BENEDICTE – 08 : la séparation
Un geôlier qui s’amusait de sa prisonnière. Un geôlier qui perfectionnait son savoir et sa pratique au fil des mois. Ana prenait ça très au sérieux.
C’est d’ailleurs parce que j’en avais un peu marre que nous nous sommes perdues de vue pendant plusieurs mois. On ne se voyait plus que pour jouer et être sans arrêt humiliée ne m’amusait pas. Pourtant, et c’est ce qui m’a rongée un bon moment, ces périodes troubles ont fini par me manquer. Un manque presque maladif. Aussi, lorsque j’ai revu Ana, après que ce soit moi qui l’ai appelée, je n’ai pas vraiment tardé à me jeter entre ses griffes.
Durant cette nuit brûlante, elle décida de me punir. Le martinet auquel je n’avais pas goûté depuis si longtemps transforma mes fesses en une forme ronde et rouge. Déchaînée, Ana ne m’accorda grâce qu’après maintes supplications. Elle accepta de ne plus jouer du martinet après que j’eusse longuement honoré ses pieds de ma langue tandis qu’elle se languissait sur la cuvette des toilettes, puis, et c’est ce qui a sauvé mon cul, que ma langue ne lui serve de papier toilette. Ses lèvres étaient humides d’excitation et d’urine : je devais tout accepter et la remercier de la confiance qu’elle me témoignait.
Le lendemain matin, tout recommença. Notre séparation n’était qu’un souvenir lointain. Je redevins son esclave. “Je décide, tu exécutes” était sa nouvelle devise. Dès que j’émettais un doute, elle me la ressortait. Dès que je rechignais à faire quelque chose, elle me menaçait de me punir. Mes lèvres intimes ont retrouvé leur douceur enfantine dès ce matin là.
Je me souviens qu’elle m’a étonnée en rasant la touffe qu’elle aimait colorer par le passé. Ce qui m’a moins étonnée, c’est la menace qu’elle a proféré “je vais te faire subir bien pire”.
Ce n’était pas une menace, c’était une prophétie si j’ose dire. Dans les premiers jours, rien de bien nouveau n’est intervenu. Je retrouvais mes marques, même si je regrettais toujours un peu de ne plus la dominer de temps à autres. Mais un soir, une nuit plutôt, bien arrosée et excitante, je me suis vue la regarder m’apposer un tatouage temporaire sur le pubis. Vous savez, un de ces tatouages que l’on met pour une soirée ou pour s’amuser. Ana, elle, ne me le mettait pas pour ça. Très fière de sa trouvaille, elle m’a caché le résultat jusqu’à ce que je ne puisse rien y faire, rien faire d’autre que de l’accepter.
Sur mon pubis, 4 lettres noires ressortaient, 4 lettres bâton, sobres, grasses, mal alignées. 4 lettres superposées verticalement, du début de mon pubis jusqu’à ma fente impudique. 4 lettres : P, U, T, E. “Voilà, j’ai décidé que tu serais ma pute, et je veux qu’on le sache” avertit Ana à mon esprit troublé. “Maintenant, tu te débrouilles comme tu veux, je veux que tu te fasses baiser par mon père. Ne m’interromps pas ! Je te donne l’ordre d’être sa maîtresse, je veux qu’il te paye, et je veux que ce soit sans équivoque.”
Le lendemain, au réveil, Ana était plus sérieuse et déterminée. À la question que toute fille aurait posé, elle me répondit “que ça ne me regardait pas”. Le soir même, elle s’arrangeait pour que je me retrouve en tête à tête avec son père.
“Tu devras lui raconter que ton père t’a coupé les vivres et que tu ne sais plus quoi faire pour vivre” m’avait indiqué Ana pour que je joue la paumée de luxe auprès de son imbécile de père. J’ignore comment il a pu me croire tant mes paroles sonnaient fausses. À moins qu’il s’en moquait, voyant là, l’occasion de se retaper un cul de 20 ans, événement rare dans sa vie bien installée.
C’est après m’avoir donné quatre billets de cinq cent francs, et trois de deux cent, qu’il m’a confié que je le rembourserais plus tard, c’était juste avant qu’Ana n’arrive.
Sorties, elle s’avouait ravie de la manière dont les choses prenaient forme. J’ignorais encore ce qu’elle cherchait à faire, mais je le faisais. “Est-ce qu’il t’a embrassée ?”. Je lui répondis un “non” bien réel. “La prochaine fois, il le fera”.
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