PERVERSION – episode 17
Bien des semaines après, au début du mois d’octobre, un événement majeur est intervenu dans leur relation. Un événement parti de rien. Ou plutôt qui n’avait l’air de rien au début.
Comme tous les samedis, l’infidèle avait rejoint son amant à son domicile. Au pire, le maître ne disposait de sa soumise que durant deux ou trois heures. Il détestait se lever tôt même si adorait la torturer avec délicatesse. Au mieux, cela durait jusqu’au soir. Parfois, les absences du mari leur permettait des fantaisies. Mais pas en cette période.
Néanmoins, les jeux étaient soutenus et très orientés sur le bondage et le latex. Elle avait pris goût à cette matière. Assez pour lui exprimer un soir de confidence téléphonique qu’elle aimerait être un jour entièrement recouverte de latex. Aussi ne fut-elle pas surprise mais ravie de voir son cadeau.
En se regardant dans la glace, elle ne voyait qu’une silhouette sombre et luisante. Il lui avait ôté jusqu’à son alliance afin de gainer ses doigts. Elle admirait ses jambes fuselées, briller sur des talons vertigineux. Sa poitrine gonflée ne se démarquait pas assez de sa taille à son goût. Elle lui avait demandé de la prendre au moyen d’un corset de taille assez serré pour rendre la respiration difficile. Elle suffoquait à moitié sous la cagoule où ses yeux brillaient comme deux flocons de neige sur un tas de charbon.
« Tu te sens bien ? »… elle lui avait répondu en l’embrassant. Mais alors qu’elle en voulait un autre, son maître jugea opportun de maintenir cette bouche ouverte. Cette bouche cernée par un latex brûlant ne tarda pas à se retrouver béante, maintenue par de ces baillons qui laissent accès à la langue… et au reste. Elle ne parlait plus. Elle grommelait. Bientôt, bouger lui serait pratiquement impensable.
Une épaisse pièce de cuir noir cadenassée autour de son cou allait permettre au propriétaire d’immobiliser son animal les bras dans le dos, ramenés sur une bande qui courait le long de son échine. Les poignets entravés, ses membres supérieurs étaient bloqués. Bientôt, ce fut à sa vue de perdre sa liberté : son maître lui imposant un masque en latex totalement opaque.
Le rythme cardiaque de Puta avait déjà considérablement augmenté mais son maître acheva son œuvre au moyen d’une barre d’écartement qui bientôt déchirerait ses muscles. Ouverte comme la Tour Eiffel, elle se doutait qu’il n’avait pas fini.
C’est grâce aux explications de son maître qu’elle commença à imaginer la suite. « J’ai eu l’idée de ce petit jeu un soir en pensant à toi. Sois vigilante car tu ne devras pas bouger d’un centimètre. Je place sous ce talon un glaçon, un beau et gros glaçon. Il est très solide. Assez pour ne pas se casser maintenant que je relâche ta cheville. Assez pour résister lorsque tes deux pieds reposeront sur deux cubes de glace. Voilà… Ne bouge surtout pas. La semelle ne doit pas bouger… Maintenant, tu as gagné quatre bons centimètres… Quatre centimètres que tu vas perdre progressivement. Sans rien pouvoir y faire. Les glaçons vont fondre et je te garantie que tu vas le sentir ».
Une corde en coton nouée autour du corset se glissa entre ses fesses écartées, contraignant le latex à se torde un peu plus, jusqu’à pénétrer ses lèvres intimes pour glisser le long du pubis et achever sa course dans une boucle autour de la taille encordée.
Mais au lieu de se terminer aussi simplement, la corde repartait ensuite vers le plafond. Le propriétaire de Puta montant sur un escabeau pour attacher la corde tendue au moyen du mousqueton rajouté à cet effet. C’est avec un autre mousqueton que le maître rapprocha la gorge cerclée de cuir de la corde tendue. Quand il eut terminé, Puta n’avait pas la moindre liberté de mouvement : détail espiègle, lorsqu’elle essayait de mouvoir son cou, la corde se faisait plus pressante entre ses lèvres.
Elle ne voyait rien. Elle l’entendait. Elle l’écoutait s’affairer tout en essayant de deviner ce qu’il lui réservait. Cinquante coups de martinets après, c’est la chaleur brûlant son cul qui obnubilait Puta. Pourtant, les glaçons fondaient rapidement, et depuis leur mise en place, la corde devait s’être glissée entre ses lèvres d’au moins un centimètre.
