BENEDICTE – 10 : le dessert
Mes fesses se souvenaient encore de la correction une semaine après. Quant à moi, j’avais beaucoup de mal à effacer ces moments de mon esprit. Qu’il s’agisse de la fessée ou de mon regard sur mon comportement, vestimentaire ou sexuel, mes sentiments se troublaient. Je ne me voilais pas la face : Jacques me payait comme une pute. Et la réaction d’Ana, plutôt détachée, ne m’aidait pas. Je l’avais attendue des heures les bras menottés dans le dos. Elle ne m’avait pas vraiment réconfortée. Plutôt narguée, dominée. “Je suis à peu près certaine que tu as aimé ça”. Elle avait raison. Mais quand même…
Les soirs suivants, elle s’est de nouveau comportée avec moi de manière… aimante. Quand elle est comme ça, elle est adorable, irrésistible. Aussi, quand elle a convié une de ses amis à une dînette informelle chez moi, je ne pensais pas à mal. Pourtant, alors que je me délectais d’un joint première catégorie, j’ai vu mon amie embrasser une autre fille. Ça m’a fait drôle, vraiment très drôle. Je ne savais presque rien de cette fille. Aurélie. Un prénom, un visage. Rien de plus. Pas d’historique, pas d’avenir. Pourtant, je n’ai pas fait d’histoire.
Je les ai regardées enfouir leur langue mutuellement dans la bouche de l’autre. Goulues, en me lançant un regard de temps à autres. Aurélie m’a tendu la main. Je me suis approchée. Et là, Ana m’a clouée sur place “voilà ton dessert ma chérie”. J’étais le dessert. Aurélie savait comment tout cela allait se finir. “Montre à Aurélie comme tes seins sont jolis” plaisanta Ana. Comme je ne faisais rien, son ton changea. Elle ne plaisantait plus. Elle ordonnait. Alors, j’ai déboutonné la robe légère de manière à dévoiler ma poitrine généreuse. Comme d’habitude Ana avait choisi ma lingerie ce jour là et, ce soir là, je portais sous ma robe un magnifique balconnet en satin blanc de chez Cacharel. “J’ai dit : montre lui tes seins” répéta Ana. J’allais entreprendre de dégrafer le soutien-gorge quand elle me gifla sans retenue. Je me suis levée pour me rebeller, elle s’est levée à son tour. Aurélie nous regardait avec fascination. “Quoi ? Il faut qu’elle te paye pour voir ton cul et tes seins ?” m’asséna Ana d’un profond coup de griffe. Alors que je restais bouche bée, elle a plongé ses mains dans les bonnets en satin pour en extraire mes globes mammaires par dessus l’étoffe, comme des fruits sur un étalage.
“J’ai toujours adoré les gros seins” dit Aurélie en s’approchant pour les caresser. Je n’aimais pas sentir ses mains parcourir mes formes rebondies. Je cherchais à me raccrocher aux yeux d’Ana mais ceux-ci exprimaient une dureté intimidante. “Maintenant, montre lui ton cul” m’intima-t-elle. Pour réaliser son souhait, je devais déboutonner tout le devant de la robe, l’enlever puis baisser la culotte en satin en harmonie avec le haut. Mais alors que je glissais mes doigts sur mes hanches pour ôter cette culotte distinguée, Ana m’a arrêtée en prenant mon poignet droit. “Tu l’enlèveras quand je te le dirais” dit elle avant de se glisser entre le satin et la peau pour tirer ma culotte vers le haut. J’ai senti entre mes fesses le sérieux avec lequel Ana prenait soin d’écarter vulgairement mes fesses en y faisant s’introduire le satin. “Hummm” laissa échapper Aurélie avant de continuer par “je suis verte, regarde, elle a des hanches aussi large que les miennes mais regarde ce cul… qu’est-ce que j’aimerais avoir un aussi beau cul. Il est bien ferme, séparé avec une symétrie parfaite, des lignes harmonieuses. C’est vraiment trop injuste” conclut celle que je connaissais à peine.
