JULIEN – introduction

Deux semaines avant…

Tout est arrivé si bêtement…si simplement. Un soir. À cause d’une pulsion incontrôlée. La moiteur de cette salle de bains où j’attendais que l’eau atteigne le rebord est-elle à l’origine de tout ? J’ai toujours aimé cette pièce : elle recèle nombre de secrets, révèle tant de choses. C’est ce goût qui a plongé mes mains au coeur de la panière de linge sale de la jeune femme absente. Ces étoffes multiples avaient quelque chose de sensuel. Leurs parfums combinés ou leur odeur propre ? Une se fit remarquer plus que d’autres. Je l’ai même portée à mon visage. Le contact avec mon nez était superbe : mon appendice reniflait la culotte de mon amie. Lorsqu’elle pénétra sans prévenir dans la pièce comme nous le faisons souvent, je m’astiquais par terre, ridiculement assis à genoux, la culotte sur le visage, la main fortement pressante pour ne rien manquer. Je ne m’aperçus pas immédiatement de sa présence en raison du bruit d’eau, et, c’est sans doute ce qui a accentué ma honte de l’entendre m’invectiver. Elle m’attendait lorsque je suis ressorti de la pièce, maladroitement habillé, la bouche pleine d’excuses et du goût amer de ce que j’avais léché. Elle ne voulut même pas m’écouter et me pria de m’en aller. Départ peu concluant, en tous points de vue.

Je lui ai laissé une journée de silence avant de la joindre pour se fixer un rendez-vous. Je devais m’expliquer. Elle m’a reçu chez elle, droite comme un I, le cul vissé à la chaise opposée à mon côté de table. Ce qui m’a pris ? Je n’en savais rien. Pas plus qu’elle. Si notre relation devait s’en trouver modifier ? J’espérais bien que non. On décida de faire comme si rien n’était arrivé. Mais je sais que nous avons tous deux gardé en tête une image bien précise de l’autre. Et la mienne se teintait d’un ridicule insupportable. Mais elle ne me fit le fit pas sentir durant les soirées que nous passâmes par la suite. Pourtant, un soir classique devint une épreuve. Durant une conversation téléphonique professionnelle de l’appartement, Isabelle se permit de fouiner, par vengeance. Elle débusqua une revue fétichiste qu’elle lisait lorsque je réapparus. Je ne dis pas un mot. « Tu aimes ça ? » Je poursuivis ma ligne de défense. Elle replaça le magazine au fond du tiroir et changea de sujet.


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