BENEDICTE – 09 : le piège

En pleine semaine, Jacques a téléphoné. Il voulait passer. C’est la première fois qu’il venait chez moi. J’ai aussitôt appelé Ana qui m’a indiqué quoi mettre. Le body en vinyl qu’elle m’avait offert un peu avant notre séparation. Un body avec des fermetures éclair partout où il faut. Un body dans lequel je ressemble à une blonde vulgaire. “Mets du rouge comme une pute, je veux que tu lui barbouilles sa bite” m’avait cruellement stipulé Ana. J’ai obéi. J’ai glissé mes pieds dans les escarpins aux talons vertigineux qu’elle aimait me voir porter de temps à autres, spécialement pendant qu’elle me faisait l’amour. Elle aimait m’y attacher les poignets pour mieux me torturer le clitoris.
Mais en cette fin d’après-midi, ce n’était pas Ana mais son père qui me torturait. Il le faisait si mal que je fermais les yeux de honte. Je savais qu’il avait lu, qu’il pouvait encore la lire, et qu’il lirait encore les quatre lettres qui dominaient mon intimité. Une intimité que Jacques aimait prendre de trois doigts joints et pressants. Jamais il ne m’avait prise ainsi par le passé. Pour lui, je crois que tout était clair. Il me payait. Il me baisait. Et il n’y avait aucune limite.

J’ai senti dès son arrivée qu’il ne me respectait pas. “Je viens me rembourser” m’avait-il dit en plaisantant… au fond, il ne plaisantait pas. Si cette volonté d’en avoir pour son argent n’occupait pas son esprit, jamais il n’aurait pris un malin plaisir à me casser les fesses avec une telle sauvagerie. Après avoir joui entre mes fesses, il m’a presque obligée à sucer son sexe protégé par une fine épaisseur de latex… souillé par son travail acharné.

Finalement, le sentiment de honte que j’ai éprouvé sur l’instant, je ne l’ai pas conservé très longtemps à l’esprit. La présence d’Ana le soir même contribua beaucoup à ma rémission. Le terme est un peu fort. Mais le lendemain matin je ne me sentais pas mal, plutôt comme d’habitude, détendue et excitée. Intriguée aussi, intriguée par la grosse enveloppe qu’Ana m’avait donnée la veille, une enveloppe dans laquelle je trouverais les “instructions et même plus au cas où il veut te baiser une autre fois”.

Je ne devais l’ouvrir qu’au dernier moment. J’ai triché en l’ouvrant après l’appel de Jacques. Il voulait passer le soir même. J’ai annulé Ana, sans lui dire que je savais, mais je crois qu’elle s’en doutait, ma voix était peut être différente. J’avais du mal à contenir l’appréhension qui s’était emparée de moi. Malgré cette appréhension, je suis parvenue à revêtir les trésors que renfermait l’enveloppe : un soutien-gorge découpé pour laisser les mamelons libres et une culotte ouverte sur mes lèvres. L’ensemble était en latex, un latex noir, brûlant, brillant. Ana en avait pris soin avant de me le confier. Elle y avait adjoint une carte : “accueille le simplement vêtue avec ces dessous. Ils t’iront à merveille. Je veux que tu l’amènes à te baiser menottée”.

Ana n’avait pas joint de clefs. Je m’inquiétais. Je ne savais pas comment faire. De toute façon lorsque Jacques est arrivé, je n’ai plus eu le temps de me poser la question. Une fois rentré chez moi, il s’est empressé de m’embrasser puis, fasciné, s’est concentré sur les zones laissées libres par le latex. Mordiller mes tétons le rendait fou d’excitation. J’ai atterri sur la table du salon sans qu’il daigne retirer les doigts glissés en moi. Entre deux baisers, il m’égratignait de phrases telles que “tu es vraiment une sacrée salope” ou “je ne sais pas ce que tu cherches mais tu vas t’en prendre plein le cul”. De temps à autres, j’avais droit à un diminutif à un qualificatif du genre “chienne” ou “petite pute”. Au début cela m’amusait plutôt. Puis, au fur et à mesure que le geste rejoignait la parole, ça devenait moins simple…

Dès le début il avait pris des libertés ouvertement vulgaires. En prenant la bouteille de bière entamée qui trônait à mes côtes sur la table, il avait déjà franchi une limite. Je n’étais plus une partenaire qu’il respectait, j’étais une pute qu’il baisait et qui se devait de jouer à ce qu’il voulait. Il voulait faire glisser le goulot entre mes lèvres. Il le faisait. Il voulait faire glisser le haut de la bouteille en moi. Il le faisait. Il voulait l’orienter de manière à ce que la bière coule en moi. Il le faisait. Il voulait la faire entrer et sortir de ma chatte. Il le faisait. Et j’y prenais plaisir, même lorsqu’il me traitait de “petite pute”.