Ana m’a demandé de me retourner. J’ai alors fait face aux deux jeunes femmes sans pouvoir soutenir un seul regard. Je regardais mes chaussures disparues sous ma robe jonchant le sol. J’ai cru que ma compagne allait glisser sa main dans ma culotte mais je me trompais : elle l’a simplement saisie au sommet pour la tirer vers le haut afin de tendre l’étoffe au maximum. J’ai ensuite senti deux doigts dessiner le contour de mes lèvres. Quand Aurélie s’exprima de nouveau, j’ai su qu’elle regardait mes lèvres percer le satiné blanc. “Mais je t’en prie. Je te l’ai dit, c’est ton dessert, et un dessert, ça se regarde, ça s’apprécie et ça se déguste” répondit Ana à son amie. Elle n’a pas attendu plus longtemps pour venir glisser un doigt sur le satin. J’ai senti l’extrémité descendre, suivre le sillon qui sépare timidement mes lèvres charnues. Elle s’est agenouillée. Son visage se trouvait tout près de mon sexe. “Son parfum est saturé de désir” a-t-elle pensé à haute voix. Je crois qu’elle s’est servi du pouce pour faire pénétrer le satin un peu plus en moi. À la délicatesse de ses gestes, j’ai compris qu’elle savait ce qu’elle faisait. Avec une précision extrême, elle parvint à m’arracher un soupir après deux ou trois voyages seulement.
Un doigt… Un itinéraire… Un soupir… Elle n’avait presque rien fait. Mais l’effleurement si bien mené m’emmenait très loin. J’ai voulu discrètement éloigner mes longues jambes l’une de l’autre, Ana l’a immédiatement vu et m’a sanctionnée de sa voix autoritaire. “Mets plutôt tes mains sur la tête” : j’ai obéi et ai plus encore exhibé mes seins ridiculement étalés par dessus le soutien-gorge. “Ce que tu as amené, c’est dans ton sac ?” demanda Ana à celle qui jouait sur le satin à l’aide de ses ongles longs. Elle a répondu un “oui” qui entraîna Ana hors de la pièce un court instant. Je ne pouvais pas la voir revenir, je lui tournais le dos. J’ai senti sa présence et son souffle. Elle a déposé un baiser sur mon épaule puis m’a chuchoté à l’oreille de lui donner mes poignets. Mes bras sont donc descendus puis repartis vers le dos. Ana a empoigné mes extrémités pour les mener contre mes reins. Je ne connaissais pas la morsure de la corde. Pour tout dire, je n’ai pas été surprise. Cela ressemblait au reste. Mais la suite allait moins y ressembler…
Lorsqu’Ana eut achevé de cerner chaque poignet individuellement, elle les a reliés de sorte que joints, il me devenait impossible de me libérer. “À toi de jouer chère amie” déclara Ana pour passer la main à Aurélie qui, en se relevant, eut ces quelques mots assassins “tu avais raison, elle mouille beaucoup”. Cette parfaite inconnue était jusqu’alors le témoin privilégié de mon état. C’est vrai. Je mouillais terriblement depuis que le satin flirtait avec mes lèvres. C’est vrai. Je suis une femme qui me montre très prolifique dans ce domaine. C’est vrai. Et l’entendre dire n’est pas forcément si facile. Je savais parfaitement que le slip était humide. Je sentais bien le satin coller à mes chairs. J’imaginais qu’à chaque caresse, le doigt d’Aurélie se chargeait d’un parfum et d’une moiteur enivrante.
Aurélie s’est placée derrière moi. Elle a immédiatement resserré les liens en expliquant à Ana son erreur. Ensuite, elle a ceint ma taille d’une double épaisseur de corde en serrant si fort que j’étais contrainte de faire le ventre plat. “Maintenant qu’elle retient son souffle, tu tires encore un peu, comme ça, t’es sûre que la corde ne glissera pas” commenta Aurélie en tirant sur la corde. Elle avait raison, même si j’avais voulu mouvoir mes poignets, la ceinture de coton n’aurait pas bougé d’un pouce. Aurélie a ensuite remis en place ma culotte sur mon cul “pour que la corde soit bien en place”. J’ai compris ce qu’elle voulait dire lorsque j’ai senti ces deux extrémités voisines en coton s’insinuer entre mes fesses.
