PERVERSION – episode 11
Les histoires tordues réservent souvent des situations exceptionnelles : ainsi, alors que les deux amants partageaient de nouveau leurs jeux interdits depuis quelques semaines, le mari coinça le maître. N’imaginez pas qu’il découvrit le pot aux roses. Il proposa simplement à son ami de profiter d’un dimanche après-midi pour “se faire une toile”.
En présence de son époux, la brune aux reflets roux savait être sage. Sans latex, elle n’était pas aussi troublante mais la situation excitait le maître. Ce jeu de rôle, cette mise en scène pleine de faux semblants et de mensonges, parfois saupoudrée d’allusions indirectes, vous aimeriez vous aussi vivre pareille situation.
Ils profitèrent ensemble du film dans un de ces lieux impersonnels dont regorge la capitale. C’est devant une friandise que l’idée d’en voir un deuxième fit son chemin. Un bon quart d’heure devait s’écouler avant le début de la séance, mais la salle étant accessible, les trois cinéphiles s’y aventurèrent pour choisir un emplacement agréable.
“Toutes les deux heures, comme toutes les nanas” glissa l’amant à l’oreille du mari qui voyait sa femme se faufiler entre deux rangées de sièges. “Remarque, je crois que je vais faire pareil” lui dit-il en lui donnant une tape virile sur le bras.
Le maître pistait sa soumise à travers l’allée tapissée de bleu électrique. En point de mire : les fesses moulées par un short blanc. “Qu’est-ce que tu fais” lui demanda-t-elle alors qu’il franchissait la porte des toilettes des dames en sa compagnie. Le maître ne prit pas la peine de répondre, se contentant de la pousser entre les parois en plastique de ce lieu d’aisance.
Le loquet retentit. La porte à peine fermée, il se retourna, glissa sa main sous le gilet sans manches qu’elle avait choisit pour protéger ses seins de regards indiscrets. Il cernait le globe gauche de sa main tout en prenant possession de la bouche bardée de rouge. L’embrassait à pleine langue en veillant à serrer entre ses doigts l’extrémité du sein sous contrôle.
Son autre main plongea sous le short : l’homme essayait de trouver comment ôter ce qui l’empêchait d’un buste nu. En tirant sur le coton, il arracha à son amante une manifestation sonore : elle portait en fait un body dont l’entrejambe venait de la mordre sous l’action de son maître. “Qu’attends-tu pour l’enlever, que je te l’ordonne ?” lui asséna-t-il en prenant son menton entre ses doigts puissants.
Le short sur les chevilles, le body dégrafé, la jeune femme offrait son entrejambe lisse et impatiente. Sans qu’il ait besoin de s’exprimer, elle s’était docilement accroupie pour prendre en bouche le sexe de son maître qui ne tarda pas à manifester son désaccord.
“Non. A quatre pattes ! Comme une vraie chienne” lui avait-il ordonné pour qu’elle exécute timidement le premier pas vers l’humiliation. “Dépêche-toi, on n’a pas 107 ans” : ses genoux nus touchèrent le sol glacé. Ce fut ensuite la paume de ses mains qui se colla contre le sol au carrelage à la propreté douteuse.
Quand elle releva la tête, cessant de regarder le sol, oubliant la répulsion que son esprit ressentait, l’esclave sexuelle saluait de sa langue reptilienne l’introduction du sexe brûlant.
À peine commençait-elle à prendre un malin plaisir à jouer ainsi que son maître lui intima l’ordre de se retourner. Elle se retrouva nez à nez avec la cuvette de toilettes fréquemment honorées. Le temps pressait : ses pensées vacillaient. Elle pensait à son maître. À son mari en train de se rendre compte du retard. À la saveur que le sexe avait laissé dans sa bouche après quelques brefs allers et retours. Elle manqua de crier à gorge déployée lorsque l’amant viola l’orifice qui lui était réservé, sans la prévenir, sans prendre peine de s’immiscer au préalable. Non, le temps manquait alors il l’enculait sans ménagement. Sans égards… N’était-elle pas à quatre pattes dans les chiottes d’un ciné où l’attendait son mari ? “Une vraie chienne”, voilà ce que pensaient les deux adultes en pleine action. Sans se le dire, il le savait.
Sous la vigueur des assauts, l’épouse gémissait en tentant de retenir les manifestations les plus sonores. Sous la puissance des coups de reins, elle délaissa le sol de ses mains pour venir entourer la faïence de la cuvette. Elle enserrait la cuvette. Elle se tenait au chiotte. Elle se faisait enculer comme une vulgaire putain. La tête surplombant le trône. Les yeux rivés au fond des toilettes. Parce que trop bruyante, l’amant plaquait sa main sur la bouche de sa victime pour entamer une dernière salve rageuse : les fesses féminines claquaient bien sous le contact du partenaire.
Il se retira après s’être soulagé en elle. La jeune femme reprenait ses esprits sans changer de pose pendant qu’il nettoyait son sexe au moyen de papier toilette. Il le jeta dans la cuvette sous le regard brillant de l’infidèle.
“Je te consolerai plus tard” lui lança-t-il avant d’entrouvrir la porte. La voie était libre. Il s’y engagea en l’abandonnant à sa détresse. .
Quand elle vint se rasseoir à côté de son mari, plus de vingt minutes s’étaient écoulées. Le film commençait. L’ami, l’amant, lui, était revenu cinq minutes plus tôt. Lui n’avait pas eu besoin de se remettre le body en place. Lui n’avait pas eu à se remaquiller sommairement. Lui n’avait pas eu à rincer ses bras et ses jambes avec l’eau des toilettes. Lui n’avait pas cette peur au ventre. Et cette douleur si mal placée…
Elle eut tout le film pour méditer un mensonge acceptable. Il la savait gourmande. Ainsi, quand l’épouse infidèle dit à son mari qu’elle avait craqué pour une gourmandise, il la crut. Gourmande… Oui. Mais il ne se rendait pas compte à quel point !
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