SON ESCLAVE : episode 11

Je devais lui rendre ma réponse à la fin du dîner. Si la situation m’avait semblée surréaliste ces derniers jours, elle m’apparaissait maintenant comme stupéfiante. Il y avait tellement de paramètres à prendre en compte. Tellement de conséquences. D’un « oui », je pouvais faire de ma vie une incertitude complète. D’un « non », je pouvais nuire à tout ce que j’avais construit.

Je n’étais pas dupe. Le document n’avait aucune valeur légale. Mais tout de même, une fois ma signature apposée, mes recours devenaient limités. Et une fois entamé les démarches liées à l’aspect financier de l’accord, je m’exposais de manière plus significative et durable. J’ai tenu l’enveloppe entre mes mains pendant plusieurs minutes. La lecture de son contenu ne me donna aucune raison valable d’accepter. Nous étions dans le déraisonnable. Véronique me faisait un chantage indécent. Seulement voilà, cette indécence, j’en étais déjà victime. Pire, de cette situation incroyable, je retirais une certaine excitation. La peur a quelque chose de fascinant. L’extrême recèle un mystère particulièrement attractif. Le symbole était fort. La décision était le début et la fin d’une vie. Une signature et tout changeait. Et si je regrettais ? Accepter ou refuser : la vie est une partie d’échec. Véronique m’avait mis dans une position délicate mais je pensais la victoire possible… à condition de pouvoir combattre.

Elle m’a regardé signer chaque feuille en arborant un grand sourire. Je capitulais devant cette menace motivée par la rancœur en nourrissant l’espoir que son contentement éteindrait le feu et me permettrait de manœuvrer de manière à me libérer progressivement de son pouvoir.

« Excusez moi, pourrions-nous prendre le dessert dans notre chambre ? » : Véronique avait encore montré son don pour la mise en scène et la comédie. Quelques minutes plus tard, la porte de la chambre s’était refermée et la Maîtresse du jeu avait l’intention de savourer sa victoire sans aucun complexe ni retenue. « Va te laver, je n’aime pas les chiens à l’hygiène douteuse » … mais contrairement au matin, Véronique prit soin de superviser ma toilette. C’est elle-même qui actionna le robinet et définit la température la plus basse. « Je t’ai acheté quelque chose cet après midi » : elle s’absenta un court instant. Elle me tendit un rasoir et une bombe de mousse « Mon chien se doit d’être impeccable. Dorénavant, tu te raseras tous les jours. Tu te rasais déjà un peu, ça ne devrait pas être un trop grand sacrifice. Je veux que ton pubis, tes couilles, tes aisselles et même ton torse soient rasés de près. Ils doivent être doux comme si tu étais une petite salope qui attend d’être examinée à tout instant. C’est clair ? »

Véronique regardait ailleurs la plupart du temps mais demeurait dans la salle de bains. « Ah oui, j’allais oublier, tu dois également enlever les poils entre tes fesses, j’ai horreur de ça. Déjà que tu es repoussant, il ne faut pas exagérer. » J’ai dû mettre près d’une demie heure à raser tous les poils qui déplaisaient à ma Maîtresse. Le dessert arrivait lorsque je finissais de me rincer. « Sors de cette douche et suis moi à quatre pattes » me dicta Véronique. Je fis quelques mètres derrière elle jusqu’au lit sur lequel elle prit place après avoir enlevé ce pantalon en cuir qui lui allait si bien. Ses pieds nus plongèrent dans le saladier de mousse au chocolat qui nous avait été monté avec le sourire. L’une des cuillères était de trop… j’allais déguster ce dessert en léchant les pieds de Véronique qui avait toujours eu un faible pour cette pratique. Elle prolongea ce jeu jusqu’à l’écœurement… finalement, son dessert n’était pas cette mousse mais la manière dont je la dégustais. Les pieds propres, Véronique m’envoya chercher une serviette pour les sécher. Mais alors que je marchais à quatre pattes sur le sol de la salle de bains, je sentis mes cheveux être empoigné avec une vigueur redoutable « Mon chien s’est mis du chocolat partout, je vais le débarbouiller » : Véronique m’entraîna jusqu’aux toilettes et, comme le dimanche précédent, coinça ma tête dans la cuvette en s’asseyant de tout son poids sur le haut de mon dos. Vous connaissez la suite : après avoir manqué de me noyer trois fois en actionnant la chasse d’eau, Véronique me libéra de son étreinte pour me ramener dans la chambre, toujours à quatre pattes, sa main plongée dans mes cheveux mouillés. « Garde la position » : elle m’enfourcha et manqua de me briser les reins en prenant position. Ses ongles caressaient mes fesses. Elle contemplait les marques que je conservais de la semaine passée. En sentant un lien prendre possession de mes couilles, j’ai compris qu’elle avait attrapé le bas nylon qui avait servi de baillon pendant ma nuit au pied du lit. Une extrémité du bas serra très fort mes couilles tandis que Véronique tenait l’autre extrémité dans sa main. « La laisse préférée des chiens » ajouta-t-elle en tirant sur le bas de manière à ramener mes couilles le plus en arrière possible. « Je t’avais prévenu. Là, tu as une vraie raison de grogner… et ce n’est pas fini ! »