Après avoir joui entre mes cuisses, il m’a fait descendre de la table pour que je m’occupe à genoux de lui redonner “envie de m’occuper de ce cul de gamine” qu’il désirait tant. Il a voulu déverser le sperme du préservatif sur mes seins, j’ai refusé en le jetant directement par terre avant de me jeter sur son sexe pour lui changer les idées. Les quadragénaires ont une certaine vigueur que n’ont pas les hommes de mon âge. Rapidement, Jacques redevint avide de chair fraîche et reprit l’initiative de notre rapport. Sa main se faisait de nouveau pressante sur l’arrière de mon crâne pendant que j’aspirais son sexe réveillé. Soudain, il m’a tirée par les cheveux pour m’entraîner jusqu’au canapé où, la tête dans le tissu, je devins sa monture sans n’avoir rien à dire. Le slip en latex baissé à mi-cuisses, il s’est lancé dans une sodomie des plus vigoureuses et des moins délicates. Mes cris n’exprimaient pas vraiment un plaisir sain… plutôt un plaisir teinté de douleur. “C’est tes voisins qui doivent être ravis” commenta Jacques avant de relancer la machine après un trop court ralentissement. C’est alors qu’il a essayé de minimiser mes manifestations sonores en appliquant avec fermeté sa main sur ma bouche. Dans son sprint final pour la jouissance, il me faisait mal tant sa main pressait fortement mes lèvres.

Il y eut ensuite un temps mort. Affalés sur le canapé, nous reprenions tous les deux notre souffle sans dire un mot. Allongé sur moi, Jacques ne rompit le silence que pour exprimer son goût pour mon slip en latex. Juste après, il m’a demandé de me lever et de le remettre en place sous ses yeux. Il voulait observer mes “lèvres d’amour” brillamment mises en valeur par le latex noir. Ce fut ensuite au tour de mes fesses d’être admirées. Jacques se laissa aller à exprimer le fond de sa pensée “tu as vraiment des fesses faites pour être fessées”.
Je me souviens l’avoir regardé de longues secondes par dessus mon épaule droite. Je crois qu’il a interprété ça comme de la défiance alors que je ne faisais que regarder son visage en me souvenant de ce que m’avait raconté sa fille au début de notre relation. Jacques avait une passion pour la fessée dont témoignaient ses ouvrages dissimulés dans son bureau. Les premiers émois de sa fille… et un nouveau pas franchi vers un schéma des plus pervers.

Il m’a montré ses genoux pour me montrer le chemin. Je devais m’en servir comme d’un autel. L’autel de ma punition. Je me suis retrouvée dans cette humiliante position, les mains contre le sol, sur la pointe des pieds, à califourchon sur les cuisses de Jacques. J’ai senti qu’il m’enlevait mon slip. Il a écouté le latex bruisser jusqu’à m’en libérer totalement. Je pensais qu’il commencerait par une petite gifle, je me demandais même sur quelle fesse. Quelle ne fut pas ma surprise quand la douleur m’envahit aussi fortement que le claquement remplit la pièce. Sa main puissante et large avait claqué mon cul si puissamment que j’ai manqué de glisser par terre. La deuxième fut à peine moins appuyée. Cette fois-ci, je me suis exprimée en criant un “aiiiiiiiiie” de petite fille. J’ai senti son sexe se durcir : la troisième claque vint de côté, privilégiant la fesse droite. Après avoir martyrisé mon cul avec ce préambule musclé, il m’a démontré sa grande science de la fessée en variant les angles, les rythmes et les positions de la main pour faire durer la cuisante leçon. Moins de puissance, plus de répétition, c’était son secret pour rendre la fessée redoutable après ce démarrage en trombe. Je ne sentais plus mes fesses. Ou plutôt, je ne les sentais que lorsque sa main venait s’abattre dessus.

Lorsque je me suis relevée, il me décrivit mon cul comme un “fruit bien mûr” mais avouant un regret de ne m’avoir pas fait pleurnicher. Il ne pouvait pas savoir que sa fille fessait bien aussi durement que lui… Je l’ai défié d’un “y arriverais-tu si je t’accordais une seconde chance”. J’ai posé mes conditions en lui sortant la paire de menottes qu’Ana voulait me voir utiliser avec son père. “Tu vas le regretter Béné” m’a prévenue Jacques en jetant à terre la pile de magazines posés sur la table basse du salon. En me mettant les bras dans le dos puis en les relevant, il m’a forcée à m’agenouiller devant la table. Ensuite, sa main m’a guidée de manière à ce que mon opulente poitrine vienne essuyer la table basse. Bientôt ce fut au tour de mon menton d’embrasser la surface lisse et froide. J’ai immédiatement senti et entendu les menottes se refermer sur mes poignets. Serrées avec fermeté, elles n’allaient pas tarder à me faire sentir leur morsure. Mais je n’y pensais déjà plus lorsque Jacques m’a enfourchée, comme si il chevauchait un cheval à l’envers, le regard vers l’arrière. Bien sûr, il ne s’est pas assis de tout son poids sur moi, non, juste assez pour que je sente à quel point il dominait mon corps, juste suffisamment pour que m’évader ou même me relever me soit impossible.

