SON ESCLAVE : episode 01

Comme les trois ou quatre fois précédentes, rares fois où je lui avais donné le rôle supérieur, j’étais habillé d’un pantalon et d’une chemise destinée à être rapidement ouverte. Pourtant, cette fois-ci, Véronique joua le jeu dès le début avec sa voix douce et moqueuse… « alors comme ça tu veux jouer » me dit-elle après m’avoir intimé l’ordre de me mettre à genoux. J’avais sorti les quelques accessoires qu’il me plaisait d’utiliser en pareilles circonstances. Mes tiroirs en contenaient d’autres dont Véronique connaissait l’existence pour en avoir profité à ses dépends. Cette fois-là encore, ma respiration se ralentissait et mon cerveau se vidait. Le visage enfermé dans ma cagoule en latex habituelle, j’attendais la suite. J’aimais quand Véronique faisait preuve d’initiatives. Au fond, je recherchais que la situation m’échappe quelque peu… c’était la base de mon plaisir égoïste. Elle ne m’avait jamais fait baiser ses bottes dès le début. Je n’avais pas envie de m’encombrer avec ce détail. Mieux, j’appréciais de devoir me courber sur le vinyle qui gainait ses mollets et ses pieds. « Encore » ; « Ne te contente pas de les embrasser, lèche-les ! » : elle parlait, j’écoutais ; elle ordonnait, j’exécutais.

J’aimais être à ses pieds mais je déteste à genoux. J’aime mon petit confort et comme toujours je voulais le retrouver. « Encore un petit effort, lèche le talon maintenant » me lança-t-elle avant que je ne reprenne une position normale. Je l’entendais évoluer près de moi. J’aime la manière dont les sons sont restitués lorsque le latex recouvre mes oreilles. Mon imagination travaille mieux dans le noir. C’est pour ça que j’optais presque toujours pour une cagoule dont les yeux sont privés de toute lumière par ce latex dont la finesse et la chaleur pimentent le jeu. Psychologiquement, j’avais aussi le sentiment que ce n’était pas moi qui jouait mais un autre moi. Une sorte de distanciation par rapport à l’image que je donne habituellement de moi. Et un excellent moyen pour que Véronique ne lise la vérité au fond de mes yeux.

Avec le temps Véronique avait appris à maîtriser une corde. Oh, bien sûr, l’esthétisme n’était pas toujours au rendez-vous mais elle connaissait la technique pour rendre un bondage résistant à toute tentative d’évasion. Cet après-midi là, elle s’était appliquée, rendant mon attente un peu plus longue. La corde ne s’enfonçait pas douloureusement dans mes chairs mais elle avait su parfaitement immobiliser horizontalement mes bras dans le dos, emprisonnant mon torse au moyen d’une corde naturelle souple et douce. Prenant soin de reprendre la corde entre le buste et les bras en quatre points qui achevèrent de rendre son bondage aussi impitoyable qu’elle.

Je fus surpris qu’elle m’emmène sous une poutre afin d’y attacher son œuvre. Rajoutant une longueur de corde entre mon dos et la poutre, Véronique entreprit de limiter encore un peu plus ma faculté de mouvement. Quand je l’entendis vaguement chercher dans les tiroirs, je me délectais de ce qu’elle m’avait réservé en emprisonnant mes chevilles au moyen de bracelets en cuir épais. Son « Allez, écarte ! » s’accompagna d’un coup de botte. Les jambes séparées par une barre en métal fixée à mes chevilles, Véronique achevait son œuvre. La nasse allait bientôt se refermer et prendre possession de mon esprit.

