prévenu que nous irions à la piscine le lendemain. Outre l’extrême exiguïté d’une cabine publique où je dus me dévêtir comme l’aurait fait la plus coquette des femmes, Isabelle m’avait acheté pour l’occasion un slip de bain extrêmement échancré qui, fort heureusement, parvenait à dissimuler les boules de geisha que je devais garder. Lorsque j’apparus après le passage aussi rituel que rapide sous la douche, Isabelle se jeta sur moi comme une méduse qui aurait éprouvé l’envie de vous embrasser. L’érection qui se discerna au contact de ce corps vêtu d’un simple bikini provoqua chez moi une gêne terrible. Nous traversâmes le bassin, non à la nage, mais sur le rebord. “J’ai envie que tout le monde sache que tu m’aimes et que tu te rases pour moi” me glissa à l’oreille Isabelle. Je n’avais pas prêté attention tant j’étais désormais habitué aux coupes des slips féminins mais celle de mon maillot laissait le doute planer quant à l’existence de ma pilosité. Ces anecdotes m’ont marqué à jamais et constituent de véritables sommets dans notre relation qui, bien que quotidienne, ne perdit pas de son intensité. Quels sont ceux qui ont eu le plaisir d’attendre plus de deux semaines avant d’enfiler un body sous le regard de leur mentor ? Quels sont ceux qui se sont réveillés et endormis avec sous leurs yeux ce vénérable accessoire de mode durant dix-huit jours ? Vous n’imaginez pas ce que je ressentais en voyant cette lingerie étalée au grand jour mais dont je n’étais pas maître. Des minutes entières à se demander ce que votre amie vous désignera le lendemain, des heures entières à espérer connaître ce que vous ne connaissez pas encore, des moments uniques à repenser au port des tenues déjà connues et quotidiennement côtoyées, choyées, admirées. Des semaines entières à m’interroger sur le contenu du paquet cadeau… Isabelle faisait naître en moi une esthétique féminine : je pensais comme une femme dont un homme aurait eu le contrôle. La banalité routinière avait été bouleversée par la féerie quotidienne de ma soumission. Aujourd’hui, je peux affirmer que cela me permit d’aimer entendre Isabelle prononcer ce terme. Elle ne m’avait pas rabaissé comme je le pensais aux moments troubles, elle m’avait élevé à un rang où peu sont élus. Isabelle ne m’avait pas obligé mais aiguillé. Et plus je progressais, plus elle évoluait.
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