Aurélie est revenue devant moi sans m’adresser un regard, trop occupée à récupérer le lien pour le faire remonter entre mes cuisses. Lorsqu’elle l’a glissé entre mon ventre et les cordes qui me ceinturaient, je n’ai pas pu m’empêcher de resserrer les cuisses tant j’appréhendais — et espérais — ce qui allait suivre. “Là, à partir du moment où ta corde est comme ça, tu peux commencer à la tendre, comme tu veux, tu peux choisir de lui offrir une longue caresse ou une morsure prolongée”.
La corde a commencé par se faire plus pressante entre mes fesses, puis, lorsqu’elle n’avait plus où aller, ce sont mes lèvres qui ont subi sa présence. Subir est le verbe approprié. Ana a demandé à Aurélie “un profond baiser plutôt qu’une morsure” ce à quoi elle s’est appliquée en tendant la corde progressivement. Le satin ne pouvait pas me protéger. Il me collait, et même, participait au piège : la corde glissait entre mes grandes lèvres en emmenant le satin avec elle, le satin pressait à son tour mes lèvres pour suivre le pénétrant mouvement.
Quand elle eut jugé satisfaisante “l’allure” de mon “abricot”, Aurélie a immobilisé les deux siamois de coton avec un nœud bien serré. Je sentais mes grandes lèvres disjointes. Je savais que les deux liens accolés donnaient un spectacle des plus excitants. Et je contemplais avec le regard de l’impuissance le siège du coton contre mes petites lèvres. J’étais prise au piège et cela m’excitait terriblement. “Demande-lui de marcher” suggéra Aurélie à ma compagne. “Allez” m’ordonna Ana d’un mouvement de la tête. Je ne saurais décrire ce que j’ai ressenti en faisant ces quelques pas. La corde me mordait tout en me bénissant d’un plaisir discret. C’était surréaliste. Je savais ma démarche troublante. Me regarder me déhancher devait être un plaisir. “Regarde, elle roule du cul comme un trav’” répéta en riant Aurélie. Un rire fort. Sans retenue. Sans prendre soin de moi. Et lorsqu’elle s’occupait de moi, c’était rarement désintéressé. “Viens ici” me lança-t-elle même avant d’embrasser Ana, ma tendre amie, mon amour de femme. Elle a pris possession de ma bouche comme de la sienne, en maintenant fermement mon menton. Au début, j’ai eu une retenue. Puis je me suis livrée. Et bien sûr, dès l’instant où elle avait gagné la partie, elle s’est retirée pour marquer encore un peu plus sa force. “Essaie ça” me dit-elle en me réduisant au silence grâce à un bâillon boule que j’ai à peine eu le temps de voir. “Je ne voyais pas la boule aussi grosse” commenta Ana tout en appuyant dessus pour vérifier si je pouvais l’enlever. C’était impossible. Je n’avais plus aucune liberté de parole. Mes mâchoires étaient privées de leur liberté de mouvement.
“Je vais te faire dégouliner” m’a prévenue Aurélie en me fixant droit dans les yeux. Elle était si près que je sentais son souffle sur mon visage. “Tu vas passer une très, très longue soirée” a ajouté Ana en glissant sa main sous le pull d’Aurélie. J’ai assisté à un effeuillage en règle, sans avoir la force de détourner mon regard. J’avoue. J’étais excitée de voir ma compagne être entraînée par une autre femme. Assez banale, Aurélie compensait par des formes très généreuses et un visage envoûtant. Son pull dissimulait un serre-taille en cuir du plus bel effet que j’aurais aimé caresser. Ana se débattait au milieu d’une paire de seins encore plus lourde et volumineux que les miens.