Vint ensuite le bruit des ciseaux. Véronique ne s’encombra pas, découpant ma chemise en autant de morceaux requis pour libérer ma peau. « Je sais ce que tu aimerais » me glissa-t-elle en pinçant le bout de mes seins entre ses doigts. En tordant les deux mamelons coincés entre le pouce et l’index, Véronique parvint à interrompre ma respiration l’espace d’un instant. La douleur est une chose que j’apprécie parfois. Mais lorsqu’elle s’exerce sur mes seins, elle me dérange encore moins. Véronique le savait puisque l’essentiel de ses expériences passées dans ce rôle tournait autour de cet axe. J’aimais la sentir jouer avec mes seins. Elle savait que j’aimais. Et je n’avais jamais eu l’honnêteté de le reconnaître verbalement.

Je ne me sentais pas particulièrement à l’aise à moitié nu devant elle. Complexé comme peu d’hommes, je cultivais les paradoxes et cette situation en était un. Je n’avais aucun doute quant à la vision peu reluisante de mon torse saucissonné. Les cordes accentuant certainement mon embonpoint et augmentant le désir sadique de Véronique. Je l’imaginais déjà en train de jouer avec mes seins, je me trompais complètement.

Mes paroles étaient hésitantes et pleines d’interrogation lorsqu’elle entama de découper mon pantalon. Une jambe après l’autre, elle joua du ciseau jusqu’à me débarrasser définitivement du bas d’un costume de bonne facture. Elle ne me répondit pas. En tous cas, pas par la parole. C’est le geste qui avait valeur de réponse. Et quelle réponse !

Alors que je me sentais mal à l’aise de me retrouver en caleçon, que je nourrissais mille peurs quant à ma virilité et à la manifestation de celle-ci, Véronique acheva de me déstabiliser.

Elle empoigna mes couilles d’une main ferme tout en collant son visage contre ma cagoule. « Ta gueule petite merde » ; décontenancé, je ne savais que dire ni faire. « Tu as voulu jouer, tu vas le regretter. Avant, tu dictais tes règles. Avant, retiens bien ce mot. Maintenant, on joue avec mes règles » et comme pour rendre son propos encore plus tranchant, je sentis sa main se refermer sur mes testicules quand elle prononça la dernière phrase.

Quand elle relâcha mes couilles, je n’arrivais même plus à réfléchir. Je repassais en boucle ses paroles sans réellement comprendre ni réagir. Réagir ? Que pouvais-je faire ? Avant même que je puisse ébaucher le début d’une réflexion, Véronique acheva de m’humilier en cisaillant mon caleçon. J’étais maintenant à poil, nu comme un vers devant celle qui était venue prendre une revanche sur le passé. « Je comprends mieux pourquoi tu gardais ton pantalon. Tu ne voulais pas que je vois ta misérable petite bite ! Mon dieu qu’elle est petite. Mais, tu sais, je m’en doutais. On la voit à peine… Rassure-moi, on arrive à la voir quand tu bandes ? » Véronique savait comment me blesser. Elle exploitait la moindre faiblesse sans la moindre complaisance. Elle donnait le ton de ce qui allait suivre.

J’ai essayé d’esquisser un mot, Véronique est immédiatement revenue contre moi. Je sentais son corps contre le mien, son souffle caresser mes lèvres et sa main reprendre son étreinte sur mes bourses brûlantes. « Tu veux dire quelque chose ? Ne te fatigue pas. Je ne t’écouterais pas. Je ne suis pas venue pour t’entendre pleurnicher. Je suis là pour te donner une bonne leçon. Tu n’as pas le choix. Pas le choix ! Pas le choix… tu comprends ça » asséna-t-elle en tirant sur mes bourses : « pas » « le » « choix »… elle donnait un coup sec vers le bas à chaque mot. Trois raisons de bien comprendre chaque parole, chaque syllabe.

