PERVERSION – episode 09
Son mari revenu, son amant silencieux, la jeune femme ne tarda pas à tourner en rond. Les jeux intenses des dernières semaines lui manquaient. L’interrogation régnait en son esprit. Elle cherchait un sens à la façon dont son maître l’avait brusquement congédiée lors de leur dernière entrevue. Elle cherchait aussi une raison d’arrêter une passion dévastatrice. Mais en était-elle encore capable ? En regardant dans le miroir son pubis lisse et entretenu… En ressentant le plug durant une après-midi de liberté maritale… Elle constatait son besoin de jouer au fil des semaines écoulées. Sa frustration augmentait au rythme de jeux solitaires. Elle essayait de se faire peur, de se faire mal, de se faire jouir, de se sentir soumise… Autant de choses difficiles à atteindre toute seule. Tout lui semblait imparfait. Tout lui rappelait l’absence du maître qu’elle finissait par appeler de ses vœux.
Encore fière et forte d’une personnalité affirmée, elle essaya de contrôler la situation en se retenant, en compensant vainement avec une activité sexuelle plus traditionnelle.
Quand le manque fut trop grand, elle chercha le moyen de pimenter ses jeux solitaires au moyen d’accessoire. Elle renonça à commander par Internet et assuma son désir au point de se rendre dans une boutique spécialisée pour acheter une paire de pinces et de la lingerie en latex. Chaque jour, cette étrange panoplie clandestine trouvait refuge dans un recoin de son porte-document qu’elle ne manquait jamais de verrouiller. Jamais son mari ne penserait à chercher pareille trahison en cette cachette. Tout comme il ne remarquait jamais les traces minuscules produites par les pinces refermées sur les tétons de son épouse.
Ce qui lui apparaissait au début comme un compromis honorable allait bientôt ne plus la satisfaire. En particulier quand elle se retrouvait seule dans une chambre d’hôtel louée pour une trop courte séance où rien d’imprévu ne pouvait se produire. Une séance où elle contrôlait tout. Le début et la fin. C’est surtout ce dernier point qui la frustrait : elle était incapable de reproduire seules les délicieuses tortures du passé. Jamais elle ne parvenait à se contrôler suffisamment pour ne pas se caresser trop souvent ou jouir trop rapidement.
Elle essaya alors d’entraîner son mari. Un samedi soir, elle lui réserva la surprise d’une paire de menottes dissimulée sous l’oreiller. Un accessoire nécessitant une visite à la boutique quelques jours auparavant. Un acte prémédité lourd de sens. En plein acte, elle lui expliqua qu’elle avait envie d’essayer. Elle s’attacha les mains dans le dos et lui demanda de continuer son œuvre. Ce soir-là, elle comprit que son mari n’était pas son maître.
Alors, dès qu’elle en eut l’occasion, elle se rendit chez son amant pour briser le silence et la chasteté qu’il avait établi. Sa présence le surprit tout d’abord mais il s’adapta rapidement à la situation en accueillant chaleureusement sa compagne de jeu. Il lisait sur son visage l’air qu’elle arborait parfois en pleine partie. Ce sont ses yeux qui la trahissaient : ils exprimaient un trouble qui fit l’homme s’intéresser à la tenue portée. De prime abord, la robe-chemise exhalait une sagesse certaine. Pourtant, le boutonnage négligé du corsage laissait deviner une matière chatoyante sous le coton artificiellement froissé. Elle avait prit soin de boutonner la robe du corsage jusqu’au genou mais il sentait la recherche à laquelle s’était livré l’infidèle. Si elle avait volontairement apporté une touche coquine au recto en libérant quelque peu le corsage de la partie chemise, il n’en demeurait pas moins que le verso de la robe était fendu juste sous le fessier pour ne plus cesser de dévoiler les cuisses et les jambes de la miss.
Il ne manqua pas d’en admirer l’effet visuel dès que la jeune femme eut achevé son discours introduisant son souhait de poursuivre l’aventure. Elle s’était relevée sur sa demande afin qu’il puisse regarder la robe et découvrir ce qu’elle cachait. “Je vois que tu t’ennuyais au point de faire du shopping” scanda-t-il après avoir glissé la main sous la robe. En caressant les fesses fermement emprisonnées par une culotte en latex, il lui exprima sa volonté de la voir de près et de face. Elle se pencha alors pour défaire chaque bouton séparant les genoux du nombril sans qu’il ne cesse d’harceler son cul.
Il glissa la main entre ses cuisses puis remonta fermement en direction des fesses. Il ne lui fit pas remarquer verbalement mais elle savait le plug découvert par son maître. C’est d’ailleurs la première chose qu’il vérifia en constatant le port d’une culotte en latex. Sentir la base massive du plug sous ses caresses lui procurait une immense fierté.
