PERVERSION – episode 04
Même si la jeune femme repensait souvent aux conditions de son rasage, craignant d’autre débordement qu’elle ne pourrait ni contrôler, ni pardonner, elle ne cessait néanmoins de fomenter d’autres projets, d’autres fantasmes.
Au détour d’un émail adressé à son amant de corde, elle se laissa même aller à lui demander de s’occuper de ses seins au cours d’une prochaine séance.
Cette séance approchait. Un dimanche comme un autre. Un dimanche où le mari brillait encore par son absence, lui qui, balourd, avait interprété l’action de son épouse comme une tocade destinée à raviver la flamme qui était sensée les unir.
Jamais il n’aurait pu imaginer que l’application qu’elle déployait pour rester lisse n’était nullement inspirée par ses beaux yeux. Le regard ténébreux auquel se destinait la douceur virginale devait la flatter quelques heures plus tard.
Quand il sonna à sa porte, elle n’en revint pas. Il se tenait là comme si de rien n’était. Elle frissonnait de le savoir ici. Il entra. Comme si de rien n’était. Après tout, l s’agissait pour tous d’un ami, rien de plus.
Elle et lui savaient que ce n’était plus vraiment le cas. Elle ôta sa robe de chambre satinée sur son ordre, lui dévoilant un corps nu encore humide de sa douche. Il la complimenta pour son pubis, elle lui avoua l’avoir lissé quelques minutes auparavant. “Tu dois le faire plus souvent” conclut-il quand elle évoqua les inesthétiques périodes de repousse. “Au moins tous les deux jours” insista-t-il en la suivant dans la chambre conjugale.
“J’ai toute la soirée, tu n’as pas envie de sortir avant d’aller chez toi” l’interrogea-t-elle en enfilant des bas destinés à rejoindre le porte-jarretelles qui ornait désormais sa taille. “Je n’ai pas envie d’y aller” répondit-il. Ses petits pieds se logèrent au creux d’escarpins défraîchis. Elle s’approcha de lui. “Je veux rester ici” réitéra-t-il. Elle prit possession de sa chevelure à l’aide de sa main et le força à l’embrasser. “J’ai envie de toi” dit-elle. “Pas comme ça” asséna-t-il à la pécheresse comme un avertissement. “Comme tu en as envie” soulignait-elle en se répondant de baisers dans son cou.
“Comme une vraie salope. Les vraies salopes commencent toutes à genoux”. Elle s’exécuta au pied du lit conjugal, accroupie comme une créature du diable, sortant le membre de son caleçon pour immédiatement le prendre en bouche. Goulûment. Profondément. Elle lui donnait vie tout en se caressant doucement, ouverte et écartée.
L’homme prenait possession de sa bouche en dirigeant le mouvement, en maintenant d’une main ferme la tête à la chevelure en bataille. Il l’empoigna et lui fit comprendre de se relever en l’attirant vers le haut. Les yeux et les lèvres de la jeune femme brillaient.
“Tu aimes vraiment ça” lança-t-il pour la déstabiliser. Cela n’eut aucun effet. Il la prit par la taille et la souleva dans les airs. Elle se retrouva le cul sur la commode qui occupait une large place dans la trop petite chambre maritale. Les cuisses légèrement ouvertes, elle attendait déjà que son amant ne vienne s’y glisser en le regardant ôter son manteau.
Il retira de la poche un morceau de corde beige comme la couleur qui ornait les murs de la pièce. L’homme empoigna les frêles poignets et les ramena en arrière. Elle se manifesta d’un petit “aie” auquel il s’habituait. Elle se plaignait souvent. “Douillette comme une petite fille” répétait-il souvent. Il emprisonna ses coudes après avoir basculé son buste en avant, mettant la jeune femme en position bien inconfortable. Il la releva pour la faire quitter le meuble.
Les talons à terre, elle fut retournée, faisant face au mur pendant que ses poignets goûtaient au prolongement de la corde qui se noua à leur niveau. Il caressa ses fesses lui faisant part de sa grande envie de prendre possession de son cul. Elle s’y préparait. Il n’en fit rien.
Préférant user d’un autre morceau de corde pour cerner sa taille et orner ses hanches d’un double passage redescendant entre ses fesses pour remonter sur le nombril en prenant soin de pénétrer légèrement à l’intérieur du sexe de la victime. Celle-ci sentait parfaitement les trois points où résidait la corde : entre ses lèvres, mais aussi de part en part de celles-ci, tout contre l’intérieur de la cuisse, assez tendue pour presser le sexe, resserrer les lèvres mieux préparées ainsi au travail du coton.