Jamais aucune femme ne m’avait vu dans pareille situation. Véronique, elle, l’aggravait lentement. Sonné, je restais sans réaction. Au fond, j’avais honte. Honte et même peur. Peur car je savais que Véronique avait quelque chose de sombre au plus profond d’elle. Un véritable esprit sadique et qui me faisait hésiter. Parler, réagir, résister : autant de risques de voir la situation déraper plus encore. Pourtant, rien ne pouvait me sembler plus humiliant que de la sentir emprisonner mes couilles au moyen d’une corde. Le nœud derrière les bourses étirées, Véronique attacha le tout à la barre d’écartement. Je n’osais imaginer la suite… plus encore en repensant à la manière dont elle malmenait une partie sensible de mon anatomie. Cet étirement permanent et le stress de la situation contribuèrent fortement à modifier mon rythme cardiaque et par conséquent ma respiration. En pareille situation, vous respirez instinctivement par la bouche… Véronique profita de l’aubaine pour y introduire une boule. Une grosse boule, celle d’un bâillon bien sûr. Elle poussa sur la sphère pour achever d’écarter mes mâchoires et s’empressa de sceller mon sort en serrant la lanière principale ainsi qu’en bouclant la lanière du menton. J’avais esquissé une vaine rébellion sonore mais Véronique me découragea immédiatement en posant son pied sur la barre d’écartement… en appuyant, elle étira mes bourses un peu plus, le temps pour moi de parfaitement mesurer la futilité de mon geste. En l’état actuel des choses, je n’avais aucune chance de lui échapper et il me fallait attendre.

J’entendais ma respiration qui était devenue plus bruyante. Mes lèvres dansaient sur la boule que mes dents pouvaient à peine entamer. En quelques minutes, ma lèvre inférieure se para de bave qui n’allait plus cesser, s’échappant lentement mais inlassablement de ma bouche emplie et pourtant si ouverte. Bloquée sous la boule, ma langue avait perdu sa liberté de mouvement. Je me savais maintenant plus encore exposé, tributaire de deux ouvertures pour acheminer de l’air. Je redoutais que Véronique ne se souvienne de mon goût pour le breathplay. Après m’avoir abandonné un moment, elle s’approcha à nouveau. J’entendais le talon de ses bottes marteler le parquet. Soudain, un coup s’abattit sur mes fesses. Véronique tenait dans sa main un flogger dont elle savait se manier sans grand panache. « Tu te souviens quand tu me fessais ? Je trouvais ça interminable… maintenant, c’est mon tour et je te promets que tu me supplieras d’arrêter. Je vais m’occuper de ton cul pendant une heure. Une heure tu entends ? Imagine ce que je vais te faire subir. Anticipe ta peine. Quand j’en aurais terminé avec ton cul, tu n’auras plus le même regard sur la fessée ». Et elle commença, sans échauffement, avec vigueur, frappant chaque fesse méthodiquement. Quand elle s’arrêtait, c’était pour changer d’instrument. Je ne saurais énumérer tout ce qu’elle a utilisé. Je peux simplement affirmer qu’elle s’est amusée pendant que j’encaissais. Mes grognements s’écrasaient sur le baillon. Plus le temps passait, plus il me semblait impossible d’en accepter plus. Lent ou rapide, le rythme me laissait peu de répit. Le pire était sans aucun doute possible les coups de paddle. Individuellement ou en couple, mes fesses se meurtrissaient sous des coups appuyés et sans pitié. Il m’arriva de perdre l’équilibre et à chaque fois la corde attachée à la poutre faisait son œuvre. Véronique n’avait rien laissé au hasard pas même lorsque mes jambes se raidissaient sous une salve douloureuse et que j’infligeais à mes testicules une douleur supplémentaire. « Quinze minutes » ; « Trente minutes » … Véronique me tenait informé du temps passé et de ce qu’elle voyait. Lorsqu’elle me parlait de mes fesses je n’avais aucun mal à croire en la description qu’elle m’en faisait. Jamais je n’aurais pensé recevoir une telle correction. Quand je la fessais, je veillais à ne pas aller jusqu’aux larmes. Je suis convaincu que Véronique attendait des sanglots. Sans cagoule et bâillon, peut-être lui aurais-je fait cette joie. Là, j’étais emprisonné dans la contrainte et la douleur. J’aurais aimé la supplier mais je ne pouvais que grogner, pire, gémir. Rien de plus.


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