La sonnette de l’appartement retentit. Le mari de Puta se trouvait derrière la porte que son maître ouvrit sans aucune gêne apparente. Il lui a demandé s’il ne le dérangeait pas. « Non, pas vraiment, je suis en pleine séance, mais ce n’est pas grave, depuis le temps que je dois te montrer ce que ça donne en réel, profites en ». C’est ainsi que sans le savoir, le mari admirait son épouse méconnaissable, muette, immobilisée.
Les adjectifs viennent à manquer pour décrire une telle ambiguïté. Lui ne savait rien. Elle si. Puta tremblait sous l’étouffante combinaison en latex. Rien pourtant ne pouvait la trahir. Et pourtant, elle avait la peur au ventre. Son maître, lui, sentait le plaisir monter. Il prenait une intense joie à expliquer le rôle des glaçons qui se fendillaient sous le poids des talons. Le pied gauche touche de nouveau le sol. Le droit n’allait pas tarder rétablissant un équilibre de toute manière compensé par la corde qui pressait avec vigueur les chairs intimes de Puta.
« Ça me dépasse » conclut le mari. « Je ne comprends pas comment on peut prendre son pied comme ça ». « Tu changeras peut-être d’avis en voyant l’une des mes applications favorites ». Il libéra partiellement Puta guidée jusqu’au salon par la main de son époux. Une main qui emmenait le bras recouvert de latex. Sans se douter du malaise ressentie par la soumise, bien moins stressée avant son arrivée.
Ses poignets furent libérés. « Mets-toi à quatre pattes » lui commanda immédiatement la voix de son propriétaire. La silhouette de l’épouse séparait désormais les deux hommes. Le mari regardait son ami placer un échiquier sur le dos de la table improvisée. « Il y a si longtemps que nous n’avons pas joué » dit-il en s’installant dans un fauteuil.
En moins de vingt minutes, le mari avait perdu deux pièces majeures. Son épouse fatiguait sous la position exigée pour un parfait équilibre. Le propriétaire du lieu proposa un verre aussitôt accepté par son hôte. Il ramena des olives pour l’agrémenter. Gêné, son invité ne savait que faire des noyaux. Alors le piège commença à se refermer. « Tu les mets là » conclut il en déposant le premier d’une longue série dans la bouche ouverte et baveuse de Puta.
La première gêne passée, le mari commençait à sourire de la situation. « Finalement, ce n’est pas déplaisant d’être ainsi servi » déclara-t-il même. Toujours en plaisantant, il ajouta « il va falloir penser à la vider » constatant que la bouche de Puta regorgeait de noyaux. Son épouse a senti l’étreinte du collier. Le maître l’invitait à se redresser. Comme il l’aurait fait pour un animal, il pencha sa tête et se servit de ses doigts pour libérer les noyaux au fond d’un assez joli cendrier en pierre qu’il réservait à ses amis fumeurs. Puta avait un drôle de goût qui la hantait. Soudain, la nausée lui monta aux lèvres. « Tu veux voir son visage ? » proposa le vrai maître du jeu au mari qui jouait le blasé. « Pour dire vrai, je préfèrerai voir son cul » asséna-t-il comme un coup de poignard à sa femme. Le zip qui fermait l’entrejambe et remontait sur ses fesses se fit remarquer par sa sonorité particulière. L’air de la pièce s’abattit sur la peau humide. Il lui semblait glacial. Le latex bruissa quand son maître écarta bien la matière pour dévoiler une partie du fessier à l’invité surpris.
« Pas mal… » ; « Tu devrais le voir après une bonne correction, c’est… comment dirais-je… plus passionnant, moins quelconque » ; « Tu me connais, ça ne m’a jamais branché » conclut le mari en effleurant malgré tout la peau qu’il ne reconnaissait pas. Il faut bien avouer que lors de leurs ébats hygiéniques, sa femme était assez rarement aussi… moite.