Elle lui fit face de nouveau. Un sourire inondait son visage. L’homme apprécia et se sentit encouragé dans son supplice. Plongeant dans l’autre poche du manteau jeté sur le lit, il en sortait un rouleau de ruban adhésif dont il découpa deux larges bandes qu’il n’appliqua pas immédiatement.
Il lui commanda de reprendre le travail de sa bouche experte. Elle s’agenouilla avec autant de difficulté que de précaution pour reprendre en bouche le sexe parfaitement éveillé de son amant. Brusquement, elle sentit sa bouche envahie par une salve brûlante et écœurante. L’homme lui empêcha physiquement de fuir en maintenant fermement sa tête en place. Quand elle réussit enfin à croiser son regard, l’homme dirigeait vers elle l’adhésif qu’il lui destinait depuis un bon moment.
Il passa plusieurs fois sa main sur la bouche et les joues de la promise jusqu’à l’apparition des lèvres sous l’adhésif médical. Il pouvait alors appliquer le deuxième morceau, plus long celui-ci, afin d’empêcher toute possibilité de libération anticipée à la prisonnière.
Prisonnière de son parfum. Prisonnière de son goût. Prisonnière de son emprise. Elle ne produisait plus que des paroles assourdies. Incompréhensible, il ne cherchait d’ailleurs pas à le faire quand il la releva pour emprisonner chevilles et genoux au moyen d’une corde serrée à son maximum. À chaque nœud, elle écarquillait les yeux comme au premier jour. Il adorait ça. Trouvant ce regard particulièrement sensuel.
Elle quitta le sol, soulevée par les bras puissants de son ami. Elle s’attendait à atterrir sur le lit, il la posa sur la commode sans prendre peine d’enlever les quelques bibelots. Une claque sur les fesses ne lui ferait pas de mal. Il lui donna un peu plus de place en virant les babioles encombrantes et inappropriées.
“Ça ne va pas” dit-il dubitatif en prenant la pose. “Tu as la moitié des jambes dans le vide” ajouta-t-il en souriant, prenant un morceau de corde. Elle eut beau gémir et se trémousser, rien ne l’aurait empêché de relier les chevilles aux poignets, entraînant la jeune femme sur un terrain particulièrement contraignant pour elle.
Il s’assit sur le lit pour la contempler : la tête haute, les bras joints et pliés, les mains crispées, les talons hauts perchés, les seins appuyés sur l’imitation bois de la commode.
Il la regardait plus encore quand après s’être lentement débattue, la jeune femme nécessitait de reprendre force et oxygène, abaissant sa chevelure et inclinant la tête, allongeant le buste en écrasant ses mamelles sur la surface plane que son pubis quittait le moment d’une courte ascension provoquée par l’obligation de soulager les bras d’un trop grand tiraillement.
“Tu es magnifique comme ça” dit-il avant de s’absenter pour revenir avec l’appareil photo de son mari. Il prit deux clichés : énervée et résignée. “Tu lui diras que je suis passé pour lui emprunter” déclara-t-il avant de le poser sur le lit. “Tu veux peut-être que je te soulage un peu ?” demanda le bourreau certain de connaître la réponse de la victime.
Il traînassait. Elle grommelait. L’interpellait sourdement. “Je n’arrive pas à enlever ce nœud, tu as des ciseaux quelque part ?” lui dit-il avec un large sourire et approchant son visage du sien. Elle fit les gros yeux et grommela encore. “Suis-je bête, tu ne peux pas répondre. Tant pis, je vais chercher tout seul” asséna-t-il narquois.
Quand il revint, la jeune femme n’en pouvait plus. Elle avait espéré son retour cinq grosses minutes, lui revint avec des ciseaux et un verre de soda. Il coupa la corde qui reliait les membres inférieurs aux membres supérieurs.
La jeune femme soupira, étendant ses jambes tout en s’allongeant exténuée. Elle récupérait. Il la laissait. Il savait combien cette position avait dû l’éprouver. Il s’occupa en fouillant dans les tiroirs de la commode.
Il referma le tiroir accompagnant le geste de sa puissante voix. “C’est bien triste tout ça…”
La paume glissa sur son biceps droit, la jeune femme devait suivre l’homme et se laisser relever. Une fois au sol, elle devait le suivre. Elle ne voulait pas avancer de peur de tomber. Au fond, elle trouvait ça ridicule constatant qu’un effort démesuré ne permettait d’avancer que de quelques centimètres. Mais quand ses doigts glissèrent entre son pubis et la corde qui pénétrait doublement ses lèvres pour l’attirer vers l’avant, elle se mit miraculeusement à abandonner toute résistance.
