JULIEN – episode 18
Treize mois, 7 jours.
Dès le lendemain matin, Isabelle confirma sa décision de me priver de mon sexe. Après une première nuit difficile, où après une longue recherche du sommeil, la moindre érection m’avait éveillé en provoquant gémissements et appréhensions, je dus me résigner à comprendre.
Depuis ce jour, jouir me devint impossible puisque bander constitua une véritable torture. Physique au début : sentir le métal retreindre la chair provoque une certaine douleur. Psychique ensuite : je redoutais l’érection, l’appréhendais tant la honte qu’elle entrainait me submergeait.
Isabelle savait déjà jouer avec cette gêne. Dès les premiers instants !
Depuis ce jour, je dis au revoir à énormément de choses concrètes et abstraites : fini les culottes de femelle, terminé le travail du stretcher, une envie à satisfaire ? J’appris à oublier le métal et à le nettoyer ensuite. Une envie pressante ? L’érection corrigée me contraignait à m’asseoir sur le siège comme une femelle. Des détails… toujours des détails qui font la différence.
La toilette du matin ? Sous surveillance métallique… parfois même supervisée par ma maîtresse qui me nettoyait elle-même le gland pour que je n’en profite pas ! Ce fut terrible… puis terriblement efficace.
Après quelques jours de ce régime, je découvris une nouvelle servilité, une nouvelle docilité. J’obéissais pour espérer jouir bientôt. Elle m’avait fixé une semaine de chasteté. Lorsqu’elle fut accomplie, elle me libéra après le dîner, dans les toilettes du cinéma, pendant le film. Mon sexe libre, elle supervisa ma masturbation, se moquant de mon assiduité. Je me laissai allé pendant qu’elle me dictait une nouvelle période de privation qui durerait le double de temps, pire, à peine avais-je pris conscience du plaisir, elle renferma mon sexe, me contraignant à une toilette difficile et reportée à notre retour. Terrible…
C’est à cette période qu’Isabelle se mit en quête d’une femme de ménage. Pas n’importe laquelle. Elle dispensa son offre au sein des universités et autres mensuels gratuits pour étudiants. Si bien qu’un jour, ou plutôt un soir, j’appris qu’une jeune femme possédant les clefs de l’appartement avait passé plusieurs heures à briquer et repasser. Ce qui devait lui paraître troublant, c’est la raison qui poussait Isabelle à rechercher une aide : l’appartement qu’elle trouva ce jour là était impeccable. Mais elle avait su s’occuper non sans laisser un mot à ma maîtresse que six heures par semaine lui semblaient de trop. Isabelle répliqua en s’arrangeant pour qu’elle ait suffisamment de travail « pour qu’elle ne s’ennuie pas » et certainement pas assez « pour qu’elle puisse fouiner ». Ainsi, je perdis la charge du repassage. Mieux, systématiquement la veille de sa venue qui intervenait le lundi et le jeudi, Isabelle me faisait laver une lingerie que je ne portais plus. Isabelle me sevrait du doux contact de cette lingerie de soumis mais m’en faisait supporter la charge morale. C’était extrêmement troublant d’imaginer la jeune femme en train de repasser des assemblages d’étoffe à la taille mannequin en alternance avec d’autres effets totalement différents ! Pour en accentuer le contraste, Isabelle eut même rapidement l’idée redoutable de réserver une après-midi exclusivement consacrée au repassage de toute notre garde-robe commune. La pauvre fille y passa un si long moment qu’il est impossible qu’elle n’ait pas consulté les étiquettes. L’étonnement qui devait s’emparer d’elle devait trouver un écho à ma présentation le soir même : Isabelle me fit rentrer plus tôt pour qu’elle me croise. Isabelle me présenta comme son co-locataire, terme flatteur et sans équivoque. Elle devait avoir compris.
