LE SECRET : episode 01

Elle semblait si bien lire en moi que j’en étais troublé. La prise de contact n’avait pas été fantastique. Elle ne m’avait emboîté le pas qu’après que je me sois dévoilé. Lisa, puisque c’est d’elle dont il s’agit, avait su bâtir une image virtuelle si forte que mon envie de la sentir près de moi était supérieure à ma crainte de suivre ses consignes.

Après tout, la rencontre se déroulait à mon domicile. Nos jeux virtuels avaient été si parfait que je n’envisageais pas notre entrevue autrement. Ses mots étaient si forts. La voix qu’elle avait diluée avec parcimonie avait trouvé écho au plus profond de mon âme. Non, vraiment, je ne pensais pas que le piège puisse être ce qu’il fut.

J’étais arrivé en avance, prenant soin de créer une atmosphère digne d’un événement aussi sulfureux que rare. J’avais également respecté ses consignes à la lettre. Je m’étais masturbé dans l’après-midi et, immédiatement après, avais glissé un plug de taille respectable entre mes fesses. Après m’être dénudé, je recouvrais mon visage d’une cagoule en latex zippé sur mes cheveux fraîchement coupés. Réchauffé par cette présence, je commençais à goûter au plaisir de la situation. Vint ensuite le moment de maintenir ma gorge et la cagoule au moyen d’une minerve en latex aussi rigide que possible. Je disposais un masque gonflable en latex à portée de main puis prenais place sur un banc bien particulier.

Comment puis-je vous le décrire ? Vous expliquer ma position suffira-t-il ? Je prenais place sur le banc. Je plaçais mes pieds et mes genoux dans des emplacements que l’on pourrait assimiler à des étriers. Le ventre contre le cuir mais le bassin dans le vide, je parvenais difficilement à immobiliser mes chevilles au moyen de sangles destinées à les maintenir en place. Les jambes pliées, les cuisses écartées, la position me semblait loin d’être inconfortable : je plaçais le bandeau sur mes yeux et le gonflait de manière à ce qu’il ne puisse pas glisser.

J’étais désormais privé de mes yeux, la tête fermement maintenu dans un cocon en latex. Je plaçais mes avant-bras de part dans les emplacements soudés à l’avant de la structure, les mains situées dans les autres étriers que recèle ce banc de torture maison. J’avais fait fabriquer ce banc sur mesure deux années plus tôt. À l’époque, j’avais déjà envisagé de concrétiser mes envies de jouer. Les minutes se sont écoulées. Je savais la position particulièrement délicate puisque j’avais conçu ce banc de manière à pouvoir être immobilisé tout en laissant accessible le bassin et la poitrine. Puis Lisa est arrivée.

Elle est entrée dans la pièce sans un mot. Je l’ai entendue s’approcher. Ses talons martelaient le parquet dans ma direction. Lorsque sa main a parcouru mon échine, un frisson de plaisir s’est emparé de mon corps. Ses doigts étaient de l’autre côté du latex, elle me caressait le visage pour la première fois. Je n’entendais presque rien grâce à la cagoule doublée du masque. Quand ses doigts ont effleuré mes lèvres, je n’ai rien osé faire. Lorsqu’elle s’y est attardé, j’ai osé lécher ses extrémités. Elle avait des ongles longs, je le percevais maintenant.

Le jeu commençait à prendre pied dans la réalité. Lentement, elle referma une sangle autour de mon poignet gauche. Vint le tour du droit. Elle compléta le dispositif en emprisonnant mes cuisses et mes biceps au moyen de sangles supplémentaires. L’entendre s’éloigner pour aller les chercher fut, je dois l’avouer, un réel délice. Je savais que Lisa avait médité son plan. Elle m’avait déclaré avoir adoré les clichés que j’avais pris de ce jouet pour adultes. J’y étais maintenant à sa merci. Aveuglé, les membres immobilisés…

J’ignore en ce qui vous concerne, mais je n’avais jamais eu un tel premier contact avec une femme. Je ne me pensais pas capable d’un tel aplomb. Pourtant j’avoue m’être senti très déstabilisé lorsqu’elle s’est emparée de mes testicules pour les caresser, les presser et même les étirer. Elle ne semblait pas même s’intéresser à mon sexe. Seules mes testicules l’amusaient durant ces premiers instants. Je reconnaîtrais ce bruit entre mille. Même encagoulé ! Ainsi, quel ne fut pas mon trouble de sentir mes testicules lestées d’un ball-weighter. Lisa avait-elle eu pitié de moi ? Elle avait choisi le plus court mais aussi et surtout le plus léger de ces poids si particuliers. Elle resserra la vis une dernière fois avant de recommencer à jouer avec mes bijoux de mâle soumis.

Puis vint le moment d’un aveu bien embarrassant. – “je suis étonnée que tu ne te sois jamais douté qui se cachait derrière Lisa”. Je connaissais cette voix. Je n’osais le croire et restais sans voix. – “serais-tu surpris ?”. Un oui timide s’échappa de ma bouche. Lisa n’était pas Lisa. Cette voix était celle d’une amie. Une amie qui me connaissait si bien que le puzzle devenait aussi risible que visible. Un piège. J’étais tombé dans ses griffes sans me douter qu’elle jouait à me tromper. – “mais je t’ai parlé” ai-je dit en substance. Elle ne tenait pas le combiné pendant ces deux appels qui m’avait rassuré. Je me retrouvais dominé par une femme que j’aimais et qui m’avait rejeté. – “qu’est-ce que tu veux ?” lui ai-je demandé bêtement. – “mais jouer avec toi mon petit père… jouer, t’humilier, jouer, et t’humilier encore. quand tu me reverras, tu baisseras les yeux et je t’aimerais un peu plus pour ça”. Je restais sans voix. Que pouvais-je dire ? Elle m’avait chamboulé. Elle s’apprêtait à faire bien plus encore !


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