PERVERSION – episode 05

Plus de quatre semaines s’écoulèrent sans que les deux malfaiteurs ne puissent se voir pour jouer. Leurs entrevues se limitaient à de chastes entrevues sous la surveillance d’un mari aveugle mais renforçant sa présence avant un déplacement à l’étranger.
Il s’absentait rarement aussi longtemps. Elle savait que le dominant chercherait à en abuser. La jeune femme n’avait rien contre. Bien au contraire. Elle songeait souvent aux surprises que lui réservait la suite de son ascension débordante de soumission. Elle y réfléchissait au volant de sa berline dévalant l’autoroute qui la ramenait à la capitale après avoir mené son époux à l’aéroport. Elle y pensait que l’écran digital de son portable se teinta en vert. Elle prit la ligne. C’était lui. L’autre. L’unique. À peine avait-elle répondu à la question du lieu qu’il lui ordonna de s’arrêter à la dernière station-service avant Paris.
Assise dans le noir depuis bientôt une heure, la jeune femme écrasait sa cinquième cigarette quand la voiture apparue dans le rétroviseur lui fit un appel de phares. Elle ouvrit sa porte pour le rejoindre mais son portable sonna.
Elle devait reprendre le volant et suivre ses ordres. Ils roulèrent un bon moment en convoi, lui surveillant les parages et décidant du lieu.
Les deux véhicules s’enfoncèrent dans un chemin forestier où prirent place les deux engins côte à côte. Elle quitta la chaleur de l’habitacle pour l’obscurité étonnamment douce pour une nuit printanière. Son cœur battait déjà la chamade. Elle commençait à trouver excitant de tromper son mari.
Ils se faisaient désormais face. L’un contre l’autre. Elle l’embrassa tendrement. Il répliqua avec vigueur, enserrant chacun de ses bras d’une main puissante et ferme. Il n’aimait pas quand elle l’embrassait comme une femme, les bras autour du cou. Il l’aimait quand elle recevait son baiser comme une victime. Sans en avoir le choix.
Il lui ordonna de quitter sa robe. Il la lança sur le siège du passager. Le soutien-gorge devait suivre. Les bretelles caressaient encore ses épaules qu’une main encercla le sein gauche afin de le palper, le soupeser, le malaxer comme une marchandise acquise. “Tu n’oublies rien ?”, elle lui confia sa culotte dont il aimait le parfum. Il huma l’odeur de son sexe et projeta le coton de la lingerie tiède à l’intérieur de sa voiture.
Sa main droite examina la dentelle des bas auto-fixants. Il hésitait. “Tu peux les garder, il ne fait pas si chaud après tout”. Malgré l’obscurité partielle due à la lumière des feux allumés, elle vit son sourire. Vous savez qu’elle ne peut y résister. Aussi, quand il l’entraîna vers un arbre inondé par la lumière artificielle, elle accepta. Son corps lui semblait encore plus nu qu’il ne l’était vraiment. La lumière blanche, la violence et l’intensité développées violaient sa pudeur.
L’homme se recula pour mieux l’admirer. Et aller chercher dans la voiture rouge du couple le masque que la jeune femme utilisait parfois pour faire une sieste éclair entre deux rendez-vous. Elle se sentait seule au milieu de la lumière, préférant montrer ses fesses que le recto. Elle l’entendit marcher vers elle. L’obscurité prit possession d’elle. L’élastique serrait sa tête, le masque la protégeait de la lumière. Isolée du monde, elle se laissait guider.
Quand elle sentit l’écorce d’un arbre effleurer sa peau, elle chercha à palper le tronc de ses mains. Au même instant, l’homme se blottit contre elle, contre ses fesses, elle sentait le désir se manifester, elle n’imaginait pas qu’il la bloquerait en la pressant contre l’écorce pendant qu’il ficelait efficacement son bras droit en hauteur, l’avant-bras à angle droit, parallèle au tronc qui semblait se séparer en deux parties.
Elle ne résista pas vraiment quand l’homme voulut ficeler le bras et le poignet gauche à la manière de son homologue : la femme se retrouvant le bras gauche légèrement en arrière, suivant le tronc siamois qui vivait sa vie différemment de l’autre partie. La jeune femme ne pouvait le voir mais l’homme admirait la cambrure que provoquait cette position.
Il se retira laissant la jeune femme capable d’éloigner son ventre de l’écorce un bref instant. La cordelette allait rapidement réunir le bas-ventre, les cuisses et le tronc avant sa division. En descendant, tournoyant autour des mollets, il décida de forcer les chevilles à demeurer serrées. Il aurait souhaité emprisonné les talons hauts de la victime mais il n’avait plus assez de corde pour profiter de l’idée. Il vérifiait la contrainte indirectement infligée au buste de la victime. Elle était réelle. La jeune femme en prenait conscience à chaque tentative de se mouvoir. Lui se délectait du spectacle. Elle s’abreuvait de sensations.
L’imagination galopait. Chaque esprit imaginait la suite. Chaque cerveau fabriquait des images variées. Mais une seule personne était en mesure de concrétiser ses visions.
L’homme savait qu’elle n’y était pas habituée. L’homme imaginait qu’elle détesterait ça. Il était convaincu que cela l’exciterait terriblement. Elle serait donc fouettée.
Le terme est un peu fort. Car il ne lui destinait pas le fouet mais une longue badine qui occupait la largeur du coffre où il se rendit pour la prendre en main. Souple et fine, le cuir meurtrissait la peau en fonction de la vigueur apportée au geste. Il voulait marquer son cul. Il voulait marquer ce cul qui le provoquait. Il se dandinait devant lui en espérant rompre les liens qui le retenaient. Elle serait marquée pendant plusieurs jours. Assez pour trembler. Juste assez pour redouter que ces marques soient encore là au retour de son mari.
