PERVERSION – episode 19
Des heures entières s’écoulèrent sans que personne ne vienne s’intéresser à Puta qui, cette fois-ci, se rendait compte du temps écoulé. Chaque quart d’heure augmentait sa fatigue et sa gêne. Ses jambes devenaient douloureuses tandis que le phallus en bois lui soutirait de vrais soupirs à chaque tentative de mouvement.
Quand le grenier s’emplit de nouveau d’une présence humaine, la maîtresse des lieux était accompagnée d’un couple et de deux hommes bien bâtis. Puta gardait la tête baissée n’osant affronter leur regard. Elle supportait déjà leurs commentaires sur son physique et l’état qui l’accablait. Entendre Martha leur expliquer ce qui remplissait ses entrailles l’aurait presque excitée si elle n’avait pas eu envie de la supplier. Elle aurait eu envie d’être libérée. Mais Puta et ses envies n’étaient pas prises en considération durant cette semaine de mise à l’épreuve. Martha révéla son visage en la tirant par les cheveux. « Tout s’est bien passé pendant notre dîner ? » demanda Martha le sourire aux lèvres. Elle relâcha la tignasse rousse, la tête de Puta retomba vers le sol comme un jouet de celluloide. « Demain, tu serviras à table Puta » lança la maîtresse à qui voulait l’entendre. « Demain tu serviras à table puis tu honoreras mes invités » dit-elle avant d’ajouter « comme tu vas le faire maintenant » en empoignant à nouveau les cheveux roux.
La tête enfin droite, l’infidèle voyait le mari déshabiller doucement sa femme sans prendre encombre des autres invités. C’est lors de la deuxième semaine que l’énigme des invités fut résolue pour Puta. Son maître lui expliqua alors qu’en province, les clubs sado-maso étaient rares mais que l’échangisme se pratiquaient avec assiduité. « J’ai promis à ces messieurs ton cul et ta chatte, tu n’y vois pas d’inconvénient n’est-ce pas ? » demanda Martha à celle qui ne pouvait répondre. « Elle ne dit rien, c’est donc qu’elle est d’accord ! » plaisanta-t-elle avant d’inviter « ces messieurs à se mettre à l’aise ». Ils n’en croyaient pas leurs yeux. C’est le couple qui les avait amené ici leur promettant de longue date un spectacle comme on voit une fois dans sa vie. Une occasion unique de baiser une femme infidèle complètement offerte à leurs désirs. Ce genre d’occasion est difficile à négocier. Eux avaient choisi d’essayer. Et devant la générosité de Puta, ils ne regrettaient pas d’être venus, se demandant comment entamer ce festin.
L’homme marié pria aimablement sa femme de se mettre à genoux. Il convia l’un des deux costauds à venir se faire échauffer par la bouche de sa femme. L’autre se dirigea vers Puta et plongea ses yeux marrons dans les siens. Les paupières lourdement fardées se fermèrent. Le signal était donné : la jeune femme sentit l’odeur du sexe avant d’en percevoir le goût. Fin mais long, l’homme glissa son sexe déjà en condition à travers le O du baillon tout en jetant ses mains sur les seins de Puta.
Il serait impossible et fastidieux de décrire l’intégralité de ces pénibles instants. Pénibles aux yeux de Puta, du pain béni pour les invités de Martha qui prirent le relai d’un marathon de la fellation. Le troisième, gêné par le baillon, demanda à Martha de lui enlever.
Puta a alors tenté de se refuser à cette troisième queue mais les doigts épais d’un homme se firent un devoir de maintenir écartées les mâchoires jusqu’à ce que Puta se résigne à sucer et sucer encore les trois mâles. Le deuxième à nouveau en bouche éjacula presque aussitôt et en petite quantité. Puta eut à peine le temps de recracher qu’un autre avait prit sa place.