Je les ai suivies jusqu’à mon lit. Contrainte et forcée par la main de ma compagne dominant mon chignon. Aurélie m’a jetée sur le lit, en arrière, j’ai eu le réflexe d’essayer de me retenir mais je ne le pouvais pas. Elles ont ri puis ont recommencé à m’immobiliser.
La corde a mordu mes cuisses puis mes mollets. Allongée sur le dos, je me retrouvais les cuisses liées aux mollets, les deux parties de mes membres inférieurs se touchaient sans être en mesure de se séparer. Rien n’était en mesure de me soulager ou de me protéger. J’avais les cuisses grandes ouvertes. Je sentais la corde presser plus encore ma chair la plus intime. Ana est venue y poser sa tête pendant qu’Aurélie en venait aux choses sérieuses. Je ne voyais rien. J’entendais. Et cela était amplement suffisant pour accentuer mon excitation.
La nuque d’Ana épousait la forme de mon entrejambe. L’arrière de son crâne se servait de mon pubis lisse comme d’un oreiller. Le satin et la corde ne me protégeaient pas vraiment. Ils aggravaient mon cas. J’avais envie de sentir Ana sur ma peau. J’étais frustrée. Excitée. Je sentais ses mains caresser mes genoux, prendre appui sur mes cuisses quand Aurélie baisait et aspirait ses petites lèvres. “À ton tour maintenant” : c’était la voix d’Aurélie qui a fait le choix de me faire face pour venir s’occuper de mes seins sans défense. Je savais et devinais ce qu’Ana lui faisait. Cette manière si particulière qu’elle a de glisser sa langue en toi et de la faire rentrer et sortir tout doucement. Aurélie, elle, prenait un malin plaisir à mordre mes tétons et à les tirer. Elle aimait m’entendre réagir. Là, généralement, elle me léchait avant de recommencer en ouvrant et refermant ses dents plusieurs fois à la suite.
Lorsqu’elle s’est lassée, elle m’a relevée, toute seule, de sorte que mes genoux plongent dans le matelas. Le buste droit, les seins gonflés par le désir, Aurélie a sorti son joker. Des pinces. Pas des pinces à linge. Non, de vraies pinces comme j’en avais vu dans les catalogues. “On les appelle les japonix, tu vas aimer” m’a-t-elle annoncée en les refermant à la base des tétons. Je me sentais terriblement femme et terriblement vulnérable. Lorsqu’elle a tiré dessus afin de voir si elles ne risquaient pas de s’enlever, j’ai fermé les yeux. Victime d’une douleur. Mais coupable d’un certain plaisir. Assise, attachée, immobilisée, bâillonnée, pincée, je regardais Ana jouer avec mon gode préféré. Ses lèvres roses me tendaient les bras mais je n’y avais pas droit. C’est Aurélie qui allait en profiter en choisissant des poses où je n’allais rien manquer du spectacle impudique auxquelles se livrèrent les deux amies.
Au fil des minutes, j’ai découvert toute l’anatomie d’Aurélie sans pouvoir soulager le désir qui bouillonnait en moi. La position dans laquelle je me trouvais me procurait une douleur qui devenait de plus en plus importante. Mes jambes me faisaient mal bien avant qu’Ana ne me mette sous le nez le gode gorgé de son odeur. Je me sentais mal. Et au fil des minutes, de plus en plus gênée. Dans ces cas là, un rien suffit. Un rien me suffit. Peut-être suis la seule dans ce cas. Mais en tous cas, de voir et sentir ma salive couler le long de ma poitrine ne me remplissait pas de fierté. “Je te l’avais bien dit que tu dégoulinerais” déclara triomphante la souriante Aurélie en passant la main entre mes cuisses. “Tu dégoulines de partout” ajouta la cruelle amante de mon amour de femme.
Je ne sentais plus mes tétons. Lorsqu’elle a enlevé les pinces, j’ai gémi de douleur. Chacune de leurs caresses me faisait réagir. Chaque fois que l’une d’elles prenait mon téton en main, je ne pouvais m’empêcher de gémir de douleur. Puis la douleur a disparu. J’aurais aimé la liberté retrouvée. Il n’en était pas question. Vraiment pas.
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