Elle sentait le contact d’un corps inconnu sur le flanc de sa fesse droite. Elle ignorait ce qu’il lui réservait. Quand il fit rebondir le bout de sa badine deux petites fois, elle comprit. “Que vas-tu me faire ?” demanda-t-elle anxieuse alors que le sifflement caractéristique du cuir fendant l’air entama sa mélodie. Un autre son caractéristique répondit à l’atterrissage. Elle émit ce gémissement de douleur retenue fait pour attendrir. Ce “huuuu” aux voyelles accentuées, elle le répéta quand il recommença, au même endroit. Il se fit plus fort. “Arrête” s’empressa-t-elle de prononcer après ce gémissement. Il recommença, changeant de cible. L’autre fesse allait accueillir une salve de cinq caresses vigoureuses. Cinq successives. Si bien qu’elle n’avait plus ni le temps, ni la lucidité pour se plaindre verbalement.
Sa fesse rougissait : la zone visée avait la taille d’une main. Pourtant, la badine était bien fine. Bien assez pour devoir recommencer ailleurs. Il voulait son cul rouge. Il voulait qu’elle ait le cul zébré. Elle commençait à s’habituer à la douleur. Elle commençait à guetter le sifflement de l’air contre le cuir. Elle savait le détecter. Le redouter. Instinctivement, elle raidissait ses muscles et serrait les dents quand elle l’entendait arriver. Lui adorait faire aller et venir la badine de manière à produire ce bruit… sans pour autant que la badine n’atteigne sa cible. Il jouait… elle perdait.
Ses jambes ne la portaient plus vraiment. Les cordes l’empêchaient de s’écrouler. Elle aurait voulu se mettre au sol et se protéger. Des larmes naissaient au recoin de ses yeux. Mais elle restait muette. Comme paralysée. Quand l’homme cessa, sa peau cuisait. Elle sentait l’air frais flageller ses fesses rouges. Là, elle eut la force de le supplier d’arrêter. Il se colla à elle, elle esquissa un “tsss” de douleur à son contact. En caressant ses joues, il sentit l’humidité de ses larmes. Il ne regrettait rien. Comme pour le rasage, et comme pour toute limite atteinte, il savait qu’elle passerait par cette étape transitoire où la honte et la haine s’empareraient d’elle.
L’homme n’en discuterait pas. Il connaissait le remède. Le désir. Le plaisir. L’excitation. De nouveau éloigné, il se servit de sa badine pour venir fricoter avec les lèvres de la victime. Au début, elle redouta le pire. Mais quand elle fut rassurée par le temps écoulé, la caresse répétée devint un délice qu’elle commença à apprécier. En particulier lorsque l’extrémité arrondie franchissait le seuil charnu pour recueillir les sensations de la chair humide.
Quand il posa ses mains sur la base des fesses afin de les relever tout en les écartant, elle grimaça de douleur, une douleur sourde mais présente. Mais quand la langue de son amant vint se glisser entre ses lèvres, elle recommença à l’aimer. Malgré tout. Malgré la badine.
L’homme se releva pour se servir du manche de la badine sur le sexe féminin. Il pouvait la violer délicatement tout en caressant sa nuque, en s’enivrant du parfum de sa chevelure. Mais elle voulait plus. Aussi lui dit-elle. “Prends-moi. Baise-moi” : ce vocabulaire n’avait rien d’étonnant. Elle en était capable quand elle était très excitée. Elle le répéta. “Tu as baisé avec lui avant son départ ?” préféra-t-il demander tout en maintenant le jeu entêtant de la badine entre les lèvres. “Oui” répondit-elle le souffle saccadé. “Quand t’a-t-il baisée ?”. “Tout à l’heure” répliqua-t-elle en ajoutant “Avant de partir de la maison”. “Alors tu es sale” lui asséna-t-il. “Je ne passe pas après ton mari” finit d’achever sa victime qui recommençait à souffrir. “Est-ce qu’il t’a baisée comme une salope ou comme une chienne” demanda-t-il en enfonçant plus profond le manche. “Je… Je ne comprends pas”. “Je veux savoir si il t’a simplement baisée ou bien si il t’a enculée pour le même prix”. Elle gardait le silence.
“Je veux savoir” chuchota-t-il en enlevant le manche de son nid douillet. “Non… Non il ne m’a pas sodomisée.” Il repositionna le manche contre ses lèvres. “C’est quoi ce langage de pucelle. Dois-je te rappeler que tu es une vraie chienne maintenant ? Tu dois savoir dire les choses comme elles sont. Allons. J’attends !”
Le manche glissa de nouveau en elle quand elle eut prononcé les bonnes paroles. “Je n’ai pas été enculée” gênée. “Pourquoi, tu n’aimes pas ?” renchérit-il. “Je suis sûr que tu es faite pour être enculée pourtant.” “Ce n’est pas son truc”. “Est-ce le tien ?”. Un silence déchira la nuit. “Je ne déteste pas”. “Avec moi, tu vas aimer” conclut-il en abandonnant la badine.
Elle serait enculée contre l’arbre. Très doucement pour ne pas lui faire mal. Délicatement pour ne pas réveiller ses fesses endolories. Longuement pour qu’il puisse l’amener à jouir. “Jouir par le cul. Comme une chienne. Dis-moi que tu aimes ça.” Murmura-t-il.
“J’aime jouir…” répétait-elle. “Mieux que ça” exigeait-il. “J’aime jouir comme une chienne”. Encore. Il lui fallait faire encore un effort. “J’aime jouir par le cul. Comme une chienne”. Il avait gagné. Elle jouissait.


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