La ronde s’est poursuivie un petit moment à ce train jusqu’à ce que les assaillants eurent envie d’aller au delà. C’est Martha qui a alors libéré Puta de son inconfortable position. En se relevant, les jambes en coton, elle laissait le spectacle d’un phallus brillant et moite. Un du trio s’agenouilla pour admirer et s’extasier à voix haute du spectacle des lèvres écartées, une fleur parfaitement épanouie, une orchidée impudiquement exposée à la vue des spectateurs heureux et impatients.
La maîtresse de maison a offert à l’autre femme présente le privilège de gouter ce fruit dont la liqueur abondait. « Une vraie petite abeille » commenta son mari fasciner de voir l’épouse récolter autant de miel. C’est le moment qu’il choisit pour l’honorer dignement pendant qu’elle accomplissait une inspection en règle. Le deuxième mâle, plus prompt que le dernier, se présenta entre les fesses de Puta après avoir suivi les recommandations de Martha. Tandis qu’elle se faisait lécher, Puta n’eut d’autre choix que de s’ouvrir à la queue gainée de latex.
Un long tourbillon a alors emporté l’infidèle. Trois mâles dont un insatiable se motivèrent et se relayèrent pour l’entendre gémir et même supplier d’arrêter… ou de continuer. Car même si tout cela était fou, le plaisir physique était monté si haut qu’elle n’était plus capable d’écouter sa raison.
Imaginez ce que Puta pouvait ressentir après trois heures de tabouret et les assauts multiples de plusieurs hommes coutumiers des excès échangistes. Imaginez ce qu’elle a pu ressentir à s’abandonner sans pouvoir renoncer à ces mâles relayés par deux femmes avides de ses seins et de ses lèvres. Imaginez ce que la rousse aux lèvres blanches pouvait ressentir en se voyant basculée sur une table basse, transportée sur un lit, attachée à une poutre. Imaginez à quelle sensibilité elle était parvenue après la plus longue étreinte de sa vie, jonchée sur ses talons, tenue debout par la seule force d’une laisse en cuir passée autour d’une poutre et tirant son collier. Exténuée, vidée, essoufflée, souillée, dilatée, irritée… Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire tout ce qu’elle ressentait après que la tempête fut passée.
L’épouse continuait de sucer timidement et doucement son mari ramolli. L’un des mâles savourait un cigare en la regardant, le sourire aux lèvres. Martha repoussait aimablement le dernier homme qu’elle jugeait trop indiscipliné pour s’intéresser à lui. L’alcool brûlait la bouche de Puta encore enflammée du verre que lui avait fait boire Martha pour la stimuler dans les dernières saillies.
Les plans de la maîtresse de maison étaient contrariés. Aucun de ses invités n’avait la force de recommencer une telle orgie. De plus, elle savait que Puta ne la supporterait pas. Elle ne voulait pas la voir s’effondrer en larmes aussi tôt dans ce séjour initiatique. Elle modifia ses intentions et décida de la libérer pour qu’elle remplisse les verres vides et accomplisse un service digne de sa condition. Ces termes n’égratignaient plus une jeune femme dans un état second, complètement déconnectée de la réalité, affreusement troublée par sa docilité. En guise de récompense, Martha lui laissa dévorer une grappe de raison qu’elle lui distillait à la volée, ne se lassant guère de voir Puta aller chercher à quatre pattes les grains à ses pieds.
Martha pensait veiller une partie de la nuit. Il était à peine une heure du matin lorsqu’elle raccompagna Puta à sa cellule. « J’ai besoin de prendre un bain » suppliait-elle en chemin. « Demain. Jusqu’à demain, profite de ton odeur » répondit Martha avec ce ton qui n’appelait aucun commentaire pendant qu’elle la déshabillait.
La porte de la cellule s’est refermée. La lumière s’est éteinte et Puta se dirigea lentement vers sa couche. Elle s’est allongée sur le latex et s’est recroquevillée la tête contre les genoux. Une odeur de sperme et de sueur émanait d’elle. Elle aurait souhaité se débarbouiller. Enlever ce parfum humiliant et adoucir cette peau sur laquelle séchait le sperme déversé.
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