Trois semaines après la pose de la cage, Isabelle me redonna le goût de la jouissance. Deux jouissances en trois semaines… un record. Après un bain tendrement partagé, elle me libéra puis me sécha. Me couvrit même de la tendresse d’un teddy en satin avant de m’entraîner au salon. Là, elle me fit m’agenouiller dos face à la table basse aux pieds en chêne auxquels mes chevilles finirent par être fixées au moyen d’une corde en coton. Se moquant de mes genoux disjoints et de l’inconfort de la position, elle fit coïncider mes poignets et mes chevilles afin de les lier. Le torse légèrement en arrière, elle accomplit alors de m’étouffer sous les mouvements frénétiques de son bassin : j’honorais son sexe, elle se faisait pressante. Elle partit s’exhiber non loin : d’un doigt, elle balança sur l’écran du téléviseur une cassette qu’elle avait préparée. Une cassette de nos jeux. Elle était confortablement lovée au creux du canapé, je tenais avec difficulté la position tant elle s’avérait exigeante. En tendant la jambe, son pied atteignait mon sexe qu’elle caressa de cette manière un temps infini. « Pitié Madame… » fus-je obligé de prononcer tant je ne supportais plus le bondage savamment infligé. « Silence » répliqua-t-elle. Habituellement, la pitié était notre signal. Là, Isabelle me déstabilisa en poursuivant. Elle quitta le canapé, changeant de méthode : il n’était plus question de pied, c’était sa main qui masturbait ma queue à travers le satin du teddy. Avec vigueur, elle provoqua ma jouissance. J’éjaculai au creux du satin. Là naissait tout le stratagème d’Isabelle. Ce teddy, elle allait me le faire porter le reste de la journée. Une journée de contrainte : immobilisé la plupart du temps, à ses pieds, sur un fauteuil, au lit, dans un bain glacé, cordes, chaines… et jouissances. Le soir, j’étais exténué, les couilles vidées, le teddy souillé. Tout ça pour que notre bonne puisse le laver le lendemain. Seulement le teddy au linge sale. Magique Isabelle…
Peu après, j’appris lors d’une discussion avec Isabelle qu’Isabelle l’avait mise au courant de sa trouvaille infaillible. Je me sentis humilié de ne pas l’avoir su, de m’être comporté avec Isabelle, de l’avoir vue en ignorant qu’elle portait sur moi un regard amusé. J’en étais également terriblement excité car le jeu débordait. Le jeu me débordait. Isabelle ne me consultait plus pour tout, et mon avis était parfois contredit. Ainsi, à mon insu et contre mon opinion, Isabelle fit venir chez elle une de ses amies : depuis une semaine, je trainais un mauvais rhume mais refusais de consulter. Il faut bien avouer que depuis les signes ostensibles de notre relation, j’évitais savamment le corps médical. Pourtant, donc, Isabelle demanda à Anne de se déplacer. J’étais couché, nu, recouvert par la couette, la robe de chambre satinée accrochée en tête du lit quand j’entendis la porte s’ouvrir. Je n’eus le temps de réagir qu’Isabelle avait guidé son invitée jusqu’à moi. Je colmatais à moitié mais fis tout mon possible pour me réveiller et veiller aux risques. Anne officia : recherche de ganglions, examen des voies aériennes… Classique. Isabelle glissa un « c’est peut-être intestinal » qui produisit son effet : elle m’aida à m’allonger, se chargea elle-même d’abaisser la couette si bas que j’ai craint de voir pointer l’arc métallique. En palpant mon abdomen, Anne ne pouvait pas ne pas remarquer l’arrêt subit de la pilosité au profit d’une partie supérieure du pubis parfaitement lisse. J’en bandais. Du moins mentalement : physiquement, la cage me limitait à une lutte perdue d’avance contre le métal. Isabelle m’assassina d’un « y’a moyen de faire disparaître ça » à l’attention de Anne à laquelle elle montrait les vergetures recouvrant le biceps du bras gauche. Elle avait fait si vite, si naturellement que je me retrouvai impuissant devant l’attristant spectacle : en déclarant à son amie qu’elle m’avait mis au régime, elle lui montrait également une aisselle parfaitement épilée… Ce n’était que le début de petites parties dont elle ne me prévenait jamais à l’avance.
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