La minuscule buanderie était pourtant à deux pas de la chambre. L’éternité lui semblait s’écouler pour y arriver. “J’ai si chaud” pensait-elle en se déplaçant entravée comme jamais.
L’homme ferma les stores devant lesquels il lui fit signe de s’arrêter. Là, il libéra ses coudes et caressait ses seins durant de longues secondes. Le téton saillant, la taille qui ondule sous les caresses sont des signes qui ne trompent pas. Quand ce fut au tour des poignets d’être libre, elle chercha à caresser les jambes et le torse de l’homme qui se trouvait derrière elle mais qui bien vite changea de place.
Lui faisant face, les yeux plongés dans les siens, il profita des mains baladeuses de son amie pour empoigner fermement les poignets. Elle gémissait, le regardait, le commandait de la prendre. Elle oubliait son bâillon. Elle ne prêtait guère plus d’attention à la corde reprenant possession de ses poignets. Quand il monta sur le marchepied, elle le regarda s’élever à ses côtés et jeta un œil sur son objectif. Elle comprit en le voyant enrouler la corde autour de la canalisation du chauffage central.
Le tuyau traversait la pièce à deux mètres du sol. Il faisait faire deux tours à la corde puis quitta le marchepied en gardant le précieux sésame en mains. Leurs regards se croisèrent. Ses yeux se plissèrent. Les siens s’écarquillèrent. Rapidement, les bras ne furent plus levés mais tirés par le morceau qui courait autour de la canalisation.
Lorsque les bras furent tendus, plus encore que les jambes de la miss au visage pressé par ses avants bras, l’homme cessa l’ascension et noua le lien à une canalisation d’eau qui serpentait près du sol.
La miss avait les yeux fermés. Elle savourait. Elle imaginait. L’homme lui parlait. Elle partait dans ses rêves. Mais quand il rappela à la jeune femme la demande qu’elle avait formulée concernant ses seins, elle rouvrit les yeux immédiatement.
Il enleva une pince à linge inutile sur l’un des séchoirs et s’en servit comme d’une arme : il lui infligea la douce morsure non loin du mamelon gauche. Elle grimaça mais lui ne voyait que l’encouragement de ses yeux. Rien ne l’arrêta. Rien sauf la peur de manquer de pinces libres. Alors il s’arrêta pour le sein gauche. La jeune femme, elle, était comblée de sensations, elle ne savait plus sur quelle zone concentrer ses pensées.
8 pinces à linges ornaient son sein gauche. 8… le chiffre défilait en tête après qu’il les eut comptées à voix haute à chaque mise en place. La huitième fut la plus douloureuse, la plus délicieuse aussi : elle prenait le téton pour ne plus le lâcher.
Il en plaça deux de plus sur le sein droit. 10 pinces. “Parce que celui-ci est un plus gros que l’autre” plaisantait-il en infligeant la neuvième morsure qui plissait le sein au-dessus du mamelon.
“Maintenant, il ne reste plus à attendre que tu sèches” dit-il en riant. Elle crut à une de ces plaisanteries auxquelles elle avait fini par s’attacher. Quand il se servit d’une éponge gorgée d’eau pour répandre une douche glacée sur sa poitrine, elle comprit qu’il ne plaisantait pas.
L’eau coulait sur son ventre, par terre, s’insinuait entre la corde et ses chairs intimes. Lui, quitta la pièce après avoir monté le chauffage et refermé la porte. Elle demeura seule avec ses pensées comme lors de la première séance. Mais cette fois-ci, la contrainte était toute autre et la douleur naissait doucement mais sûrement.
Il revint rapidement. Quelques minutes à peine après l’avoir abandonnée. Elle ferma les yeux sous la vivacité du flash. Il troqua l’appareil pour les ciseaux et libéra les chevilles et les genoux de l’épouse encore désirable. En voulant couper la corde qui mordait le ventre, il régla son compte au porte-jarretelles. Il s’excusa. “Je t’en achèterai de bien plus beaux. De bien plus pervers aussi” lui susurra-t-il à l’oreille. Il embrassa sa nuque et la pénétra par derrière. Elle sentit enfin son amant glisser en elle. Son sexe affrontant le sien en duel.
Un combat égal ou presque puisque à chaque assaut, l’homme se servait de ses mains soit pour caresser ses lèvres, soit pour chatouiller son aisselle, soit pour enlever une pince en lui arrachant un soupir encore plus prononcé que les autres.
Quand il la quitta en début de soirée, les traces de corde et de pincement avaient disparu. Elle conservait néanmoins le souvenir d’un dimanche après-midi pas comme les autres.
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