PERVERSION – episode 02

Un mois s’était écoulé quand elle remit le sujet sur la table. Jusqu’alors, elle avait omis de parler de leur aventure lors de rencontres qui, constatons le, s’étaient éparpillées au fil d’un calendrier démentiel.
Quand la miss fait comprendre ouvertement à l’homme qu’elle avait envie de recommencer, celui-ci prêcha le diable. “J’ai bien réfléchi. Je t’assure” lui répéta-t-elle à deux reprises.
Ils s’étaient quittés en convenant qu’il l’appellerait le samedi suivant à 14 heures pour lui indiquer la marche à suivre. A la demi, il n’avait toujours pas appelé. Elle craqua. “Tu en as vraiment très envie…” constata-t-il pour mieux la faire frémir. “C’est d’accord. Je t’attends. Viens. Mais je veux que tu fasses le chemin complètement nue sous ton manteau”. Il sentit son hésitation. “Tu voulais jouer. Hé bien, tu joues là. Mais attention. N’espère pas me faire infléchir ma position. Tu viens comme ça, ou tu ne viens pas.”
Elle sortit de l’appartement avec son fardeau sur les épaules. Elle avait la peur. Nue sous un manteau juste au-dessus du genou, en plein mois de février, en plein Paris, un samedi. Elle marcha cinq minutes dans la rue avant de retrouver sa voiture. Ce jour-là, il n’était pas question de déboutonner le manteau pour conduire ! Elle marcha plus longtemps encore pour rejoindre l’appartement de son compagnon de jeu après avoir péniblement trouvé où stationner son véhicule.
La porte d’entrée refermée, il la somma sèchement de se débarrasser. Elle se retrouva nue devant lui, lui montrant ses fesses avant de montrer le reste. Il la précéda et lui indiqua de le suivre jusqu’à son bureau.
Elle découvrit le contenu d’un placard où était entreposée quantité de trésors excitant la curiosité de la jeune femme. Il la reconduit à l’extérieur en lui ordonnant de rester debout là où il l’avait menée. Il disparut puis revint en lui tendant une paire de bas résilles après avoir ceint sa taille d’un porte-jarretelles aussi banal que noir. Puis il lui donna un soutien gorge noir assorti, aussi défraîchi que le porte-jarretelles. Il était trop petit. Elle se sentait à l’étroit. Elle lui confia. “Arrête, ce n’est pas lui qui ne convient pas, ce sont tes mamelles qui sont trop grosses” dit-il d’un ton monocorde et sarcastique qui la paralysa sur place.
“Mets ça sur ton cul” : il lui jeta à ses pieds une mini-jupe en vinyle qu’elle enfila docilement sans même revendiquer une culotte. Moulée par cette matière brillante et bruissante, elle voyait parfaitement que la jupe s’arrêtait à mi-cuisses, ne parvenant pas même à dissimuler les jarretelles et les fixations associées.
La veste qu’elle venait d’enfiler se boutonnait mais laissait apparaître un décolleté ravageur relevé par l’aspect unique du vinyle : il lui laissa choisir entre deux paires de chaussures. Des souliers à hauts talons, des talons aiguilles. Elle choisit les premiers. Il lui tendit les seconds. La jeune femme se retrouva sur des talons aiguilles qui narguaient le sol de dix centimètres. Son équilibre était fragile et pourtant, il l’entraîna dehors. “Arrête de râler et enfile-le” dit-il alors qu’elle tardait à se diriger vers la porte. Une fois dehors, elle n’avait d’autre choix que de mettre le manteau en toile qui s’arrêtait juste aux genoux et qu’il avait pris soin de priver de boutons.
En le suivant vers la rue, elle noua la ceinture autour de sa taille. Ses seins recevaient de plein fouet la fraîcheur de février. Elle ne comprenait pas pourquoi ils prenaient sa voiture. Sa voiture à lui. Pour aller où ?
Elle n’allait nulle part. À trois arrêts de bus de son lieu de résidence, l’homme laissa la fille s’envoler, prête à être abattue en plein vol par le regard des prédateurs mâles. “Tu rentres à pieds… Tu as vu, c’est tout droit, mais avant de rentrer chez moi pour gagner le droit de reprendre tes affaires, tu vas m’acheter des capotes à la pharmacie qui se trouve au début de ma rue, voilà la somme exacte, au centime près. Je t’ai mis ça dans une boîte vide. Comme ça tu ne peux pas te tromper.
Abasourdie, elle se retrouvait conne à regarder la voiture s’éloigner.
Elle se mit immédiatement en marche avec cette délicieuse sensation de s’être faite piégée et humiliée. Elle avait la peur au ventre. Elle avait honte d’aller acheter des capotes en ayant l’air d’une pute. Elle avait compris le symbole de sa tenue. Elle redoutait tout autant de ne pas exécuter son ordre. Et n’avait envisagé qu’un court instant de fuir… fuir où ? Avec le peu d’argent qu’elle avait sur elle ? Sans ses papiers, sans ses clefs, sans sa voiture ? Vêtue comme la dernière des catins ?