Elle se retourna puis lui faire face et lui dévoiler le recto d’une culotte haute en latex noir, une culotte qui l’enfermait et la moulait admirablement. Comme un short, une fermeture éclair remontait du pubis jusqu’au nombril. Une ceinture de sueur scintillait à la taille…
Il déboutonna seuls les derniers bastions du corsage, la robe s’ouvrit sans aide pour dévoiler un soutien-gorge en forme de bikini. Chaque globe mammaire prenait son modelé au sein d’un bonnet en latex qui poursuivait son dessin vers la gorge de la jeune femme. C’est sur la nuque, derrière la chevelure qu’elle laissait pousser que s’agrafait le haut assorti au bas.
Un ensemble admirable qui enfermait le trésor et le postérieur en affichant un décolleté humide sans encombrer le dos et les épaules d’une présence douce et brûlante.
La matière bruissa, la fermeture éclair produisit son zip, la jeune femme soupira : l’homme vérifia la douceur du pubis. Le maître félicita l’esclave flattée avant de lui faire remarquer verbalement qu’elle ne s’était pas déplacée un dimanche matin simplement pour parler des bonnes résolutions prises après une mure réflexion. Elle se mettait à genoux pour flatter un sexe qu’elle s’apprêtait à aller chercher quand son maître l’arrêta. “J’ai invité quelques amis à déjeuner, je croyais d’ailleurs que c’était l’un d’eux quand tu es arrivée”. Frustrée, excitée, la soumise proposa timidement mais distinctement de revenir plus tard. En empoignant son poignet droit, il la regarda droit dans les yeux. Il cultivait le silence pour entretenir l’espoir. “Tu pourrais nous servir à table…” Ses yeux sombres le devinrent plus encore. Il la soulagea aussitôt en ajoutant qu’elle n’était pas encore prête à assumer cette épreuve.
“Est-ce que ton mari t’attend ?” s’enquérit l’amant auprès de l’infidèle. La réponse le décida à la garder avec lui. “Je vais te conserver au chaud comme un bon petit plat…”
Comme il maintenait toujours fermement son poignet, elle ne pouvait que le suivre quand il se leva pour parcourir le couloir qui séparait le salon de la chambre. Il l’abandonna pour se saisir de jouets en cuir auxquels la soumise avait plus ou moins goûté, ensemble ou séparément. Il l’emmena dans la salle de bains où régnait toujours une luminosité naturelle grâce à la grande fenêtre située presque en face de la porte. Le verre dépoli laissait percer les silhouettes, rien de plus. L’immeuble d’en face ne pouvait donc voir qu’une forme en train de se pencher : la jeune femme ôtant sa culotte en latex sur commande. Sa peau blanche se laissait admirer lorsque des perles de sueur l’habillaient.
Il posa les jouets dans le lavabo à l’exception du premier d’entre eux. Elle connaissait déjà sa petite sœur. Souvenez-vous de cette ceinture rappelant ses ancêtres destinées à conserver la chasteté, cette ceinture disais-je que la jeune femme avait dû subir notamment au bureau. Son maître en plaçait une autre autour de sa taille : à la fois plus volumineuse et plus rigide. La taille ceinturée, réglée de manière à légèrement presser le ventre de sa victime, l’homme vérifia d’un doigt que le plug était encore profondément ancré entre les fesses de la soumise avant d’emprisonner le pubis puis les lèvres sous l’épaisseur du cuir remontant en direction des reins. La lanière destinée à permettre l’emprisonnement n’était pas assez fine pour venir se glisser entre les fesses comme le faisait sa consœur. Elle exerçait une puissante pression sur la base du plug juste avant de dissimuler la magnifique séparation des globes fessiers.
Elle semblait fabriquée pour son anatomie : le maître n’eut pas même besoin de procéder à traditionnel réglage, lui permettant ainsi d’emprisonner immédiatement la jeune femme au moyen d’un cadenas relativement massif. Quand le clic retentit, le maître laissa quelques secondes à sa compagne pour caresser le cuir et le métal qui l’empêchaient de se soulager par quelque moyen que ce fût.
Il prit en main deux bracelets en cuir, s’agenouilla près d’elle, posa l’un des jouets au sol afin de pouvoir prendre au piège la cheville droite de sa victime au souffle perturbé et à la tête penchée pour voir le spectacle. Ce fut ensuite au tour de l’autre cheville d’être ceinte. “Je sais que c’est naturel chez toi mais cesse d’écarter les jambes petite pute” : elle avait oublié à quel point ce langage procurait de plaisir et de honte. Obéissante, elle se tenait dès lors droite comme un I, jambes serrées, chevilles collées l’une à l’autre. Le clac qu’elle entendit allait désormais l’empêcher de les séparer : le maître avait utilisé un cadenas sur l’anneau dont disposait chaque bracelet.