Ses fesses reposaient sur mes omoplates, mes bras étaient immobilisés et là commença la vraie punition que je n’avais jamais envisagée. Une main flattait mes reins, sans doute pour mieux l’aider à se pencher, une position confortable pour permettre à son bras disponible de venir abattre sa puissance sur mes fesses nues. Lorsque sa main claquait mon cul, je ressentais les vibrations de mon corps contre la table. Quand ses doigts s’abattaient sur mes fesses, je ne pouvais pas contrôler ma voix. Très rapidement, je l’ai supplié d’arrêter. Il en jouait. Il me demandait ce que je serais prête à faire pour qu’il s’arrête. À chaque fois que je proposais quelque chose, il prétendait que cela ne suffisait pas et recommençait à me marteler le cul. Rien ne pouvait le priver de son plaisir : ni la promesse d’une pipe en pleine rue, ni le choix de me sortir dans la tenue de son choix, pas même l’éventualité de me baiser autant de fois qu’il le souhaitait dans une même journée. “Tout ça, tu le feras pour peu que je le demande et que je te paye” conclut cruellement Jacques.

Il m’avait piquée au cœur tout en martyrisant mon cul. Quand j’ai entendu le cuir de sa ceinture glisser de son pantalon, j’ai essayé de le raisonner, puis, de le supplier. Le morceau de cuir s’est abattu sur mes fesses : un cri a envahi la pièce. Je reprenais mon souffle quand ma fesse droite me fit crier de nouveau. Le bras de Jacques devait prendre de l’élan pour me soutirer de telles réactions ! J’avais beau essayé de me débattre, je ne pouvais rien faire pour me tirer de ce pétrin. La troisième morsure m’a prise de plein fouet. Je crois que j’ai crié si fort que Jacques a décidé à cet instant précis de me faire taire.

J’ai alors découvert une sensation nouvelle : Jacques a tout bonnement pris le slip en latex, l’a roulé en boule et l’a inséré dans ma bouche sans que je puisse m’y opposer. J’ai tout tenté pour l’expulser, il n’y avait rien à faire. Non seulement les cris suivants n’avaient plus leur force passée (bien que cela m’excitait d’entendre leur faiblesse, leur étouffement), mais en plus, je ne me pouvais m’empêcher de saliver dix fois plus qu’à l’accoutumée.

Je crois vraiment que c’est cette impuissance générale qui m’a déstabilisée. Sans elle, je crois que je n’aurais pas eu les larmes aux yeux. Sans elle, et sans la douleur des salves de ceinture, je n’aurais jamais commencé à pleurnicher.
Jacques avait gagné : je ne maîtrisais plus mes émotions. Il les dominait. Il avait transformé mon cul pour les quatre ou cinq jours à venir. Je ne sentais plus qu’une chaleur intense. La chaleur qui accompagnait un rougissement de premier choix. Une douleur qui m’a encore étreinte lorsque Jacques a abandonné la ceinture pour se placer derrière moi. Une douleur qui s’accentuait à chaque fois que sa queue démesurée par le plaisir venait glisser en moi. C’est la première fois que je sentais son sexe en moi. Je veux dire, la première fois que je la sentais sans capote. Il s’en moquait, et, je l’avoue, moi aussi sur l’instant.

J’avais la bouche grande ouverte. Les lèvres distendues. J’avais la bouche pleine. Les plaintes de plaisir ne l’ont pas fait m’attendre. Il a joui. Sans m’attendre. Il a joui en moi. Puis il m’a relevée, comme un paquet. Je me sentais brisée, épuisée. Je me suis affalée sur le canapé. Il m’a libérée de mon bâillon et a commencé à se rhabiller. Je n’ai plus dit un mot jusqu’à ce qu’il me demande où étaient les clefs des menottes. Je lui ai répondu que je me libérerais moi-même et que je préférais être seule. Je m’attendais à de la compassion. Je rêvais. Il s’en moquait pas mal.

Sa réponse ? Un simple geste. Un geste simple et humiliant : deux billets de cinq cent francs pliés entre mes fesses rouges. Pas un mot. Pas un regard. Il est parti et je suis restée priant qu’Ana viendrait ce soir là. Espérant qu’elle serait contente de moi.


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