Lui l’attendait près de la pharmacie. Il avait garé sa voiture devant en cachant le caméscope sur la lunette arrière de manière à filmer l’entrée et la sortie de la donzelle.
La sortie, il s’y trouvait. Son visage avait rosi. Sans doute la conséquence de la marche forcée à dos de talons aiguilles. Peut-être un peu par le trouble que lui inspirait de ressortir d’une pharmacie en ayant acheté l’outil d’une putain, habillée comme une putain, déposant sur la caisse la somme exacte comme une putain bien informée.
Elle ne s’attendait pas à le trouver là. Elle se sentait soulagée jusqu’à ce qu’il lui demande de lui montrer son achat. Devant extraire du sachet, la boîte fort reconnaissable, visible des passants comme de l’œil numérique. Et c’était bien l’objectif de son compagnon. Piéger l’épouse dont on ne verrait à l’écran que la tenue en vinyle maladroitement camouflée par un manteau entrebaîllé et dont la teinte faisait ressortir les résilles de jambes parfaitement cambrées et achevées par le vernis rouge de sublimes souliers.
De retour dans le bureau, elle pensait restituer les affaires prêtées et s’en aller. Quand elle sentit l’homme prendre possession de ses bras pour les attacher tendus dans son dos, elle su s’être à nouveau trompée.
Cette fois-ci, il noua bras, coudes et poignets puis immédiatement après fit revenir sur le buste la corde bien plus épaisse que la cordelette de la première séance. Les seins cernés de bas en haut par double cheminement de corde se nouant en leur milieu pour remonter sur la clavicule, elle se sentait de nouveau chavirée par cette phase qui précède le plaisir.
Pour l’empêcher de serrer les cuisses, l’homme piégea ses chevilles dans les bracelets en cuir d’une barre d’écartement d’une taille honorable, “assez longue pour faire écarter les cuisses à n’importe quelle salope”. Ces termes humiliants, la demoiselle n’y était pas encore habituée et chacun d’eux transperçait son amour propre.
Avant de se relever après avoir posé la barre, l’homme regarda sous la jupe tendue par les cuisses ouvertes de la victime. “Apparemment, ça te fait vraiment beaucoup d’effet”. Elle se sentait trempée. Ruisselante même. Et même si elle avait un peu honte de laisser cet homme contempler ses lèvres baveuses, elle ne pouvait rien y faire et devait reconnaître qu’il avait raison. Elle mouillait. Elle mouillait terriblement depuis le début de ces jeux où humiliation et frissons semblaient plaire à son esprit. Suffisamment pour qu’il commande le corps de se manifester par ces signes d’excitation délicatement relevés par le bourreau.
Parce que ses seins comprimés par les bonnets et pressés par la corde laissaient se dresser des “tétons arrogants”, elle vit l’homme se présenter devant elle avec un martinet dans la main gauche. Les lanières en latex ne la blesseraient pas. La douleur n’en serait même pas vive. Mais à cet instant elle l’ignorait. Et quand les lanières vinrent caresser pour la première fois son sein droit protégé par l’étoffe, elle n’eut qu’une timide réaction à peine audible.
“Dix caresses pour chaque mamelle”. Elle les encaissa sans broncher. La main ne prenait pas d’élan : l’homme fouettait le poignet pour projeter les lanières. “La prochaine fois, ce sera plus délicat pour toi ! Tu me supplieras d’arrêter… Là, c’était pour t’habituer, pour te faire connaître et t’interroger sur ce que je te réserve”.
Elle sentait la main provoquer la remontée de la jupe : elle le voyait faire glisser le manche en latex vers son sexe. Il le glissa en elle en une seule traite. Elle l’avala. Il le tourna. Le recula et l’enfonça de nouveau. Il joua avec ses lèvres. Il s’amusa à la faire gémir. Ses hanches larges suivaient le mouvement pour mieux accompagner le gode improvisé.
Le manche à peine ressorti de sa chatte pour la énième fois, l’homme lui présenta aux lèvres pour qu’elle le prenne en bouche. “Montre-moi comment tu suces un gode”. Il força sans trop avoir besoin d’insister le sanctuaire buccal et pratiqua de manière à ce que le goût de sa propre excitation envahisse sa bouche. Une bouche pleine de la chaleur et du parfum du latex. Quand elle penchait la tête en arrière pour lui échapper, il la suivait et lui imposait encore cette fellation contre-nature. Quand elle crut en avoir terminé, l’homme retourna à la source pour enduire le latex de liqueur destinée aux papilles de la jeune femme.
Il s’arrêta là. Frustrée, elle le regardait la libérer. Elle essaya de l’embrasser pour l’amadouer mais l’homme s’esquiva et lui retira la veste comme il l’avait décidé. Elle se retrouva aussi nue qu’à son arrivée. Terriblement excitée, il lui aurait demandé quoi que ce soit, je crois qu’elle l’aurait fait. La seule chose qu’il lui demanda, ce fut de rentrer chez elle.


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