Il se releva pour l’embrasser à pleine bouche. Comme il l’aimait. En empoignant sa nuque. “Tu as bien fait de mettre des talons hauts” lui asséna-t-il en guise de moquerie. Elle tendit ses mains vers lui, impatiente de sentir le cuir autour de ses poignets.
Quand chaque bracelet fut fermement disposé, le maître utilisa un petit cadenas pour unir les deux membres supérieurs comme il l’avait fait précédemment pour les chevilles. Elle fut soulevée du sol, l’homme la prenant dans ses bras comme son mari l’avait fait le soir de la nuit de noces. Mais il ne l’emmenait pas dans la chambre. Il ne changeait pas même de lieu. Non, le maître ne l’emmenait qu’à deux mètres de là. Près de la porte. Elle ne prit vraiment conscience de la proximité qu’après avoir vu ses bras kidnappés vers le haut.
La porte s’ouvrit sous l’action du propriétaire des lieux qui plaçait au sommet un crochet assez fin pour ne pas empêcher la fermeture mais aussi suffisamment solide pour supporter le poids des bras de la miss. Orientés vers le plafond, ils s’avéraient contraints de garder cette position au moyen d’un mousqueton soudé au crochet. Les avant-bras collés à la porte et les seins effleurant le bois, la jeune femme profitait déjà de l’étonnante posture avant que son maître n’ajouta l’obscurité d’un masque en cuir. Pressée des sourcils jusqu’aux joues, la soumise se retrouvait plongée dans le noir complet. “C’est un peu trop serré” murmura-t-elle pour que son geôlier desserre un peu la fermeture perdue au milieu de sa chevelure.
Elle ne voyait plus rien. Elle ne faisait que sentir son corps réagir aux liens, aux pressions, à la pénétration, à l’équilibre, à l’excitation, à l’appréhension. Elle écoutait. Elle entendait son partenaire marcher. S’éloigner, revenir. Elle percevait un bruit métallique. Quand la boule en latex se présenta à ses lèvres, elle ouvrit la bouche pour l’accueillir docilement. Il lui semblait que l’objet était moins volumineux que par le passé. Il l’était. Il l’était parce que ce bâillon n’était pas un simple bâillon boule. Mais un bâillon avec une large bande de cuir qui venait comprimer les lèvres et les joues, du nez jusqu’au menton. “La boule empêche tes mâchoires d’agir, ainsi le bâillon ne bougera plus” expliquait-il en serrant la lanière de cuir à l’arrière du crâne abondamment pourvu en cheveux. Elle essaya de répondre, pour voir, pour se rassurer… mais seuls d’incompréhensibles bruits étouffés s’échappèrent de sa bouche. “Ce n’est pas la boule qui t’empêche de parler mais le bâillon et la pression qu’il exerce” lui expliqua-t-il en caressant ses seins à travers le latex brûlant.
“Voilà ce que j’entendais par te garder au chaud…” en caressant la lanière de la ceinture qui prenait ses fesses, il s’amusa à presser au niveau du plug pour l’entendre soupirer. “Tu vas rester bien en condition : offerte et ouverte. Tu es arrivée ici humide et excitée comme une vraie salope, sache que lorsque je te libérerai, tu seras trempée comme une chienne”.
Sur ces paroles, la prisonnière éprouva une gêne indescriptible, était-ce le bâillon ou bien l’émotion qui lui faisait éprouver une difficulté à déglutir ? Juste après avoir capturé son image, quand le maître commença à évoquer la pose de pinces aux seins, elle redoutait de ne pas être à la hauteur de l’épreuve. Parfois, elle éprouvait cette peur de le décevoir. Souvent même. Et pourtant elle passait à chaque fois l’examen avec succès. Au prix de sacrifices ? Pourtant, elle n’éprouvait pas de soulagement particulier à l’entendre s’éloigner sans avoir pu ôter le soutien-gorge en latex pour ajouter une torture mammaire. La sonnette l’appelait. Un invité en avance ? en retard ? Elle n’en savait rien. Elle restait là, incapable de se mouvoir efficacement.
Dans l’incapacité de se libérer. Réduite à percevoir les sensations du corps. Regagnant à pas minuscules l’endroit où elle devait se trouver une fois la porte refermée après le départ de son maître qui n’avait pas même prit la peine de verrouiller celle-ci.
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