« À quoi penses-tu ? » ; « Je me demandais pourquoi j’hésitais à la toucher, elle n’a pas l’air très farouche ta copine ». Il répondit d’un regard. Puta sentit le doigt de son mari glisser entre ses fesses. Elle resta sans réaction. Il l’enfonça d’un trait de plusieurs centimètres tout en se félicitant verbalement de la réaction docile de sa victime »
« C’est ça ton truc finalement ? » ; « Si l’on peut dire, ma femme adorée n’est pas très attirée par ces choses là ». Le visage du maître demeura impassible. « L’imbécile, si il savait… » ; « Dis moi, elle n’a plus rien d’une vierge ta copine… Y’a pas à dire, ça doit quand même être sympa une nana qui accepte la sodomie sans pleurnicher sans cesse ! C’est vrai quoi, la plupart du temps, elles te demandent d’arrêter alors que tu commences à peine à te sentir à l’aise… » ; « Tu m’as l’air bien informé pour quelqu’un qui ne pratique pas beaucoup… » ; « J’ai dit qu’elle n’aimait pas ça, et même si je ne le fais pas tous les quatre matins, ça m’est quand même arrivé depuis que nous sommes mariés » ; « Ha oui, voyez-vous ça… » ; « Mais surtout tu gardes ça pour toi » ; « Ne t’inquiètes pas, toi, tu oublies ce que tu voies chez moi, moi, j’oublie ce que tu me confies »…
Puta, elle, n’oublierait jamais. Sous la cagoule en latex, il y aurait pu y avoir d’autres perles que la sueur. Mais la rage l’empêchait de pleurer. Elle ne s’en doutait pas. Elle s’en moquait presque. Pourtant, sa fierté en prenait un coup… « Ecoute, j’avais prévu de la laisser seule quelques minutes, le temps d’aller rendre des k7, tu serais bien bête de ne pas en profiter ».
Elle n’eut pas le temps de se manifester — d’ailleurs, le pouvait-elle ? — que son maître la laissait entre les mains… de son mari. Avant de claquer la porte, il lui avait précisé qu’il pouvait « la prendre par tous les trous » et qu’il n’en avait « rien à foutre ». La situation serait montée à la tête de n’importe quel homme. Avouons-le…
Puta fut contrainte par la laisse de remettre ses genoux au sol. « Tu vas me sucer… enfin, tu vas essayer » se délecta à dire le mari tout en enfilant son sexe déjà raide dans le bâillon O qui ne lui laissait que sa langue pour lutter avec le membre gonflé. En temps normal, le mari se délectait lorsque son épouse déposait ses lèvres contre son pubis, avalant ainsi son membre comme une vraie actrice de porno. Mais cet après-midi là, il ne pouvait même pas déceler de similitude dans son comportement. Les lèvres écartées par le bâillon, sa femme ne jouait qu’assez maladroitement de sa langue bien esseulée.
Les mains puissantes quittèrent le sommet du crâne de Puta pour le sommet de ses fesses. Appuyées sur ses reins, elles aidèrent leur propriétaire à prendre la jeune femme remise par la force des choses à quatre pattes. Elle n’en revenait pas. Son mari la trompait. Son mari la trompait avec une inconnue. Son mari allait et venait sans ménagement entre les fesses d’une inconnue. Sans ménagement, ni précaution ! « C’est vraiment un salaud » pensait Puta quand la douleur des assauts lui en laissait le temps.
Soudain, le mouvement se ralentit tandis que le râle rauque devenait vulgairement audible. « Il jouit en moi en plus, il ne se retire même pas » pensait l’épouse humiliée. Il recommença à se mouvoir entre les fesses avec un entrain moins prononcé. Puta sentait les mains posées sur le corset, triomphalement, il flattait la pouliche qu’il montait. Lorsqu’il se retira, ce fut pour passer de l’autre côté et forcer Puta à lécher une queue fatiguée et souillée. Elle ne put s’y soustraire, son mari maintenant la pression sur la cagoule qui cernait son crâne. Sans le bâillon, elle lui aurait peut-être mordu le sexe pour qu’il lâche prise. Mais cette éventualité était bien loin, c’est lui qui dominait le jeu. Il le dominait dangereusement.
Le danger prit la forme d’un filet de lumière : brusquement, l’envie de voir les yeux de celle qu’il venait de prendre lui vint et, sans lui dire, le mari enleva le masque à sa victime. Puta se protégea en fermant les paupières, les maintenant obstinément closes. « Montre-moi tes yeux salope » lui dit-il sans savoir à qui il s’adressait. Parce qu’elle ne lui obéissait pas, le mari promena son gland sur les paupières fardées, comme pour les imprégner de son parfum.
Le maître de Puta arriva juste à temps pour interrompre la suite. Il suffit que la porte ne s’ouvre pour que le mari se réajuste en s’éloignant de son épouse trompée et souillée, yeux mi-clos, mi-humides.
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