Agenouillé devant elle, les couilles tirées en arrière et attachée à mes poignets ligaturés, je la voyais se mettre nue devant moi et revêtir ce peignoir en satin noir évoqué plus haut. « Je me sens mieux, pas toi ? Oh bien sûr que non, maintenant, tu mesures l’inconfort de la situation » dit-elle en s’allumant une cigarette. « Normalement, je n’ai pas le droit de fumer mais ce n’est pas mon chien qui me dénoncera n’est ce pas ? » : il n’y avait aucun cendrier dans la chambre. Véronique m’ordonna d’ouvrir la bouche. J’ai eu peur, je dois le reconnaître. Elle bascula ma tête en arrière en me tirant par les cheveux d’une main tandis que l’autre tapotait la cigarette pour que je découvre le goût de la cendre. « Ne bouge pas… je ne vais pas te faire de mal. Enfin si un peu, mais pas comme ça. Je voulais juste te montrer l’une des fonctions que tu pourrais remplir à l’avenir si j’en éprouve l’envie. » Sa main relâcha mes cheveux. La cigarette atterrît dans la mousse au chocolat alors que Véronique enfourchait mes épaules tout en me faisant face. Ses cuisses cernaient ma gorge tandis que mon menton relevé se pressait contre le sexe de ma Maîtresse redoutablement inventive. « Je pourrais tout aussi bien t’étouffer ou te briser le dos. Tu vois ce que je veux dire ? » : elle fléchissait ses jambes et je sentais son bassin pousser et accroître son étreinte. Je la voyais me toiser du regard, le poids augmentait sur mes clavicules et la pression s’accroissait sur ma gorge. Elle me regardait et son œil brun scintillait de ce pouvoir que je lui avais octroyé en acceptant ce contrat.

Elle se recula et retourna sur le lit. Elle leva sa jambe droite, la tendit pour que j’embrasse son pied. « Lèche » : ce fétichisme était définitivement à mon goût. Une flexion de la jambe et ce pied se retrouvait sur mon visage, m’écrasant à moitié le nez. Son jumeau le rejoignit. Je ne voyais plus que ses orteils. Véronique devait être en équilibre sur le bord du lit, se reposant sur les bras d’un côté, sur mon visage de l’autre. Ses pieds cernaient mon nez et maintenaient ma tête vers l’arrière. « Tu aimes ça, je le vois » : mon érection me trahissait encore et toujours. Véronique m’humilia encore d’une remarque assassine sur la taille de mon sexe. Elle jouait à m’étouffer lentement. Je devais avoir le visage rougi lorsqu’elle ramena ses pieds au sol. Mes poignets et mes couilles étaient toujours étranglés par le nylon de son bas.

« Il faut que je te trouve un nom. Pour que tu te souviennes qui je suis lorsque je m’adresse à toi en public… je ne peux quand même pas t’appeler esclave ou chien devant tout le monde. Enfin, pas encore ! » : elle en riait presque. « Je ne sais pas, tu as des suggestions ? » : je n’en avais évidemment aucune et je me serais bien gardé d’en faire part. « J’avais pensé à Bill. On te ferait passer pour un américain, ce serait drôle. J’aime beaucoup Benji, ce serait si ridicule. Mais je crois que mon favori reste Toby. C’est un peu désuet mais ça sonne tellement bien ». Véronique et Toby : en effet, ce prénom prête à sourire et sa sonorité désagréable prend tout son sens lorsqu’on l’associe à ma condition. Toby le Chien. Véronique ne le savait peut être pas mais Toby était souvent employé pour désigner les esclaves noirs américains. Quelle ironie !

« Qu’en penses-tu Toby ? Tu aimes ton nouveau nom ? » : Véronique s’était penché sur moi et ses doigts s’étaient emparés de mes tétons. « Oui Maîtresse, le chien aime son nouveau nom » : la torsion qu’elle infligea à mes mamelons m’incita à compléter ma phrase. « Merci Maîtresse Véronique » : elle déplora de n’avoir pas pensé à emmener de pinces. Véronique chercha alors une autre manière de se divertir. Elle fouilla dans son sac et en ressortit un marqueur. Un gros marqueur à l’encre permanente… et commença à écrire sur ma peau. Ma poitrine, mon ventre sur lequel elle dessina quelque chose. Elle m’avait ordonné de regarder en l’air. Je sentais le feutre sur ma peau et je l’entendais rigoler et me dire que j’allais adorer ce qu’elle faisait. « Lève-toi » commanda Véronique : j’ai bien entendu obéi. Mon sexe était désormais à sa hauteur et c’est sur mon pubis qu’elle écrivait.

Elle acheva son marquage temporaire, se remit debout et empoigna à nouveau mes cheveux. Je fus entraîné jusqu’à la salle de bains : « Regarde comme tu es beau maintenant ». Le grand miroir reflétait les mots à l’envers mais il n’était pas difficile de les comprendre. Ma poitrine affichait un MY NAME IS TOBY, mon ventre une flèche pointant vers mon pubis sur lequel Véronique avait écrit un SMALL DICK qui l’amusait tout particulièrement.

L’heure de dormir était arrivée. Toujours attaché, je regardais Véronique remettre les papiers dans le coffre de la chambre tout en m’interrogeant sur le trouble que je ressentais. Elle me fit me pencher pour embrasser ses pieds une dernière fois. « Bonne Nuit Toby ». Elle ne me libéra pas du lien qui torturait mes couilles et mes poignets. Je compris alors que la nuit au pied du lit de ma Maîtresse allait être une nouvelle épreuve.


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